29/03/2012 04:00:34
Projet de transfèrement de Simone Gbagbo. Une hérésie du régime Ouattara
Le procureur de la république Simplice Kouadio Koffi, rencontre ce matin à Odienné, les avocats de la première dame Simone Gbagbo, que le régime Ouattara serait sur le point, de connivence avec le procureur Ocampo, de déporter à La Haye, selon la presse proche du régime d’Abidjan. Quand la justice internationale se mêle à la justice locale des vainqueurs...
Le nouveau courrier
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Simone Gbagbo

Le procureur de la république Simplice Kouadio Koffi, rencontre ce matin à Odienné, les avocats de la première dame Simone Gbagbo, que le régime Ouattara serait sur le point, de connivence avec le procureur Ocampo, de déporter à La Haye, selon la presse proche du régime d’Abidjan. Quand la justice internationale se mêle à la justice locale des vainqueurs...

Depuis un certain temps, une campagne de presse est engagée pour préparer les esprits à une éventuelle déportation de la première dame Simone Gbagbo à la Cour pénale internationale de La Haye. Et avec le déplacement du procureur de la république, Kouadio Simplice, à Odienné où il entend signifier, diton, des actes au prisonnier politique, il est à craindre que le rouleau compresseur soit en marche. Et que très vite, les choses s’accélèrent comme ce fut le cas lors du transfèrement du président Gbagbo de Korhogo à La Haye.

Une telle évolution des choses prouverait, si besoin était, que la justice internationale, notamment la cour pénale internationale, s’est définitivement invitée dans la justice des vainqueurs qui a cours en Côte d’Ivoire depuis l’accession de Ouattara au pouvoir. Car comment comprendre qu’on envisage la déportation de la première dame Simone Gbagbo, qui n’était pas à un poste de commandement et dont la responsabilité dans la crise ivoirienne ne peut, de loin, égaler celle des criminels de guerre faisant l’objet de rapports tant de l’ONU que des ONG internationales des droits de l’Homme. En l’occurrence Human rights watch, Amnesty international, etc.

A ce jour, aucun des responsables politiques ou militaires proches du régime Ouattara, accusés de crimes contre l’humanité, à l’image des chefs de guerre Fofié Kouakou, Wattao, Vetcho, etc., n’est inquiété. Au contraire, ils roulent carrosse, sont promus à des hauts postes au sein de l’administration nationale ou de l’armée et ne cessent de narguer les Ivoiriens par une richesse insolence. Ainsi, Soro Guillaume, le leader de l’ex-rébellion armée qui a défiguré le pays pendant toute une décennie et endeuillé de nombreuses familles, a été parachuté depuis quelques jours à la tête de l’Assemblée nationale, au mépris de la constitution ivoirienne.

Pour avoir dirigé des troupes tant en 2002 lors du coup d’Etat manqué qui s’est mué en rébellion que lors de la crise postélectorale – qui a vu les FRCI massacrer les populations autochtones dans l’ouest du pays – le patron des ex- Forces nouvelles devrait pourtant, en toute logique, être déjà l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Au lieu d’une telle action qui renforcerait sa crédibilité, la justice internationale tend à cautionner les dérives de la justice ivoirienne sous Ouattara qui a décidé de traquer les proches et partisans de Laurent Gbagbo partout et par tous les moyens. Dire que la justice internationale est aux ordres est certes un secret de polichinelle, mais si Simone Gbagbo venait devrait être effectivement transféré à la Haye, autant dire qu’il n’y a plus d’espoir.

Emmanuel Akani

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE