11/04/2012 01:22:49
Mali. Le enième coup d'état de la France en Afrique
La situation sociopolitique malienne ne peut laisser indifférent un africain digne. Il est important de rechercher les raisons de cet autre échec de la démocratie pour en tirer les leçons afin qu’à l’avenir un Chef d’Etat qui accepte volontairement de ne pas être candidat à sa réélection, ne fasse plus jamais l’objet d’une si négative opération.
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La situation sociopolitique malienne ne peut laisser indifférent un africain digne. Il est important de rechercher les raisons de cet autre échec de la démocratie pour en tirer les leçons afin qu’à l’avenir un Chef d’Etat qui accepte volontairement de ne pas être candidat à sa réélection, ne fasse plus jamais l’objet d’une si négative opération...

En effet, un coup d’état quel qu’il soit ne présente aucun avantage ni pour l’état, ni pour ses dirigeants politiques. Ce sont les putschistes véreux et la puissance militaire commanditaire qui en tirent toujours profit. Dans ce cas-ci, c’est la France. Pourquoi a-t-elle  donc pris sur elle de planifier ce coup de force?

La France, une fois le coup d’état perpétré, a par son Ministre des Affaires Etrangères, immédiatement réclamé que des élections soient organisées dans les plus brefs délais comme si le plus important pour elle était dorénavant les élections car il s’agissait de poursuivre l’objectif principal assigné à ce coup d’état, à savoir placer à la tête de ce pays une marionnette pour mieux exploiter sa «colonie malienne».Contrairement à d’autres organisations ou états, elle n’a donc pas jugé utile de demander le rétablissement d’Amadou Toumani Touré (ATT), le Président malien, dans ses fonctions.

Elle a adopté ses habituelles mesures de façade qu’elle met en œuvre pour cacher ses basses besognes de déstabilisation des institutions et des économies africaines: suspension de la coopération, suspension de l’aide au développement, etc. entraînant dans ses actions avec elle l’UE, la CEDEAO et l’UA.

Amadou Toumani TouréAujourd’hui encore elle propose, pour embellir ce coup de force et par le biais de la CEDEAO, un intérim constitutionnel avec le Président de l’Assemblée Nationale malienne, alors qu’elle sait où se trouve ATT, qu’elle a enlevé et séquestré, avec qui elle échange, quand elle veut, comme elle veut. Que pouvait faire ATT dans de telles conditions si ce n’est obéir, malgré lui, aux menaces terroristes de Sarkozy, au risque de se retrouver injustement à la CPI comme l’innocent Gbagbo. Les récentes déclarations d’ATT ne démentent en rien la pression et le coup d’état de la France, représentée dans la sous-région par les dirigeants fantoches de la CEDEAO. Le Président ATT n’est empêché d’exercer ses fonctions que par les militaires qui obéissent à la France et à la CEDEAO.

Comme toujours, n’ayant pas le courage d’afficher ses actions, elle charge des organisations sous-régionales africaines (qu’elle finance) d’exécuter ses ordres. Alors la CEDEAO, «représentant de la France en Afrique de l’Ouest», organe devenu plus politique qu’économique, se met en branle pour mettre à exécution les injonctions de son parrain. Dans leur couardise toujours manifeste d’assumer le coup d’état contre ATT, Président élu démocratiquement, la CEDEAO et la France feignent de préserver l’ordre constitutionnel, assurées maintenant que leur pantin de l’Assemblé Nationale viendra parachever le «job» en choisissant, par un semblant d’élection, un Président de la trempe de celui imposé aux ivoiriens. Pauvres africains indignes!

L’Ambassadeur de France, toujours en contact avec les militaires, et RFI par ses interviews qui ne sont en fait que des actions de communication pour encenser les putschistes, attestent que l’auteur du coup d’état n’est autre que la France de Sarkozy. De plus, la facilité d’accès aux chaînes de radios et télévisions françaises spontanément offertes par les dirigeants français aux représentants des rebelles touaregs, est une preuve supplémentaire que la France est bien l’auteur de ce putsch.

Comme pour confirmer que la France est l’auteur du coup d’état, ses dirigeants ne manquent pas de clamer leurs satisfactions sur leurs médias. De même qu’en Côte d’Ivoire après l’éviction de Gbagbo du pouvoir par les mêmes français, les expatriés des entreprises françaises installées au Mali se réjouissent aujourd’hui publiquement auprès de leurs agents qui n’ont ainsi plus la liberté de donner des opinions personnelles sur ce énième coup de la France néocoloniale.

La politique d’ATT n’a toujours pas été pour plaire à Sarkozy. En effet, ATT a souvent privilégié les intérêts du Mali dans ses relations avec la France. Celle-ci a donc vu en ATT un dirigeant africain-patriote faisant barrage à ses intérêts au Mali voire en Afrique. Ses interventions dans le dossier ivoirien ont toujours montré son embarras et son impuissance devant les décisions injustes des autres Chefs d’Etat tel Wade, Compaoré, Goodluck qui, ouvertement, soutiennent les thèses impérialistes de Sarkozy.

ATT ne s’est pas montré partisan de la guerre contre la Libye de Kadhafi qui a réalisé au Mali de nombreux investissements fort utiles au développement de ce pays.

