27/03/2012 00:47:28
Cameroun. Paul Eric Kinguè acquitté !
La Cour d’appel a également déclaré l’ex-maire de Penja et dame Tsala, sa secrétaire non coupables de coaction de faux en écriture publique et les a acquittés pour faits non établis.
Le Messager
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La Cour d’appel a également déclaré l’ex-maire de Penja et dame Tsala, sa secrétaire non coupables de coaction de faux en écriture publique et les a acquittés pour faits non établis.

Le verdict a été rendu hier lundi 26 mars 2012 à la Cour d’appel du Littoral. Paul Eric Kingue et dame Tsala, sa secrétaire, ont été reconnus non coupables de coaction de faux en écriture publique dans le cadre de l’affaire du détournement de 1,4 millions Fcfa à la commune de Penja. Au sortir de cette audience, Me René Manfo a été porté en triomphe. Aussitôt après ce verdict, hommes et femmes venus par dizaine de Penja ont scandé « tu es notre héro national ».

La circulation a été bloquée pendant quelques minutes. C’est une ambiance de jour de fête qui a prévalu hier lundi 26 mars 2012 à la Cour d’appel du Littoral après le prononcé de la décision. Il est 14 heures passées de quelques minutes lorsque le verdict tombe : Paul Eric Kinguè est reconnu non coupable de crime de détournement public et de faux en écriture, et est acquitté pour faits non établis. Les uns et les autres exultent de joie. « Le droit a été dit. La Justice peut enfin se bomber le torse », clame-t-on dans la salle d’audience pleine comme un œuf. Selon la collégialité, cette décision est motivée par le fait que l’accusation n’a produit aucune pièce sur la culpabilité de l’ex-maire de Penja aujourd’hui derrière les barreaux. Et condamné à vie dans le cadre d’une troisième affaire de détournement de 10 millions Fcfa à la commune de Penja.

Tout comme l’ex-maire explique: « Je n’avais aucun intérêt à scanner ma propre signature. Aucune pièce prouvant que j’ai perçu ladite somme en plusieurs tranches n’a été versée au dossier de procédure. Je n’ai rien détourné à la commune de Penja. La vérité dans cette affaire doit être connue par le chef de l’Etat. Parce que ceux qui ont porté le dossier à sa connaissance l’ont menti », a déclaré Paul Eric Kinguè. Selon Me René Manfo, le chef de fil de son conseil, c’est une première victoire. « Je suis un conseil comblé. Après 4 ans de procédure, le droit vient d’être dit. Cette victoire est celle de la Justice. Pour la troisième affaire, nous disposons des instruments nationaux et internationaux qui nous permettent de faire mettre notre client en liberté », rassure l’avocat. Qui, au cours de l’audience précédente exigeait déjà la libération de l'ex-maire de Penja. Ils étaient six avocats, donc cinq venus des barreaux de Bruxelles et de Luxembourg mobilisés pour assurer la défense de Paul Eric Kinguè, dans l'affaire de détournement de 1,4 million de FCfa. Me Issa Gultsar, Me Saourra Gazzaz, Me Redwin, Me Guillaume Tefengang (Barreau de Bruxelles), Me Wabo Mabou (Barreau de Luxembourg) et Me Réné Manfo, avaient présenté à la cour, les plaidoiries, lundi 12 mars 2012. Ceux-ci avaient demandé à la cour la libération «pure et simple» de Paul Eric Kinguè, incarcéré depuis quatre ans.


Me Réné Manfo, indiquait par ailleurs que l'absence de preuves est une bonne raison pour relaxer son client. «Vous ne pouvez pas retenir l'accusation de détournement et de coaction de Paul Eric Kinguè, car il n'y a pas eu de preuves produites par l'accusation en instance et même en appel», insistait-il. Aussi avait-il déclaré, au cours de son exposé des faits, que les déboires de Paul Eric Kinguè commencent après son installation à la tête la commune de Penja, le 25 septembre 2007.

Blaise-Pascal Dassié

Focal. Une cabale accélérée

Aussitôt installé à la mairie de Penja, Paul Eric Kinguè reçoit une commission de contrôle de la trésorerie le 11 octobre 2007. Le rapport de la commission est sans équivoque : « Aucun couac lié à la gestion de la mairie n'a été constaté». Une lettre de dénonciation est transmise par le receveur municipal, un certain David Clément Nsaba, coaccusé au sous-préfet du Moungo. Dans celle-ci, ce dernier se fait fort d’accuser l'ex- maire de détournement. Et par la suite soumet la dénonciation à la gendarmerie de Nkongsamba.

La cabale contre l’élu du peuple passe à la vitesse supérieure le 3 décembre 2007. Une lettre adressée au maire par le Directeur général des Impôts, reversant la Php dans le régime des sociétés assujetties au paiement des impôts, « accélère la cavale contre le maire», soutient mordicus la défense. Les choses atteignent leur vitesse de croisière le 29 février 2008 lorsque Paul Kinguè est, comme un vulgaire citoyen, arrêté et placé derrière les barreaux. Le 2 juin 2008, il est démis de ses fonctions de maire. En instance, il est condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme

 

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