26/04/2012 02:59:34
France : rien de bien nouveau
Toujours est-il que plus de 70% des électeurs ont eu la conviction que leur Président n'a pas fait l'affaire et ne la fera pas. Est-ce à dire que son successeur, François Hollande, est réellement  porteur du «changement» promis ?
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François Hollande

Les Français ont voté au premier tour des élections présidentielles. Visiblement, au vu de la répartition des scores, ils ont montré la porte de sortie à Nicolas Sarkozy, et il pourrait, fort probablement, l'emprunter le 6 mai prochain. Toujours est-il que plus de 70% des électeurs ont eu la conviction que leur Président n'a pas fait l'affaire et ne la fera pas. Est-ce à dire que son successeur, François Hollande, est réellement  porteur du «changement» promis ?

Rien n'est moins sûr avec quelqu'un qui a soutenu toutes les politiques fondamentales de son adversaire, de l'insertion de la France dans le libéralisme le plus sauvage, à son engagement sans réserves dans les guerres de l'OTAN. La majorité des Français vont,  donc, comme d'habitude, depuis des dizaines d'années, obéir ainsi que se dessine le scrutin, à ce réflexe de rester dans le système, en se donnant l'impression d'avoir conjuré la cause de leur malheur et corrigé la trajectoire qui menait le pays vers les pires dangers. En arrière-plan, la «bataille de France» aurait commencé, comme l'a annoncé Marine Le Pen. Elle n'a pas besoin de le dire, son score révèle une dynamique qui ne semble pas devoir rencontrer beaucoup de contrariétés, sauf la montée en puissance du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui devra construire une alternative crédible, au regard des illusionnés des UMP/PS, dont la volatilité n'est pas à prouver et un «front antifasciste», tel que le veut son leader. 

Sur le terrain, on compte 5 millions de chômeurs, autour de 3,6 millions de personnes sans logement du tout et cinq millions de personnes mal-logées. On note que le nombre de décisions d'expulsions a dépassé les 100.000 sur une année et que 1,3 million de demandes de logement social sont en attente (représentant plus de 3 millions de personnes). Sans compter les victimes des multiples précarités et les futures victimes d'une tendance irrépressible à l'austérité, exigée par les banques privées créancières de l'Etat français, qui doit se plier, dans sa gestion budgétaire, aux règles strictes de désengagement ou de restriction des dépenses publiques. C'est ce que le futur président doit affronter.

Sarkozy a dit qu'il fallait être «courageux» et que, pour cela, il propose de continuer dans la lancée de da stratégie, François Hollande ne dit pas grand-chose de clair, à part qu'il allait  «changer» les choses. Ce qui n'augure rien de nouveau pour les années qui viennent, en dehors d'une possible explosion sociale, dont les contours et les retombées sont imprévisibles. On peut même avancer l'idée que ce sont les élections qui ont retardé une irruption du mouvement social, sur la scène.

Tant les attentes sont grandes et tant l'inquiétude se répand. Parallèlement, se dessine le risque d'une exacerbation de la xénophobie et de son corollaire, la violence, contre les minorités visibles, cibles désignées par Nicolas Sarkozy et son équipe et par l'extrême-droite, qui rivalisent de formules, sur le thème, pour séduire les racistes et tous ceux qui pensent que les «immigrés mangent le pain des Français». Nous verrons ce qui se dessinera après la période de grâce du Président.

Ahmed Halfaoui

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