25/04/2012 00:21:50
Cameroun. Ils arnaquent au nom du préfet
Des hommes sans foi ni loi ont trouvé une astuce : au nom du préfet, ils s’octroient des crédits de téléphones pour au moins 300.000 Fcfa. Les call-boxeuses appelées à rester vigilantes.
Le Messager
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Call box cameroun

Des hommes sans foi ni loi ont trouvé une astuce : au nom du préfet, ils s’octroient des crédits de téléphones pour au moins 300.000 Fcfa. Les call-boxeuses appelées à rester vigilantes.

Les call-boxeuses de la ville de Douala n’ont qu’à bien se tenir. Depuis quelques mois, une nouvelle forme d’arnaque fait des victimes. Au nom de l’autorité administrative, des esprits malins extorquent des crédits de communication pour des montants oscillant entre 200.000 et 500.000 Fcfa. Des victimes se comptent par dizaine. Les lieux de prédilection sont tout trouvés : Akwa, Bonanjo et certains quartiers de la ville. Une call-boxeuse raconte sa mésaventure : « Hier dans l’après midi, un client est arrivé. Il nous a dit qu’il voulait un transfert de 200.000 Fcfa. Chacune d’entre nous a mordu à l’appât et voulait gagner le marché. L’homme nous a demandé que chacune d’entre nous, puisque nous étions au nombre de  quatre, lui transfère du crédit pour 50.000 Fcfa. Ce que nous avons fait. Par la suite, nous nous sommes entendues dire que les crédits de communication ont été transférés au préfet du Wouri ». Des plaintes identiques fusent de partout. Elles sont des dizaines ces gérantes de call-box qui disent avoir été, au moins une fois, flouées.

Autre procédé : « un tiers est appelé, s’entend dire, au milieu d’un boniment bien tissé, que le préfet du Wouri a besoin d’un transfert de toute urgence (il est bloqué en réunion, ou empêché pour toute autre raison). La personne appelée, si elle tombe dans le panneau, cherche donc un call box d’où elle procède à l’envoi – il lui est promis que le préfet va rembourser, bien sûr, et pourra même se montrer reconnaissant à l’avenir ».

Selon le quotidien gouvernemental Cameroun Tribune, un échange nourri a eu lieu dans un bureau de la préfecture du Wouri, où un gendarme en tenue sombre venait de conduire un suspect. « Le quidam, quinquagénaire à la moustache fournie, a été interpellé mercredi devant la Poste de Bonanjo, après qu’une gérante de call box l’ait désigné au pandore. L’homme plaide son innocence, jure qu’il a plutôt reçu un coup de fil lui demandant de faire un transfert (50 000 F étaient en jeu cette fois), toujours au fameux préfet. Raison pour laquelle il a été conduit à la préfecture », racontait le même journal.

Selon un responsable de bureau à la préfecture du Wouri rencontré hier mardi 24 avril 2012, il ne se passe pas de jour sans que des victimes en larmes accourent dans ledit service pour crier leur colère et s’informer sur ce qu’il en est réellement. Toujours selon ledit responsable, malgré les communiqués diffusés à cet effet, les call-boxeuses et autres victimes mordent toujour à l’appât et se font flouer.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, comment comprendre que des personnes au nom d’un préfet désormais gouverneur dans le Sud-ouest se font arnaquer ?  Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.

B-P.D

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