15/04/2012 06:49:26
Coups d'états tout azimuts. Et la saga continue...
Apparemment, les pays africains semblent sujets à une malédiction. Au moment où l’on évoque des élections, c’est déjà la dénonciation d’une présumée fraude, c’est déjà le passage à l’acte. On casse la table des négociations et, du coup, on sort son flingue ; à ce croire dans un western.
La Nouvelle République
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Narco-Putschistes Guinée Bissau
Apparemment, les pays africains semblent sujets à une malédiction. Au moment où l’on évoque des élections, c’est déjà la dénonciation d’une présumée fraude, c’est déjà le passage à l’acte. On casse la table des négociations et, du coup, on sort son flingue ; à ce croire dans un western.

Si ce n’est pas le cas, ce sont des putschs qui viennent briser le semblant d’élan démocratique. Au moment où le retour à l’ordre constitutionnel au Mali semble apaiser les tensions dans la région, voilà qu’un autre coup de « théâtre » perturber le sommeil des Guinéens avec l’arrestation, jeudi dernier, du président intérimaire Raimundo Pereira et de son Premier ministre Carlos Gomes Junior.

Si les putschistes maliens étaient identifiés, le cas des nouveaux « Rambos » guinéens reste encore mystérieux. Ces derniers sont sortis de leur silence par une poignée de communiqués laconiques à en-tête de l'état-major, et signés d'un « commandement » sans nom ni visage. Serait-il timide ce mec au point de vouloir éviter les caméras ?

Au fait, de quoi s’agit-il exactement ? Les putschistes maliens ont justifié leur coup d’état par le laxisme d’ATT face aux attaques des touarègues, alors qu’en Guinée on évoque déjà un fameux « Accord secret » avec l'Angola.

D’après le dernier en date de ces communiqués, « Le commandement n'a aucune ambition pour le pouvoir ». Et alors ? « Il a été forcé à agir ainsi pour se défendre contre des manœuvres diplomatiques du gouvernement bissau-guinéen qui visent à faire éliminer les forces armées bissau-guinéennes par une force étrangère », souligne le communiqué, cité par l’AFP.

Donc, si nous comprenons bien, le président intérimaire Raimundo Pereira et son Premier ministre Carlos Gomes Junior, auraient signé cet accord « visant à légitimer la présence de troupes étrangères, en l'occurrence la Mission militaire angolaise (Missang) en Guinée-Bissau, et ce, dans un souci de protéger le gouvernement en cas de crise » ?

Bizarre quand même cette affaire. Des putschistes qui « ne dévoilent ni leurs visages ni leurs ambitions, du moins pour le moment », a déclaré à l'AFP un responsable politique sous couvert d'anonymat. Des fantômes ?

Pour rappel également que la Guinée -Bissau a une histoire jalonnée de putschs, des tentatives de coups d'Etat militaires et de violences politiques depuis son indépendance en 1974. Si l’on se réfère à certaines sources, elle est devenue, ces dernières années, une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l'Amérique du Sud et l'Europe.

Et comme à l’accoutumée, c’est la diplomatie américaine, « gardienne » invétérée de la démocratie dans le monde, qui vient donner des leçons de civisme aux africains. Les Etats-Unis ont exhorté « toutes les parties à déposer leurs armes et à restaurer le leadership légitime des civils ». Bien dommage que cette « exhortation » n’eût pas été faite en directions des antagonistes en Libye et en Syrie.

Bref, à l’heure où nous écrivons cette chronique, la diplomatie française ne s’est pas encore manifestée ; et pourtant, la Guinée-Bissau dispose d'importantes ressources minières dont les principales sont la bauxite (2/3 des réserves mondiales), l'or, le diamant, le fer, le pétrole, l'uranium, le phosphate, le manganèse, etc.

Chérif Abdedaïm

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