14/04/2012 05:15:48
Les putschistes de Guinée-Bissau arrêtent des responsables politiques
Les putschistes de Guinée-Bissau ont arrêté jeudi soir le président par intérim Raimundo Pereira et l’ex-Premier ministre Carlos Domingos Gomes Junior, principal challenger du second tour de la présidentielle prévu le 29 avril.
Xinhua
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Guinée Bissau Militaires

Les putschistes de Guinée-Bissau ont arrêté jeudi soir le président par intérim Raimundo Pereira et l’ex-Premier ministre Carlos Domingos Gomes Junior, principal challenger du second tour de la présidentielle prévu le 29 avril.

Les ministres du gouvernement, sous la direction de M. Gomes Junior, qui venait de démissionner dans la foulée du premier tour le 18 mars, ont également été arrêtés, dans une manoeuvre qualifiée par la CEDEAO de tentative de coup d’État.

En annonçant ces arrestations, les putschistes ont pris position dans la capitale de Bissau. Des témoins ont déclaré à Xinhua que des soldats avaient envahi la résidence de M. Gomes Junior. Des coups de feu ont été entendus la nuit dans la ville.

Dans un communiqué, les putschistes ont déclaré avoir pris le pouvoir en raison d’un accord secret entre la Guinée-Bissau et l’ Angola pour légaliser la présence de la mission de coopération technico-militaire angolaise (MISSANG) dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, et y éliminer physiquement le général Antonio Injai.

Nini Vieira
Nino Vieira, ex président de Guinée Bissau

La MISSANG a mis fin à sa mission en début de cette semaine dans un contexte de pressions croissantes de la part de certains responsables militaires et politiques. La mission a été lancée le 21 mars 2011 pour contribuer à la réforme de l’armée en Guinée- Bissau.

Pour mettre fin à l’instabilité qui frappe le pays depuis des années, et en particulier depuis l’assassinat de l’ex-président Nino Vieira et de l’ex-chef militaire Batista Tagm na Wai en mars 2009, la CEDEAO, dont la Guinée-Bissau est membre, a décidé de favoriser la réforme militaire du pays.

Cette annulation de la MISSANG marque un recul dans la réforme de l’armée, qui reste associée à une série de coups d’État ou de tentatives de coups d’État depuis l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1974.

Le pays était dans une situation de fragilité depuis la mort de l’ex-président Malam Bacai Sanha de diabète et complications dans un hôpital de Paris le 9 janvier.

Après la tenue du premier tour des élections, cinq des neuf candidats ont rejeté les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale du pays (CNE).

M. Gomes Junior avait remporté plus de 49 % des suffrages, suivi par l’ex-président Kumba Yala avec plus de 23 %.

M. Yala a menacé de boycotter le second tour, alléguant d’ irrégularités lors du premier tour.

Même avant le décès de feu le président Sanha à l’âge de 64 ans, des tensions étaient apparues avec les hauts responsables militaires depuis son élection en 2009.

En avril 2010, un groupe de soldats avait arrêté le chef d’ état-major, le général Jose Zamora Induta, et 40 autres officiers. L’adjoint de M. Induta, Antonio Indjai, avait pris sa place en tant que nouveau chef de l’armée. Le Premier ministre de l’époque, à savoir M. Gomes Junior, avait lui-aussi été brièvement arrêté.

L’évolution récente en Guinée-Bissau survient dans la foulée du coup d’État militaire du 22 mars au Mali, également pays membre de la CEDEAO, et alors que l’organisation régionale vient juste de forcer la junte malienne à remettre le pouvoir au président intérimaire.

Le bloc a également par le passé assuré une médiation pour mettre fin à des crises provoquées par des coups d’État en Guinée et au Niger.

Vendredi, la CEDEAO a condamné une nouvelle tentative de coup d’État en Guinée-Bissau, dénonçant un acte « irresponsable » témoignant d’une tendance de l’armée « à maintenir la Guinée- Bissau dans un état d’instabilité ».

Le chef de la Commission de l’Union africaine Jean Ping a également condamné une « prise du pouvoir anticonstitutionnelle et une tentative de miner le processus démocratique en Guinée-Bissau ».

La Chine s’est déclarée choquée par ce coup d’État militaire en Guinée-Bissau. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lui Weimin a déclaré que la Chine était « préoccupée par l’impact » que représente ce coup d’État pour la situation politique et sécuritaire de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

« Nous mènerons une évaluation plus poussée en fonction de l’ évolution de la situation », a-t-il dit.

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