24/04/2012 02:41:25
Cameroun. Le Sdf veut descendre dans la rue
Le parti de Ni John Fru Ndi veut contraindre le pouvoir à revoir sa copie après l’adoption et la promulgation du code électoral unique. Souvent déprogrammé, le congrès du Sdf est annoncé au mois d’octobre 2012.
Le Messager
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Ni John Fru Ndi

Le parti de Ni John Fru Ndi veut contraindre le pouvoir à revoir sa copie après l’adoption et la promulgation du code électoral unique. Souvent déprogrammé, le congrès du Sdf est annoncé au mois d’octobre 2012.

Après avoir boudé la séance d’adoption du nouveau code électoral unique promulgué quelques jours plus tard par le chef de l’Etat, le conseil exécutif national (Nec) du Social democratic front (Sdf) entend manifester sa désapprobation dans la rue. C’est l’une des principales résolutions de la session de cet organe qui s’est tenue dans la ville de Bamenda les 20 et 21 avril 2012.  «Nous allons organiser des manifestations populaires dans la rue», laisse notamment entendre le député Jean Michel Nintcheu face à la presse.  Une option partagée par le vice-président de cette formation politique. Joshua Osih soutient que : «Notre combat va se renforcer, nous avons résolu que le Sdf va marcher.» Une marche que le Sdf entend organiser sur l’étendue du territoire avec un point d’ancrage dans la capitale politique.

«Cette stratégie consiste à mettre la pression sur monsieur Biya pour qu’il comprenne que nous ne pouvons pas rester muets face à cette dérive dictatoriale.» A en croire, le vice-président du Sdf,  la promulgation du code électoral unique «est une provocation», parce que soutient le député Jean Michel Nintcheu, «nous nous serions attendus à une levée de boucliers après l’adoption de ce projet à l’Assemblée nationale pour que monsieur Biya fasse preuve d’esprit et renvoie ce texte à la relecture. Malheureusement, poursuit la même source, il a préféré promulguer cette loi. Il ne nous laisse pas le choix. Nous allons réagir de manière extrêmement ferme.»

Une fermeté qui, indique Joshua Osih, «sera maintenue tant que nous ne nous donnons pas les moyens d’avoir un processus électoral consensuel, acceptable et crédible.» En fait, pense-t-il, «la finalité, c’est que les Camerounais aient le droit de choisir librement leurs leaders.» Pour lui, le libre choix des dirigeants est un préalable à l’émergence d’un Cameroun prospère. « Il faut que ce leadership soit axé sur le fait que les gestionnaires publics sont comptables dans une période donnée.» Un préalable qui manquerait à certains gestionnaires de la fortune publique. Parce ce que martèle-t-il, «si les gens détournent aujourd’hui, c’est parce qu’ils ne sont pas patriotes. Ceci étant la conséquence du fait qu’ils n’ont pas le droit de décider sur l’avenir du pays.» A ce sujet, le vice-président du Sdf déduit que, «tant que ce droit ne leur est pas donné, nous ne pouvons pas bâtir cette nation. Et, c’est le combat que mène le Sdf.»

Le congrès annoncé en octobre

L’interpellation de l’ancien Premier ministre, Inoni Ephraïm ainsi que celle de l’ex-ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation n’ont pas échappé au regard du Nec. Cet organe voit en ces arrestations «une manœuvre du pouvoir pour distraire le peuple.» Une position soutenue par le fait que, «nulle part, nous n’avons vu que le coffre-fort de la Snh (Société nationale des hydrocarbures, Ndlr) a été enfoncé pour sortir cet argent (l’argent destiné à l’achat du fameux avion présidentiel, Ndlr).» Joshua Osih déclare par ailleurs que, «c’est lors du partage du butin qu’on attrape toujours les bandits.»

Et Jean Michel Nintcheu de conclure : «Monsieur Biya est le premier responsable. Ces ministres prévaricateurs ne sont que la création de monsieur Biya qui devrait tirer les conséquences de l’échec de son gouvernement et démissionner.» Longtemps attendue, la date du prochain congrès du Sdf est connue. Souvent annoncée et déprogrammée, cette rencontre d’envergure du parti de la balance, selon le Nec, se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Bamenda. Une date de plus ? On ne perd rien à attendre.

Donat Suffo et Joseph OLINGA

Focal. Controverse autour d’une bagarre au Nec

Une bagarre opposant deux députés du Sdf au cours du Nec des 20 et 21 avril 2012 divisent le parti de la balance. Le chairman, Ni John Fru Ndi obligé d’intervenir.

Y a-t-il eu bagarre ou non à la dernière session du Nec du Sdf qui s’est tenue les  20 et 21 avril 2012 à Bamenda ? Le Sdf lui-même est divisé sur la question. D’une part, de nombreuses sources affirment qu’une rixe aurait opposé les sympathisants du président régional du Sdf pour le Littoral et non moins député à l’Assemblée nationale, Jean Michel Nintcheu à ceux du député Edward Nkembeng. Selon ces sources, l’altercation entre les deux groupes rivaux, partis de la ville de Douala, s’est déroulée dans la résidence du chairman du Sdf, Ni John Fru Ndi, dans la journée du vendredi 20 avril 2012.

Des sources proches de la résidence de Ntarikon affirment par ailleurs qu’une frange de ces militants auraient été financée par le député Edward Nkembeng, lesquels « exigent le départ  du président Sdf Littoral, Jean Michel Nintcheu » au motif que le président régional du parti de la balance pour le Littoral « n’agit pas pour les intérêts du parti. » Selon le président Sdf pour la région du Littoral, « ils s’opposent à l’éclatement de la circonscription électorale de Douala 3e. C’est une circonscription extrêmement grande et populaire ( Ndlr, circonscription de Douala 5 (1)).»

Jean Michel Nintcheu soutient que l’éclatement de cette circonscription « est le résultat d’une décision prise par le Nec pour une occupation rationnelle du terrain. Le souci du parti est de rapprocher les structures du parti des militants. Leur démarche était inutile. Ils ont été rappelés à l’ordre et le Nec a maintenu sa position. » Le député de Wouri 5 annonce d’ailleurs qu’il va descendre sur le terrain pour finir le travail commencé en février et en mars dernier (2012, Ndlr).

Selon nos sources, « la situation a dégénéré au point où la garde rapprochée de Fru Ndi a été obligée d’intervenir pour arrêter les hostilités. » Ce que n’a pas manqué de condamner. Des sanctions auraient été suggérées par certains membres du Nec à l’encontre de l’honorable Nkembeng. Toujours est-il que selon nos sources « Fru Ndi a partagé un quartier de kola avec les deux députés pour ramener la paix entre eux. »

Les incidents de Bamenda ne font pourtant pas l’unanimité. Joint au téléphone hier par Le Messager, l’honorable Nkembeng ne souhaite pas commenter l’affaire et se limite à nier la bagarre. « Cette histoire n’est pas vraie (la bagarre, Ndlr)». Edward Nkembeng affirme simplement « qu’il y a des gens qui sont venus de Douala et qui avaient leurs doléances à présenter.» Cette version est du reste soutenue par la secrétaire nationale à la communication du Sdf. Annenbom Moundju précise que les importuns « venaient rencontrer le chairman. »

Secrétaire générale adjoint du Sdf, Yvonne Biymuma ajoute que, « le chairman leur a demandé de suivre la procédure administrative indiquée pour ce type de situation ».Elle confirme que « les invités surprise du dernier Nec (20 et 21 avril 2012, Ndlr) de Bamenda sont venus exprimer leur mécontentement sur la réorganisation de la circonscription électorale de Douala 5e.» Une circonscription « qui sera réorganisée les 4,5 et 6 mai prochain par une équipe du Nec. » martèle la secrétaire générale adjoint du Sdf, Yvonne Biymuma.

D.S et J.O.

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