29/03/2012 04:19:16
Push au Mali. La CEDEAO bande les muscles Abidjan
Ouattara veut mater la junte et la rébellion
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Alassane Dramane Ouattara

Ouattara résolu à mater la junte et la rébellion à Bamako

Plusieurs chefs d’Etat, de gouvernements ont pris part hier mardi 27 mars 2012, à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan, à un sommet extraordinaire sur la situation sociopolitique au Mali voisin. Avec en prime un durcissement de la position de l’institution sous-régionale, visant à faire revenir l’ordre constitutionnel.

Le sommet extraordinaire de la Cedeao sur la situation au Mali qu’a convoqué le chef de l’état ivoirien, Alassane
Ouattara, par ailleurs président en exercice de l’institution, a duré un peu plus de 4h de temps. Pour l’ensemble des chefs d’Etat, de gouvernements et représentants, il s’agit de prendre des décisions importantes visant à rétablir l’ordre constitutionnel dans ce pays frère. Touché par une double-crise, avec la rébellion Touareg au nord et le coup de force militaire au sud, contre le président constitutionnel, Amadou Toumani Touré (ATT). En clair, la Cedeao a décidé de bander les muscles et barrer la route au putsch toujours en cours au Mali.

« A l'occasion de ce sommet, nous devons prendre d’importantes décisions qui engagent l’avenir de la démocratie ; nous devons également mettre en oeuvre des stratégies pour lutter contre les fléaux et les menaces qui  fragilisent notre sousrégion. En effet, il nous faudra aujourd’hui, adopter une position commune et sans équivoque sur la double crise, politique et militaire, qui secoue le Mali. Notre position devra consister en un ensemble d’actions à entreprendre au plus vite. Cette position devra être un signal fort donné à l’ensemble de l’Afrique et au monde entier sur la capacité de la CEDEAO à se pencher sur ses problèmes et à prendre les décisions et les initiatives qui renforcent sa stabilité, sa cohésion et son unité. Comme vous le savez, notre région est confrontée, depuis quelques années, à des entreprises de déstabilisation qui tendent vers la destruction de l’état de droit. Face à cette situation, nous devons donc apporter des solutions globales et durables, avec le soutien de l’Union Africaine, des Nations Unies et de nos partenaires au développement », a déclaré Alassane Ouattara. Qui se présente ainsi en défenseur de la démocratie et de l’ordre constitutionnel. Il a appelé l’ensemble de la Cedeao à faire preuve «d’imagination et de courage pour permettre au Mali et au peuple malien de renouer très rapidement avec la démocratie, la paix, la stabilité, l’unité et le dialogue entre toutes ses filles et tous ses fils ».

Pour sa part, le président de la Commission de la Cedeao, Désiré Kadré Ouédraogo, a attiré l’attention des chefs d’Etat sur les conséquences de la crise malienne pour toute la sous-région. «La situation qui prévaut au mali est extrêmement grave et complexe. En effet, la situation sécuritaire et politique dans ce pays, provoquée par la rébellion au nord et le coup d’Etat du 22 mars 2012, menace dangereusement, non seulement la paix et la sécurité au Mali, mais également la paix, la stabilité et le développement de l’ensemble des Etats de la Cedeao », a-t-il dit.

Ouattara veut mater la junte et la rébellion

Dans le communiqué final sanctionnant le sommet extraordinaire de la Cedeao sur la situation au Mali, Alassane Ouattara et ses pairs de la sous-région semblent résolus à faire plier l’échine, par tous les moyens, aux putschistes maliens. Au plus tard, jeudi matin, une délégation de haut niveau, conduite par le chef de l’Etat ivoirien et composée des présidents béninois, libérien, nigérien, nigérian et burkinabé. «La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements, condamne sans équivoque le renversement du gouvernement démocratiquement élu de Monsieur Amadou Toumani Touré, dénie catégoriquement toute forme de légitimité au Comité national de redressement pour la démocratie et la restauration de l’Etat (Cnrdre). Et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel au Mali », souligne le communiqué final sanctionnant le sommet- marathon extraordinaire. En dehors de la délégation des chefs d’Etat, une autre délégation, cette fois du volet militaire de la Cedeao va rencontrer et notifier à la junte malienne, les mesures prises par l’institution sous régionale.

Concernant la rébellion au nord du Mali, la Cedeao a exigé un cessez-le-feu immédiat à travers tout le Mali et a demandé aux mouvements armés opérant dans le pays, d’utiliser la voix du dialogue dans leurs revendications.
Le président burkinabé, Blaise Compaoré, a été nommé médiateur dans la crise malienne, avec pour mission de prendre contact avec toutes les parties prenantes en vue d’engager un dialogue fructueux visant à la restauration de la paix dans ce pays. «En cas de non respect par les mouvements armés de ces décisions, la Conférence prendra toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin à la rébellion. Et veillera à protéger l’intégrité territoriale du Mali, y compris par l’utilisation de la force», a menacé les chefs d’Etat et de gouvernements. Ouattara et ses pairs semblent être déterminés à mettre fin à la rébellion touarègue qui sévit dans le nord du Mali.

Frank Toti

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