29/03/2012 04:33:14
Dépénalisation de l'homosexualité. Les USA font pression sur le Cameroun
Le Cameroun a opposé une fin de non recevoir  à la demande du diplomate américain.
Le Messager
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Donoahoe Ambassador
Dans un courrier adressé au ministre de la Justice, le 3 février 2012,  Robert P. Jackson a requis du  gouvernement l’abrogation de la loi  réprimant  l’homosexualité au Cameroun. C’était  en prélude à la
récente visite au Cameroun les 15 et 19 février 2012 de  Madame Eileen Chamberlain Donahoe, représentante des Usa auprès du Conseil des Nations unies pour les droits de l’Homme.

Les chancelleries occidentales sont-elles passées à la vitesse supérieure ? En tout cas, après les sorties médiatiques du chef de délégation de l’Union européenne à Yaoundé en 2011, c’est l’ambassadeur des Etats-Unis à Yaoundé qui se montre offensif. Robert P. Jackson a pris sa plume pour « regretter  que la loi camerounaise punisse l’homosexualité »

Le diplomate a confié à Laurent Esso dans son courrier qu’il s’appuyait sur un rapport du département d’Etat américain révélant un niveau de « criminalité élevée  dans la question des droits de l’Homme au Cameroun» et spécifiquement de la marginalisation des minorités sexuelles et dont des homos. Et sollicite de lui que le Cameroun « songe à la dépénalisation » de cette pratique.

Seulement, le dossier qui a été coté par le garde des sceaux à la sous-direction des droits de l’Homme au ministère de la Justice n’a pas prospéré. Le Cameroun ayant opposé une fin de non recevoir  à la demande du diplomate américain. Yaoundé comptait d’ailleurs exprimer officiellement cette position au cours du tête-à-tête entre le ministre de la Communication, Issa Tchiroma et la  représentante des Etats- Unis auprès du Conseil des Nations unies pour les droits de l’Homme, Eileen Chamberlain Donahoe  le 16 février 2012, lequel était  utilisé comme prétexte de la sortie de  P. Jackson. Mais l’occasion ne s’est pas présentée pour les officiels camerounais de repréciser leur position.

Madame Donahoe ayant délibérément choisi, pendant la préparation de l’entrevue avec le ministre de la Communication que la question des minorités sexuelles ne soit pas abordée au cours de l’échange. Parce qu’aurait-t-elle laissé croire, Washington « connaît la position des Camerounais et les dispositions de la loi en matière d’homosexualité ».

Minorité

D’après des sources diplomatiques qui affirment relayer la version des membres de la suite de la diplomate américaine, Eileen Chamberlain Donahoe, ne se serait pas contentée des notes contenues dans le rapport du département américain, du reste accablant pour le Cameroun sur la question des droits des minorités sexuelles sur lesquelles s’appuyait Robert P. Jakson. L’ambassadrice aurait, selon les mêmes sources, tenu compte des rapports des réseaux  de renseignements de la Maison Blanche qui indiquent que la dépénalisation de l’homosexualité est impopulaire au Cameroun pour asseoir sa conviction de ne pas évoquer le sujet avec Issa Tchiroma.

Contacté, le conseiller des affaires publiques Matthew McKeever à l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé s’est contenté de dire que la chancellerie ne commente pas les échanges diplomatiques entre le gouvernement des Etats-Unis et le gouvernement du Cameroun. Par contre, il réaffirme que  comme l’a dit la secrétaire d’Etat américain dans son discours de 2012 sur les droits de l’Homme, la position des Etats-Unis est que : « Etre une femme, être une minorité raciale tribale,  ethnique ou religieuse comme être homosexuel, bisexuel et transsexuel ne fait pas de vous moins un être humain. Et c’est pourquoi les droits des homosexuels sont les droits humains et les droits humains sont les droits des homosexuels… »

Par ailleurs, Mattew McKeever revient sur la présence des diplomates américains sur le  lieu de rassemblement des homos dispersés par la police le 27 mars 2012 à Yaoundé. Il indique notamment que « la liberté d’assemblée et la liberté d’expression sont reconnues par la législation camerounaise et notre présence à ce séminaire était en droite ligne de ce principe"

Rodrigue N. TONGUE

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