26/03/2012 03:27:41
Coup d'Etat au Mali. Le régime de Yaoundé condamne !
Le porte-parole du gouvernement camerounais condamne fermement le coup de force perpétré au Mali par le capitaine Amadou Sanogo contre son homonyme Amadou Toumani Touré. Pourtant, il était resté silencieux face aux évènements similaires en Côte d’Ivoire et en Libye.
Le Messager
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Le porte-parole du gouvernement camerounais condamne fermement le coup de force perpétré au Mali par le capitaine Amadou Sanogo contre son homonyme Amadou Toumani Touré. Pourtant, il était resté silencieux face aux évènements similaires en Côte d’Ivoire et en Libye.

Le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary était face à la presse vendredi 23 mars 2012, dans la salle de conférence de son département ministériel. Ceci, dans le cadre d’une communication gouvernementale. L’un des sujets abordés portait notamment sur la position commune des pays signataires de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Cette Charte avait été signée à Addis-Abeba en Ethiopie le 30 janvier 2007, lors de la rencontre des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union africaine.

Dans son propos liminaire, le porte-parole du gouvernement a clairement condamné le coup d’Etat intervenu dans la nuit de mercredi à jeudi dernier au Mali. Indiquant que cette méthode d’accession au pouvoir est contraire à l’esprit de la charte. Une charte ayant pour objectifs de promouvoir la démocratie et le respect des droits de l’Homme, l’organisation d’élections libres et transparentes, la liberté de la presse… « Les Etats signataires ont convenu de ce que l’utilisation de tout putsch ou coup d’Etat, de toute intervention des mercenaires pour accéder ou se maintenir au pouvoir, constitue des actions passibles de sanctions appropriées de la part de l’Union africaine. Le Cameroun a procédé à la ratification de cette charte conformément au décret n°2011/240 du 9 août 2011 », déclare le ministre de la Communication.

Incompréhensions

Seulement, la précipitation avec laquelle le gouvernement camerounais condamne ce coup d’Etat survenu au Mali suscite de nombreuses interrogations. La sortie d’Issa Tchiroma Bakary ne résulte- t-elle pas d’une pression extérieure, notamment celle de la France qui a condamné fermement ce putsch quelques heures seulement après sa survenance ?

On se souvient qu’en Côte d’Ivoire lorsque des rebelles délogeaient Laurent Gbagbo et même en Libye où le guide Mouammar Kadhafi a été lâchement assassiné par des groupes armés par la France, le Cameroun n’avait pas levé le moindre doigt. Paul Biya avait d’ailleurs été l’un des premiers chefs d’Etat à fouler le sol de la Côte d’Ivoire pour assister à la cérémonie protocolaire de prestation de serment d’Alassane Dramane Ouattara. Légitimant ainsi la prise du pouvoir par des mercenaires de Guillaume Soro, dans un pays membre à part entière de l’Union africaine. L’ancien chef de l’Etat libyen qui a lui seul payait les contributions de près de 19 pays africains à l’Ua n’a eu aucun soutien, même des pays qu’il a financièrement aidé pendant des moments difficiles comme le Cameroun.

Quoi qu’on dise, le Cameroun qui passe pour être la marionnette de la France en ce qui concerne la gestion de sa politique africaine devrait se pencher sur sa propre sécurité désormais. Amadou Toumani Touré a été chassé pour sa très mauvaise gestion de l’avancée des rebelles Touareg dans le Nord du pays. Le Cameroun n’est pas très loin de cette situation, tant ses frontières sont poreuses. La secte islamiste Boko Haram infiltre progressivement ses adeptes dans les régions septentrionales du pays. Tout en provoquant des pleurs et lamentations au Nigeria.

Côté Est, les rebelles de l’armée de résistance du seigneur qui frappent de temps en temps en République centrafricaine ont l’accès libre au Cameroun, par la ville frontalière de Garoua Boulaï. Les évènements de novembre 2011 dans cette partie du pays en disent long. A cette occasion en effet, l’on a appris que des militaires étrangers peuvent entrer librement en terre camerounaise, en tenues et en armes. A Kye-Ossi dans la partie Sud, notre pays est très souvent confondu à un dépotoir de personnes indésirables par la Guinée Equatoriale. Ce nouvel el Dorado pétrolier ne rate jamais l’occasion de déverser tous les ressortissants africains à Kye-Ossi, en cas de problème. Une situation qui fait du Cameroun un véritable réservoir de mercenaires et rebelles qui n’attendent que le jaillissement de l’étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Joseph Flavien KANKEU

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