27/04/2012 00:22:18
Le changement et les Frères
Sous toutes les latitudes on ne parle que de changement. Sarkozy, par exemple, veut se changer lui-même et François Hollande promet de changer la France. Le vent souffle irrésistiblement...
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Manifestations algérie

Changeons ! Qu’est-ce qu’on attend ? Il n’y en a pas un qui ne veut nous changer. A commencer par ceux qui doivent être changés en premier. Le monde, lui-même, change et ne veut plus que cela. Sous toutes les latitudes on ne parle que de changement. Sarkozy, par exemple, veut se changer lui-même et François Hollande promet de changer la France. Le vent souffle irrésistiblement.

Seulement on ne sait rien de ce changement que ses partisans proposent et promettent. Chez nous, il faut dire que c’est venu subitement, il y a à peine une année. Un beau jour on devait changer. Cela a commencé par être scandé tous les samedis à Alger, par un groupe, que personne, en dehors des médias, n’a voulu écouter, qui a fini par se fatiguer à être tout seul à vouloir changer. Puis cela a été repris à tout va par une foule de quidams, de gens plus ou moins connus politiquement ou de partis. Les Frères en tête qui ont repris les slogans des gens du samedi, qu’ils avaient laissés seuls à s’égosiller, durant des semaines. Les Frères, à leur décharge, sont plus explicites.

Ils parlent lourdement de «printemps », parce que le « printemps » on sait ce que c’est et on leur en reconnaît la référence. Car partout où il a bourgeonné ce sont eux qui ont fleuri. Même en rangs dispersés, ils ne perdent pas l’objectif. Et ils sont tellement sûrs de leur victoire, qu’ils suggèrent que les élections sont une simple formalité, mise en œuvre pour leur offrir le pouvoir. Dans le cas contraire, ils feront le « printemps ». Ce n’est pas la peine de leur demander comment, ni avec quelles troupes. Ils ne le diront pas, pensant avoir été suffisamment suggestifs avec le terme chargé de signification menaçante. Ce faisant, les Frères  ne trouvent pas nécessaire d’invoquer, outre-mesure, la religion. Ils n’en ont plus tellement besoin. Peut-être voudraient-ils faire oublier ce fonds de commerce, qui rappelle tous les jours leur trajectoire. 

Une trajectoire qui a démarré au sein des cités et quartiers populaires pour les mener au faîte de la réussite sociale et sur les cimes du pouvoir. Revenus se ressourcer, ils ont de la peine à retrouver l’élan initial. Parce que, tout simplement, si changement il doit y avoir, il faudrait commencer par eux. Ce que pensent pas mal de ceux qui les ont portés, pleins d’espérance, quand il fallait donner à la « solution » le poids qui devait résoudre un certain nombre de problèmes existentiels.  Comme on le sait, il n’en fut rien. A part que les promus sont apparus pour décorer autrement le tableau, en tant que nouvelles têtes d’affiche, pendant qu’ils changeaient eux-mêmes de look, de verbe et de résidence.

Alors on est bien en peine de savoir par quel miracle les Frères vont pouvoir se muer en changeurs. On sait que leur « peuple » n’est plus là, on sait que leurs ténors ne descendent plus de leurs cylindrées, on sait ils ont en horreur la rue. A moins qu’ils n’aient concocté des deals à la CNS. Très peu probable, même s’ils ne reculeraient pas devant la proposition. In fine, on peut dire, sans trop de risque de se tromper, que le 11 mai, ils vont plutôt chercher à se maintenir au plus haut des marches, s’ils parviennent à décrocher ce taux de 30% « souhaité » par les Etats-Unis.

Ahmed Halfaoui

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