20/04/2012 04:17:27
Cameroun. Le Professeur Sindjoun Pokam « agressé »
Réputé pour être quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche, le philosophe, a été samedi 14 avril dernier, surpris dans un guet-apens et roué de coups par des malabars, alors qu’il rejoignait son domicile après une émission de débat radiophonique.
Le Messager
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Réputé pour être quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche, le philosophe, a été samedi 14 avril dernier, surpris dans un guet-apens et roué de coups par des malabars, alors qu’il rejoignait son domicile après une émission de débat radiophonique.

Il est un peu plus de 12 h, hier à l’espace dit, « quartier Fouda ». Assis dans un fauteuil rembourré à la véranda d’une clinique vétérinaire appartenant à un de ses proches, le professeur Sindjoun Pokam, prend une petite pause. Il revient de la clinique « Fouda », située à un jet de pierre, d’où, on vient de lui administrer des soins intensifs. Le philosophe qui par essence est jovial, humoriste et toujours prêt à vous gratifier un « comment ça va petit frère » n’affiche pas fière allure. A première vue, les sparadraps sur son visage, indiquent à l’évidence que le prof a perdu de sa superbe. Il est même fortement amoché, au point où, il s’exprime avec une pénibilité révoltante. De près, on observe que le professeur Sindjoun Pokam, a six points de suture sur le nez, une dent ébranlée qui l’empêche de donner de la voix. A l’entendre, tout son corps qui a accueilli de violents coups, est en feu.

« Dans les environs de 19 heures 30 minutes, alors que je descends paisiblement la pharmacie du stade, au lieu dit «Omnisports» pour rejoindre mon domicile qui se situe au bord de la route dans une impasse qui longe le collège Copess, j’ai été surpris par une bande de près de cinq gaillards. Ils m’ont roué de coups de poings avec une violence insoutenable. En arrivant à domicile, j’avais presque perdu connaissance» avoue-t-il la mort dans l’âme. Le quartier où, habite la victime, n’est pas un lieu obscur ; bien au contraire, le site, fortement ambiancé, est un haut lieu de plaisir où, l’on croque la vie sans modération. Mieux encore, le domicile du prof est à cinq minutes de la route. Mais pourtant, les malfrats ont eu le temps d’exécuter leur forfait et de prendre le large. « Le grotesque, c’est qu’ils n’ont pas fouillé mon porte-monnaie, ni rien pris de ce que je possédais… Pas même mon téléphone portable » affirme-t-il. Le professeur Sindjoun Pokam, paie-t-il le prix de ses prises de position par rapport au pouvoir en place ?

Opération punitive « commandée »

Dans les chaumières, l’agression du philosophe alimente la polémique. La majorité des intervenants, s’accordent sur la piste d’une expédition punitive et une agression bien commandée. Comme la plupart des intervenants réagissant au débat de 09 heures dans l’émission «Verbatim» qui passe tous les samedis à la chaîne Sky One Radio, la victime de l’agression avait été acerbe et très critique. «Je reconnais que les temps sont extrêmement violents. Le régime devient rude et s’endurcit au fil des temps. Mais si d’aventure la peur et la panique doivent exister, c’est sans doute de leur côté. Ce sont eux les voleurs ; pas nous. La peur doit être dans leur camp. Il y a la montée et l’escalade de la violence et des extrêmes. Entre les factions rivales s’entre déchirent et s’auto détruisent, la guerre de succession, s’annonce redoutable. Mais je ne céderais pas à ce chantage. J’ai vaincu la peur et les intimidations» clame-t-il.

Pour le professeur Sindjoun Pokam, le pays est devenu extrêmement difficile à manœuvrer au point où, certains vont perdre la tête et courir le risque de ne plus contrôler leurs dérives. « Nous avons atteint un niveau où, le pouvoir Rdpc n’est plus aujourd’hui capable d’œuvrer dans le cadre de la transformation sociale. Un Etat aussi absolument corrompu à ce point, n’est pas réformable. Il se décompose et disparaît fondamentalement de la scène historique. L’auto décomposition est si forte que les dérives et agressions parfois collatérales, rendent l’extrême violence possible » martèle le prof. Et d’ajouter que même s’il faut être prudent, il ne faut pas avoir peur.

«Avec la récente vague d’arrestations, nous vivons au Cameroun, une situation inédite devant l’histoire. Un prince qui à un moment de l’histoire, se trouve obligé par une conjoncture externe et interne de l’histoire de liquider la bureaucratie qu’il a forgée, c'est-à-dire les fonctionnaires qui constituent une mémoire historique. Il ne faut pas penser que c’est une bataille facile. Le prince lui-même n’est pas sûr d’avoir gagné cette lutte où de pouvoir la gagner. Du coup, nous nous trouvons dans une situation très dangereuse qui peut se traduire finalement par une guerre» conclut le professeur Sindjoun Pokam.

Souley ONOHIOLO

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