23/04/2012 04:58:15
Cameroun. Garoua: Des tracts « appellent » à la révolte
Contrairement à une rumeur persistante, pas l’ombre d’un prospectif ne circule jusque-là dans les rues de Garoua. Ce qui relève du virtuel serait l’apanage d’un groupe de politiciens anti-Marafa.
Le Messager
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Garoua

Contrairement à une rumeur persistante, pas l’ombre d’un prospectif ne circule jusque-là dans les rues de Garoua. Ce qui relève du virtuel serait l’apanage d’un groupe de politiciens anti-Marafa.

L’on aura presque tout vu et entendu à Garoua depuis l’arrestation de Marafa : scènes de jubilations dans les chaumières de la part de ses détracteurs ; mécontentement dans les rangs des pro-Marafa, pamphlets médiatiques d’analystes politiques originaires de la partie méridionale, insultes multiformes sur la toile, etc. Au point où, à ce jour, le débat autour de l’opération épervier tend à se régionaliser.

Dans le tourbillon de la mise en détention provisoire du fin limier, Mocktar Oumarou, président départemental du Cnjc de la Benoué ; à la faveur d’une interview à bâtons rompus accordé à votre journal la semaine dernière faisait remarquer une rupture entre les jeunes du Nord et le régime incarné par Biya. «Biya s’acharne sur les Nordistes, le combat commence », avait-il lâché. Et d’ajouter que ce « combat » ne se fera pas avec des « machettes », mais par la force des urnes : «L’arme la plus fatale ce n’est pas la machette, ce sont nos voix. Nous avons au Grand Nord ce qu’on appelle le bétail électoral».

Cette sortie du leader d’opinion n’a pas moins suscité un tollé. Tel un coup de pied dans la fourmilière, s’en sont suivies des récupérations politiques au kilo. Des timoniers jusque là murés dans le silence sont sortis de la leur léthargie. Une manifestation était annoncée le jour de l’installation du gouverneur Otto Wilson. Elle s’est résumée au boycott des militants du parti de la flamme. Toutes choses qui font dire à un politologue local, «les nordistes sont maîtres dans l’art d’énoncer des menaces politiciennes. Ils ne sont pas des casseurs. Je vous met au défi de me produire un reportage indiquant que les populations sont violemment descendues dans la rue. A mon sens tout va se concentrer autour des paroles rancunières et dans une certaine mesure le basculement vers l’Add ou l’Undp», soutient-il.

La traque des tracts

D’après un haut responsable des forces de sécurité à Garoua, lequel ne souhaite pas être cité dans la presse, toutes les dispositions ont été prises pour réprimer la moindre manifestation des pro-Marafa. «Nos services de renseignement nous ont rapportés des nouvelles selon lesquelles des manifestations auraient lieu à la résidence du ministre Marafa et au boulevard du lamido (place des fêtes de Garoua, Ndlr) (...) il n’y a pas eu trouble à l’ordre public ». Sur la circulation des tracts appelant à révolte, « nous avons immédiatement mené des recherches en vue d’interpeller leurs présumés auteurs. Jusqu’ici nous ne pouvons rien vous dire parce que ce n’est pas fondé. Les recherches se poursuivent pour le moment», a-t-il indiqué.

Selon une autre source non policière, « ce sont les ennemis de Marafa qui sont à l’origine de ces rumeurs. Ils veulent noyer tous les soutiens à Marafa en les faisant arrêter pour trouble à l’ordre public », dénonce un homme politique du Rdpc à Garoua. La question est : à qui profitent ces folles rumeurs ?

Salomon KANKILI

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