28/03/2012 02:04:11
Cameroun. Port autonome de Douala: Etoundi Oyono revient aux commandes
Le nouveau directeur général du Pad avait occupé les mêmes fonctions entre 2005 et 2008.
Le Messager
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Etoundi Oyono

Le nouveau directeur général du Pad avait occupé les mêmes fonctions entre 2005 et 2008.

Ce mardi 27 mars à Yaoundé, une session extraordinaire du conseil d’administration du Port autonome de Douala réuni à Yaoundé, a coopté au poste de directeur général de cette entreprise, Emmanuel Etoundi Oyono. Le nouveau Dg remplace à ce poste Jean Marcel Dayas Mounoume qui l’avait remplacé en janvier 2008. Et comme nouveau président du conseil d’administration, c’est sur Shey John Yembe que le conseil a jeté son dévolu. Il remplace Faï Yengo Francis, ancien gouverneur de la région du Littoral, admis à faire valoir ses droits à la retraite.

Le nouveau directeur général effectue en réalité un retour…à la maison. Emmanuel Etoundi Oyono avait en effet été nommé directeur général du Pad en 2005, avant d’être sollicité pour occuper des missions similaires en 2008 à la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur). Quatre ans après, il revient à la tête d’une boîte où il avait déjà laissé une marque assez positive. C’est du moins ce que beaucoup d’observateurs affirment au regard de ce qui avait été effectué comme réalisations.

Emmanuel Etoundi Oyono avait acquis la réputation d’un homme qui avait contribué à donner un nouveau souffle au Pad, structure qui assure pour l’instant 95% des échanges du Cameroun avec l’extérieur. Cette entreprise était alors réputée pour être un grand vivier mafieux, qui se nourrissait de transbordements en haute mer, d’entrepôts fictifs et de divers autres petits trafics, le tout agrémenté par la multiplicité des contrôles des sociétés. Quoi qu’il en soit, avant son départ pour la Maetur, le Pad avait retrouvé un semblant de visage avenant.

« Pour relever la maison »

A tel point que cet originaire de Mbalmayo dans le département du Nyong et So’o (région du Centre) avait été surnommé « Zorro » en arrivant à la Maetur. Mais, cette réputation a tout de même été éclaboussée par certains faits relayés par la presse. Cet homme de 62 ans, que l’on dit intransigeant, a récemment été accusé d’indélicatesse dans une affaire de litige foncier au quartier Mendong à Yaoundé. Certains, au sein de l’opinion, croyaient même savoir qu’il serait « poursuivi pour des malversations dans sa gestion à la Maetur ». Quoi qu’il en soit, son retour au pad fait clairement comprendre que certaines instances du pays lui font encore confiance.
En tout cas, et comme il l’affirme, il vient « pour relever la maison ». Le Dg du Pad promet de faire une petite évaluation de la situation. « Cela ne prendra pas beaucoup de temps car je connais bien la maison », rassure-t-il. A l’issue de cette estimation, Emmanuel Etoundi Oyono compte donner l’impulsion nécessaire pour faire avancer les choses positivement au Pad. Il lui faut, pour cela, encore plus de détermination puisqu’il devra faire face à de nombreux défis.

Outre les problèmes infrastructurels, le Pad est sans cesse miné par les mouvements d’humeur des employés qui continuent de condamner des conditions de travail indécentes. Ce sera certainement le premier grand chantier pour lequel Emmanuel Etoundi Oyono devra mobiliser ses qualités de manager. On se rappelle en effet que son départ du Pad il y a quatre ans s’était fait sur fond de crise sociale au sein de l’entreprise. La brise sera-t-elle maitrisée cette fois ?

Alain NOAH AWANA

Au Port de Douala... Dayas Mounoumè débarqué, les employés jubilent !

C’est une ambiance de fête qui prévalait hier mardi, 27 mars 2012 au siège de cette entreprise parapublique à Douala suite à l’annonce du limogeage de l’ancien directeur général remplacé par l’initiateur de la prime trimestrielle supprimée par le partant.

« Nous avons pleuré à son départ, nous jubilons à son retour !» C’est l’exclamation d’une cadre des Ressources humaines hier mardi, 27 courant alors qu’elle attendait l’ascenseur. Une attitude qui illustre à suffire l‘effervescence qui s’est emparée des employés du Port autonome de Douala, Pad, à l’annonce du départ de Dayas Mounoumè à la tête de cette entreprise d’Etat depuis le 29 janvier 2008. Dès la cour, le visiteur est frappé par une forte mobilisation des employés du Pad qui se congratulent, lancent des quolibets à l’encontre du partant et des cris de victoire pour le retour à la maison du nouveau.

Non loin, une huitaine de gendarmes veillent. Mais il n’y a pas de débordement pour une intervention musclée, l’ambiance est à la fête. André, un portuaire rencontré se lâche : « C’est tout ce que nous attendions. C’est une victoire pour l’ensemble des portuaires qui ont broyé du noir tout au long du passage de Dayas Mounoumè à la tête du port. Il a supprimé tous nos avantages au bénéfice d’une minorité. Vous comprenez mon émotion.» lorsqu’André parle des « avantages », il évoque subrepticement la fameuse prime trimestrielle que l’ancien Dg a proscrite dès son arrivée aux affaires.
On comprend mieux son émotion quand on sait que cette prime qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, est l’émanation de celui-là même qui a été désigné hier par le conseil d’administration pour remplacer Dayas Mounoumè. Emmanuel Etoundi Oyono.

Pour un cadre de la direction de la communication et de la coopération, qui a requis l’anonymat, cette (nouvelle) nomination de l’ancien directeur général de la Maetur est un cinglant désaveu pour ceux qui trouvaient que l’institution de cette prime était inopportune. «Au-delà des contingences sociales et professionnelles, a-t-il indiqué, le fait que l’ancien Dg revienne est un indicateur fort et prospère pour les personnels et fait mentir ceux qui ont brandi la thèse des caisses vides pour ne pas payer la prime. » A en croire notre source, cette dernière visait à arrimer le standing de traitement des portuaires aux standards internationaux. Poursuivant, il donne sa lecture de ce changement inédit (un Dg remplacé par celui qui lui a passé le témoin) : « Le retour de Etoundi Oyono démontre que son bilan n’était pas aussi mauvais. Mieux encore, sa bataille pour une gestion rationnelle des travaux du chenal qui coûtent des milliards au contribuable camerounais, est tout aussi légitime et encouragée en haut lieu.»

Les attentes de ses collaborateurs

Même son de cloche chez les syndicalistes. Le président du Syndicat national des employés des ports du Cameroun, Djoumessi Benjamin, malgré une retenue qui dissimule mal sa joie, voire sa victoire, n’en est pas moins heureux de l’issue de cette bataille (professionnelle) qui l’a opposé à l’ancien exécutif du Pad. « Mes remerciements, a-t-il confié à la presse, vont d’abord au chef de l’Etat qui a su trouver une solution au mal des portuaires. Nous sommes heureux que celui qui vient a déjà fait ses preuves qui parlent pour lui. On a enlevé ceux qui ne voulaient pas entendre les cris des Camerounais pour mettre celui qui a une vision sociale du management. Nous en sommes reconnaissants.»

Reste que celui qui (re) prend les rênes du Port autonome de Douala dès ce jour à Douala, est un administrateur civil principal rompu à la tâche et qui a su laisser bonne impression partout où il est passé. Par conséquent, il n’ignore par ce qui l’attend et les attentes de ses collaborateurs ainsi que de sa hiérarchie.

Jacques Willy NTOUAL

 

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