Il s’est opposé à la vision de Sarkozy tendant à chasser de force des maliens de France et à imposer une base militaire française au Nord de ce pays pour lutter, selon le Président français, contre les œuvres d‘Al Qu’Aïda. C’est vrai que le Mali est une base arrière pour cette armée qui détient encore aujourd’hui des ressortissants français. Au lieu de chercher à résoudre les problèmes par un dialogue franc et sincère, la France refuse selon elle de dialoguer avec des terroristes.

Y-a-t-il action plus terrorisante que celle de fomenter des coups d’état qui installent dans les pays africains une terreur inimaginable (les ivoiriens et les maliens sont aujourd’hui bien placés pour le savoir), une insécurité continue, une incapacité à travailler pour nos propres intérêts et cela en tuant des milliers d’africains? Le terrorisme n’est pas seulement celui dont les bruits sont amplifiés par les médias français et occidentaux.
Le terrorisme d’état qu’exerce la France par ses coups de force dans ses ex-colonies est encore plus cruel car engendrant plus de violence et de morts que le terrorisme pratiqué par certaines organisations islamiques habituées aux prises d’otages et non aux tueries massives comme le fait la France pour réussir ses opérations sanglantes en Afrique. Pour sept personnes assassinées par l’homme au scooter, la France s’est indignée mais pour les milliers d’Ivoiriens tués par l’armée française en Côte d’Ivoire, aucune organisation n’a daigné condamner ces agissements barbares. A continuer ainsi, d’autres bandes de terroristes naîtront très bientôt sur ce continent. Alors que veut la France qui se proclame démocratique, pays des droits de l’homme?

Il s’agit pour la France de chercher par ce coup d’état au Mali, à dominer le processus démocratique et d’imposer aisément son candidat. Ce qui se passe dans ce pays est une copie plus «soft» et plus «short» de la crise ivoirienne.

Très certainement, la France a compris que celui qui devait succéder à ATT, selon ses instituts de sondage, n’était pas dans sa vision d’une Afrique aux ordres. Le vœu de la France est en fait de prendre le contrôle du Mali pour y imposer son homme. La prochaine présidentielle malienne n’en sera pas une. Les jeux sont déjà faits. Il s’agit de donner un verni de démocratie à ces élections qui seront cautionnées très certainement, comme toujours, par les fameux observateurs européens et africains tous conditionnés par la France aux mensonges de Sarkozy. Pour la France, il faut éviter au Mali un autre GBAGBO, un autre panafricaniste, un autre ennemi donc.

Il s’agit encore d’augmenter la pression de ces rebelles hétéroclites, qui occupent déjà plus de la moitié du territoire malien, pour obtenir tout de Bamako, maintenant et tout de suite. Comme en Côte d’Ivoire, les rebelles maliens ont déjà la parole sur les chaines françaises RFI, France24… pour proclamer la sécession du Mali et justifier l’impensable.

Les raisons de ce coup d’état sont aussi à rechercher dans l’après ATT. En effet, après ses deux mandats, ATT serait devenu un modèle de dirigeant démocrate, susceptible d’influencer la politique malienne et même africaine, sans en être forcément partie prenante. Il faut donc briser l’aura de cet homme d’état africain qui a dirigé son pays sans créer un groupement politique mais avec le concours de plusieurs partis politiques maliens.
Il faut aussi mettre fin à la démocratie malienne qui peut servir de modèle aux autres pays francophones d’Afrique. Car à la vérité, la France ne veut pas de la démocratie dans ces ex-colonies d’Afrique. Elle veut toujours placer ses «gouverneurs». Il faut donc briser ces relents de démocraties, pour mettre en garde tout Chef d’Etat patriote qui voudrait soustraire son pays du joug néocolonial, des dangers terroristes de l’état français.

Cet énième coup d’état français en Afrique vise à perpétuer la domination de la France sur le Mali et l’Afrique. Sinon comment comprendre qu’à deux mois de l’élection présidentielle, on renverse un Chef d’Etat non candidat à sa succession. Les changements de gouvernants sur le continent noir intéressent au premier chef la France qui veut continuer ses basses besognes de façon plus sournoise mais toujours violente pour s’octroyer à vil prix les richesses africaines.

Car aujourd’hui, il s’agit pour elle de régenter nos élections par un terrorisme d’état inavoué.
C’est donc au Mali et aux maliens d’exiger des élections transparentes et propres à la prochaine présidentielle et de discerner quel est l’homme de l’étranger et précisément de la France parmi les candidats, pour l’écarter du pouvoir. Car en fait, il s’agit pour la France de profiter de la partition du pays qu’elle a orchestrée pour s’accaparer les richesses du Mali du Sud et celles du Mali du Nord comme ce fut le cas  dans la zone rebelle ivoirienne.
Les maliens et tous les africains de nationalité française se doivent d’infliger, par leur vote massif, à la prochaine présidentielle, une défaite cinglante à Sarkozy le bourreau de l’Afrique.

C’est enfin le devoir de tout africain de dénoncer ces coups d’état de la France devenus itératifs en Afrique. Trop, c’est trop; l’Afrique en a marre des coups d’état de la France, de ses actes de terrorisme exercés sur ce continent.

KOBAZEYRET Laurent

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