22/04/2012 04:51:06
« Code électoral de Monsieur Biya ». Déclaration de Diapora pour la Modernité
Bien que sans surprise, c’est dans une profonde consternation que Diaspora pour la Modernité (DIASPOMO) et ses membres ont appris l’adoption unilatérale d’un code électoral controversé par le régime  de Monsieur Paul Biya, en l’absence des députés de l’opposition.
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Déclaration de Diaspora pour la Modernité (DIASPOMO) contre la récente adoption unilatérale d’un code  électoral anti-démocratique par le président du Cameroun, M. Paul Biya

Camerounaises, Camerounais,
chers compatriotes,

Bien que sans surprise, c’est dans une profonde consternation que Diaspora pour la Modernité (DIASPOMO) et ses membres ont appris l’adoption unilatérale d’un code électoral controversé par le régime  de Monsieur Paul Biya, en l’absence des députés de l’opposition.

Ce code électoral que DIASPOMO conteste solidairement avec le peuple camerounais se caractérise entre autre par:

1.    Instaure un bulletin électoral différent pour chaque candidat en lieu et place d’un bulletin unique pour tous les candidats qui constitue pourtant la norme dans tous les pays démocratiques à travers le monde

2.    Instaure l’élection présidentielle à un tour en lieu et place d’une élection présidentielle à deux tours que réclame le peuple camerounais

3.    Donne à Monsieur Paul Biya le pouvoir exclusif de nommer ou destituer à sa discrétion les membres de la « Commission électorale » et des autres institutions impliquées dans l’organisation des élections (Chapitre VI, article 44, alinéa 2)

4.    Multiplie par six le montant de la caution financière exigée lors du dépôt de candidature de chaque candidat à l’élection présidentielle (passant de 5 à 30 millions cfa), montant clairement hors de la portée du camerounais ordinaire ou de la classe moyenne.

Pour chacune de ces 4 exemples non exhaustifs d’entraves à la démocratie dont regorge le « Code électoral » de monsieur Paul Biya, voici la position de  DIASPOMO :

1.    En ce qui concerne le bulletin de vote, il importe de rappeler que c’est exclusivement Monsieur Paul Biya, lui-même candidat aux élections qui imprime les bulletins de votes des différents candidats! C’est donc sans surprise que l’expérience des élections passées au Cameroun révèle que les candidats de l’opposition ont systématiquement en circulation le jour de l’élection un nombre de bulletins de vote largement inférieur à celui des candidats du parti-État de Monsieur Paul Biya.

De plus, un vaste marché de rachat des bulletins de vote des candidats de l’opposition est systématiquement organisé à la sortie de chaque bureau de vote par le pouvoir en place; les électeurs sont invités à venir échanger les bulletins des candidats de l’opposition ramenés de l’isoloir contre de l’argent comptant, afin de prouver qu’ils n’ont pas voté pour l’opposition. Autrement dit, les électeurs sont payés en argent comptant lorsqu’ils font la preuve certaine qu’ils n’ont pas voté pour l’opposition et cette preuve est fournie en remettant les bulletins des candidats de l’opposition en main propre aux agents du dictateur. D’où l’opposition tenace de Monsieur Biya au principe d’un bulletin unique pour tous les candidats.

2.    L’élection à deux tours assure que le vainqueur a obtenu au moins la majorité absolue du suffrage exprimé, c’est-à-dire un consensus général et une légitimité nationale. De plus, l’élection à deux tours complique de beaucoup la tâche des fraudeurs, à comparer à une élection à un tour. Enfin, par sa nature intrinsèque, une élection à deux tours impose la nécessité de négociation, de concessions et de compromis entre les partis politique en échange de leurs ralliements à l’un des deux  finalistes à la veille du deuxième tour des élections. Ce faisant, une élection à deux tours encourage la prise en compte des enjeux des différents secteurs de la société, en particuliers les différentes régions et les communautés du pays en échange des voix au deuxième tour des élections. D’où la nécessité d’une élection présidentielle à deux tours au Cameroun.

3.    Le fait que les membres de la commission électorale soient nommés en exclusivité et en totalité par le président de la République, lui-même candidat à cette élection est une pratique anti-démocratique inacceptable. Il s’agit plutôt d’un déni de démocratie. En effet, on ne peut être juge et partie! Une telle commission électorale ne saurait être indépendante, juste et équitable pour les autres candidats. D’où notre opposition totale à une telle pratique.

4.    En multipliant la caution financière exigée de chaque candidat par six, passant de 5 à 30 millions cfa, le régime de monsieur Biya exclut dans les faits le camerounais ordinaire ou moyen de toute possibilité de carrière présidentielle; celui-ci est par conséquent réduit à vie au simple rôle de bétail électoral dont la seule participation à la vie politique du pays se résume à aller voter. Seuls les Camerounais qui font déjà partie ou ayant déjà fait partie de la classe dirigeante et qui, dans bien des cas, ont frauduleusement profité de leur accès aux vastes ressources de l’état pourront réunir le montant d’argent suffisant pour défrayer la caution de candidature exigée par le « Code électoral de Monsieur Biya ». C’est donc une forme d’apartheid que nous rejetons d’emblée.

En somme, le « Code électoral de Monsieur Biya »  adopté unilatéralement par ses députés en l’absence de ceux de l’opposition, quel que soit l’angle sous lequel on l’analyse, est un déni flagrant de démocratie.

Par conséquent,  nous, de DIASPOMO, exhortons nos compatriotes du territoire national et ceux de la Diaspora à rejeter vivement ce code de la dictature que Monsieur Biya et ses collaborateurs viennent d’adopter unilatéralement malgré l’urgence d’un consensus national sur la question. Nous invitons tous nos compatriotes à se mobiliser en toute coopération citoyenne comme un seul homme pour continuer la lutte pour la démocratie tant sur le front national que celui international.

Pour sa part, Diaspora pour la Modernité est d’avis que le code électoral recherché par le peuple camerounais doit résulter d’un large consensus national entre les acteurs de la scène politique et de la société civile, et doit incorporer les conditions minimales suivantes:

1.    La création d’une nouvelle commission électorale véritablement indépendante, équitable, juste et transparente, ayant la responsabilité exclusive d’organiser les élections, de l’inscription transparente sur la liste électorale jusqu’à la proclamation des résultats, et ce en toute Indépendance

2.    Une élection présidentielle à deux tours avec au minimum deux débats publics anglais/français entre les deux candidats du deuxième tour

3.    Un accès équitable des différents candidats aux ressources de l’État le long du processus électoral

4.    Un découpage électoral qui garantit une représentation égale à tous les citoyens camerounais, indépendamment de leur lieu de résidence sur le territoire national

5.    Un bulletin électoral unique pour tous les candidats, indépendamment de leurs partis politiques qu’ils représentent

6.    L’utilisation de techniques et d’outils éprouvés mondialement dans la surveillance, le bon déroulement, et la validité des élections

7.    Un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une seule fois

8.    Une caution financière de candidature raisonnable et à la porté du citoyen ordinaire pour chaque élection

Nous implorons le digne peuple camerounais à rester mobilisé pour la lutte jusqu’à l’obtention d’un contexte démocratique en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui, un contexte régi par des institutions démocratiques transparentes et véritablement indépendantes les unes des autres, à l’instar de ce qui est devenu réalité et font la fierté de nos voisins immédiats du Ghana, du Botswana, de la Zambie, du Sénégal, etc.

Gardons espoir, car quelle que soit la longueur de la nuit le jour finit toujours par se lever.

Que vive le Cameroun débout et démocratique,

Michael Fogaing, Porte parole de Diaspora pour la Modernité

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