17/04/2012 02:01:59
Cameroun. Attaque armée: « Boko Haram » tue à l'Extrême-Nord
La secte islamique a de nouveau frappé dans la ville commerciale de Banki (Amchidé), faisant onze (11) morts, dont un Camerounais de 16 ans. Après celles du Nigeria, les forces de sécurité camerounaises prises pour cibles ?
Le Messager
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La secte islamique a de nouveau frappé dans la ville commerciale de Banki (Amchidé), faisant onze (11) morts, dont un Camerounais de 16 ans. Après celles du Nigeria, les forces de sécurité camerounaises prises pour cibles ?

La présence sur le sol camerounais des partisans de « Boko Haram » ne fait plus l’ombre d’un doute. Davantage avec l’assaut terroriste de la secte extrémiste islamique au poste frontière de Banki (Amchidé), les forces camerounaises en service dans la zone craignent maintenant pour leur sécurité et celle des civils camerounais. « C’est sûr, nous ne dormons plus avec les deux yeux fermés ici (Amchide,Ndlr) ; parce qu’on se dit qu’un de ces jours nous pouvons être la cible de ces terroristes dangereux (…) si jamais cela arrivait, je crains que nous ne soyons pas à la hauteur malgré les dispositions prises depuis la fermeture des frontières », nous a confié au téléphone un homme en tenue en service à Amchidé, ville frontalière camerounaise située dans l’arrondissement de Kolofata à l’Extrême-Nord.

Auparavant déjà, sous le feu des attaques meurtrières du 10 avril 2012, l’officier de police Oumarou Abdoulaye cité par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune redoutait le mode opératoire des terroristes de « Boko Haram ». Selon le coordonnateur des activités du commissariat spécial d’Amchidé en effet, la question en suspens n’est pas de savoir si c’est effectivement la secte islamique anti-chrétienne qui a frappé récemment aux portes du Cameroun… A méditer.

En rappel, un échange de tirs a opposé dans la nuit du 10 au 11 avril 2012, les forces gouvernementales nigérianes à des assaillants au niveau du poste frontière de Banki (Amchidé). L’assaut aurait été lancé vers l’après-midi du 10 avril, alors que les populations musulmanes des deux pays revenaient paisiblement des mosquées. Ces attaques ciblées que forces de sécurité camerounaise et nigériane attribuent sans coup férir à des groupes armés de la secte islamique « Boko Haram » ont fait onze (11) personnes tuées.

Le jeune Saabo tué

Dans la liste des civils décédés figure un élève camerounais de 16 ans du nom de Saabo alias « Maï mota ». Par ailleurs apprenti-mécanicien de son vivant, l’ancien « débrouillard » gagnait honnêtement sa vie grâce à la réparation d’engins en circulation dans la zone frontalière d’Amchidé. Le défunt aurait trouvé la mort au cours des échanges de tirs entre policiers nigérians et groupes armés ; mortellement atteint par une balle. L’incertitude planait encore en milieu de la semaine dernière sur la date et le lieu de ses obsèques. Le délégué départemental de la communication du Mayo Sava, à l’instar de quelques élites politiques du département (joint au téléphone), s’est montré peu disert sur le sujet. « Je n’ai pas la moindre information jusque-là. Ce sera possible lundi (Ce jour, Ndlr) », a-t-il poliment répondu.

Par ailleurs, la meute de refugiés nigérians qui avait regagné le territoire camerounais à la suite des affrontements continue de susciter la psychose dans les ménages camerounais. Beaucoup pensent que d’autres espions de « Boko Haram » auraient déjà infiltré ces populations migrantes. Une éventualité sur laquelle les forces de police camerounaise, les éléments de la gendarmerie nationale et du Bataillon d’intervention rapide (Bir) appelés en renfort ne se sont manifestement pas encore penché.

Salomon KANKILI

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