27/04/2012 00:15:34
Déification. Fame Ndongo appelle à la candidature de Biya en 2018
Dominique Sakombi Inongo aurait-il pu faire mieux ? Lui qui au plus fort de la splendeur du Maréchal Mobutu Sesse Seko, président de l’ex-Zaïre (aujourd’hui R. D. Congo) lui offrait un mémorable cadeau en faisant jaillir sa photo lumineuse dans un ciel nuageux au générique du journal télévisé du soir.
Le Messager
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Jacques Fame Ndongo

Le secrétaire national à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir de puis 30 ans souhaite un autre septennat des « grandes réussites » au président de la République.

Dominique Sakombi Inongo aurait-il pu faire mieux ? Lui qui au plus fort de la splendeur du Maréchal Mobutu Sesse Seko, président de l’ex-Zaïre (aujourd’hui R. D. Congo) lui offrait un mémorable cadeau en faisant jaillir sa photo lumineuse dans un ciel nuageux au générique du journal télévisé du soir. Cet homme décédé le 28 septembre 2010 à Kinshasa à l’âge de 70 ans, après avoir été cinq fois ministre de l’Information (dès 30 ans), devient l’un des piliers du régime du maréchal Mobutu grâce à un bagout sans pareil, un sens de l’emphase poussé à l’extrême, un zèle débordant et un art parfait de l’ incantation, le propre des démagogues. Tant Jacques Fame Ndongo, ex-ministre de la Communication, sémioticien de notoriété use de toutes les tribunes pour demander que Paul Biya soit réélu en 2018 pour les « grandes réussites » au moment où l’on entame à peine le septennat des « grandes réalisations » inauguré en 2011.

Le plus récent appel en date a eu lieu le 15 avril 2012 sur l’antenne de Vox Africa. Invité au programme, Recto-Verso de la chaîne panafricaine émettant de Londres, le ministre de l’Enseignement supérieur depuis 2004 répondant à son interviewer qui voulait savoir s’il envisage «une candidature du président Biya à la prochaine élection présidentielle», a été en effet, plus que formel : « C’est notre souhait». Ce, susurrait-il pour permettre à Paul Biya d’entamer les grandes réussites dont il a fait cas pendant sa campagne en 2011. Mais surtout assurer la continuité des grandes réalisations de 2011 à 2018 et des grandes ambitions de 2004 à 2011. Paroles « de créature, et d’esclave » de Paul Biya.

Longévité

Seulement, né officiellement le 13 février 1933, Paul Biya comptera 36 printemps au pouvoir en 2018. Ce qui ne semble pas émousser l’enthousiasme de l’un des auteurs des discours de cortège de l’ouvrage dithyrambique, « Paul Biya : l’Appel du peuple ». Car sur l’antenne de Radio France Internationale (Rfi) il estimait que cette longévité est «un facteur bonifiant. [Qu’elle] est une valeur ajoutée pour un homme politique qui acquiert plus de sagesse, plus d’équilibre, plus de pondération et plus d’expérience » Et tutti quanti.

Joint au téléphone hier, 26 avril 2012, Jean Paul Mbia, le chef de la cellule de communication de Jacques Fame Ndongo en rajoute au lot des appels de même nature. En indiquant qu’à Ebolowa, son patron avait déjà émis des souhaits similaires « puisque ni la Constitution, ni les règlements du Rdpc n’empêchent le chef de l’Etat actuel de briguer un autre mandat en 2018 ». Essayant de banaliser le traitement particulier que veut en faire Le Messager, il estime que la presse « ne devrait pas en faire pour l’heure l’objet de débats car 2018 est encore loin». La bonne école ? Car Paul Biya lui-même, disait sur l’antenne de France 24 en 2007 que « l’élection présidentielle de 2011 était lointaine ». Mais il s’empressera quelques mois seulement après à se tailler la Constitution et Elecam sur mesure pour être réélu à 78% in fine. Question à un sou. Feu Sakombi aurait-il fait mieux... pire ?

Rodrigue N. TONGUE

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