01/05/2012 00:35:31
RDC. Kabila « dépolitise » son nouveau gouvernement
Après de longues semaines d'atermoiements, la RDC s'est enfin dotée d'un nouveau gouvernement. A défaut d'une ouverture vers l'opposition, le président Kabila a préféré éloigner les caciques du PPRD et nommer une petite équipe de 36 ministres, composée de « techniciens » peu connus du grand public.
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Joseph Kabila

Après de longues semaines d'atermoiements, la République démocratique du Congo (RDC) s'est enfin dotée d'un nouveau gouvernement. A défaut d'une ouverture vers l'opposition, le président Kabila a préféré éloigner les caciques du PPRD et nommer une petite équipe de 36 ministres, composée de « techniciens » peu connus du grand public.

Avec la nomination de ce nouveau gouvernement "peu coloré politiquement" et très "technique", Joseph Kabila espère tourner la page d'une longue séquence post-électorale très embarrassante pour sa propre légitimité. Les élections présidentielle et législatives de novembre 2011 ont été fortement contestées par l'opposition, mais aussi par la communauté internationale. Le processus électoral a été entaché de nombreuses irrégularités et de forts soupçons de fraudes massives.

Sous pression internationale et à 5 mois du XIVe sommet de la francophonie à Kisnhasa, Joseph Kabila tente une nouvelle fois de calmer la crise politique qui couve en "dépolitisant" son action gouvernementale.

Première étape : la nomination d'un nouveau Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, économiste de formation, rompu aux institutions internationales et  spécialiste en "stabilisation du cadre macro-économique"… En bref, l'homme idéal pour rassurer les (nombreux) bailleurs de la RDC.

Deuxième étape : la nomination d'un gouvernement "resserré" et "technique", débarrassé des "barons" du parti présidentiel. Objectif : calmer le débat avec l'opposition et mettre en place une équipe "moins politique" et censée être plus "efficace" dans les dossiers (seul l'avenir nous le dira).

Dans la nouvelle équipe gouvernementale, le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, garde la haute main sur l'Economie et les Finances avec l'aide d'un ministre délégué, Patrice Kitebi. Deux personnalités peu connus font également leur entrée au gouvernement : il s'agit de Daniel Mukoko Samba, ancien directeur de cabinet adjoint de Matata Ponyo, qui s'occupera du Budget en tant que vice-Premier ministre, et d'Alexandre Lubal Tamu, le nouveau ministre de la Défense.

Six ministres sortants restent tout de même dans la nouvelle équipe : l'inamovible Lambert Mende (Médias), Martin Kabwelulu (Mines), Raymond Tshibanda, (Affaires étrangères), Richard Muyej (Intérieur), Fridolin Kasweshi (Aménagement du territoire) et Justin Kalumba (Transports).

Seule nouveauté à destination de la communauté internationale : la nomination d'une femme, l’avocate Wivine Mumba Matipa, au poste de la Justice et des Droits humains (une première). Les grands absents du nouveau gouvernement sont "les ténors" du PPRD et de la majorité présidentielle, priés de se faire discrets et l'opposition qui ne s'est vu offrir aucun poste. Joseph Kabila n'a donc pas cherché à débaucher des membres de l'opposition en signe d'ouverture et d'apaisement, comme le lui avait demandé la communauté internationale. Joseph Kabila a préféré surprendre avec "du neuf" et renouveler son casting gouvernemental avec des personnalités plus "transparentes" et moins "polémiques".

Christophe RIGAUD

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