04/05/2012 02:53:46
Cameroun.Elecam menace de poursuite judiciaire les inscrits multiples
Le président du conseil électoral a entamé une tournée de sensibilisation des acteurs du processus électoral
Le Messager
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Le président du conseil électoral a entamé une tournée de sensibilisation des acteurs du processus électoral

« L’inscription multiple ou le vote multiple est un crime punissable. Il n’y a pas de raison de s’inscrire plus d’une fois. Nous allons poursuivre en Justice tous ceux qui vont transgresser cette disposition», menace Samuel Fonkam Azu’u, président du conseil électoral d’Elections Cameroon.

Il ajoute « je n’invente rien, cette transgression est sanctionnée par l’article 122 alinéa 1 du code pénal. Je le dis sous le contrôle du procureur de la République ici présent ». Samuel Fonkam Azu’u, par cette mise en garde, rappelle à toutes fins utiles que rien ne sera plus comme avant. C’était mercredi 2 mai à la salle des actes de la communauté urbaine de Bamenda. A la faveur d’une tournée de concertation des acteurs du processus électoral dans le Nord-Ouest. Tournée qui va le conduire respectivement dans les chefs-lieux des sept départements que compte la région.  Il a d’emblée justifié cette visite par le fait qu’elle rentre dans le cadre des attributions du conseil électoral qui consistent en la supervision et le contrôle de l’action de la direction générale notamment «de nos structures à la base». Il s’agit pour lui de toucher du doigt ce qui se passe concrètement sur le terrain «avec nos collaborateurs». Ensuite «nous avons aussi la possibilité de rencontrer les acteurs du processus électoral : les partis politiques, les élus locaux ».

A l’en croire, cette rencontre « est le prolongement de ce que j’ai entamé au niveau de Yaoundé c'est-à-dire les consultations ad hoc que j’ai eues avec les partis politiques, les leaders des confessions religieuses, la communauté diplomatique pour pouvoir expliquer un peu le plan d’action aussi bien du conseil électoral que de la direction générale des élections.  Il y a une activité ponctuelle que nous sommes en train de mener et qui suscite des questions auprès de l’opinion. C’est une occasion idoine pour nous de pouvoir répondre à toutes ces préoccupations ».  Que ce soit à la communauté urbaine de Bamenda ou lors du point de presse qu’il a accordé aux journalistes à la délégation régionale d’Elecam à Bamenda, Samuel Fonkam Azu’u a expliqué aux acteurs du processus électoral (responsables des partis politiques, administration, judiciaire, élus locaux, organisations de la société civile et la presse) ce qu’est « la biométrie, le marché que nous venons de conclure avec le prestataire Allemand, les délais etc. ».

Il a demandé à tous et à chacun de jouer sa partition afin que les prochaines consultations électorales soient un succès sur toute la ligne. Déjà en commençant par les inscriptions sur les listes électorales, le président du conseil électoral a convié en premier lieu les responsables des partis politiques à mobiliser leurs militants et les organisations de la société civile, la population en âge de voter à s’inscrire massivement le moment venu sur les listes électorales. A cet effet, il a rappelé que la biométrie exige la présence même du potentiel électeur lors de l’inscription. Car non seulement il sera filmé mais aussi des signes particuliers notamment les empreintes digitales seront relevées et consignées dans un serveur central qui permettra de détecter et par ricochet éponger les inscrits et les votes multiples bref les doublons.

Si le marché passé avec le prestataire allemand a coûté 7.8 milliards Fcfa au contribuable camerounais, la durée du contrat est de 10 mois. Les trois premiers mois qui courent depuis environ deux semaines, sont consacrés à l’acquisition et le déploiement du matériel (les kits), puis la formation du personnel d’Elecam chargé des inscriptions. Le processus d’inscription proprement dit va courir sur une période de 7 mois. C’est dire si à en croire le président du conseil électoral, les inscriptions prendront fin le 30 novembre 2012.

Il rappelle qu’il n’y aura pas de période de grâce pour les retardataires et convie toute personne en âge de voter à investir les bureaux d’inscription le moment venu, dès lors qu’il s’agit de la refonte. « Mieux vaut s’inscrire pour ne pas voter car l’abstention est aussi une forme de vote », dira Fonkam Azu’u. Des caravanes d’inscription vont se déployer sur le terrain selon un itinéraire et un calendrier à indiquer par les différentes antennes communales. Le kit sera constitué d’un ordinateur, un appareil photo, une fiche, une imprimante. Au bout du compte un reçu sera remis aux personnes qui seront inscrites, ce qui traduit que la carte d’électeur ne sera pas délivré et remise instantanément.

Cacophonie dans la distribution

D’où l’inquiétude de certains participants à cette réunion sur la cacophonie observée dans la distribution des cartes d’électeurs avec des piles de cartes abandonnées ou des cartes d’électeurs qui se retrouvent dans d’autres bureaux de vote. Si Fonkam Azu’u a reconnu tous ces errements du passé, il a promis que la direction générale et les démembrements feront de leur mieux pour éviter que cela n’arrive plus.

C’est à juste titre si la nouvelle loi prévoit 40 jours, délai raisonnable pour la distribution des cartes d’électeur, a déclaré le président du conseil électoral. Les partis politiques étant associés à la commission, il est d’avis que cette collaboration permettra de réduire à sa plus simple expression si ce n’est éradiquer ces manquements observés par le passé. Sur la question de la fraude électorale, le président du conseil attribue la tentative de fraude à toutes les formations politiques sans distinction.

Il justifie cette attitude par le souci de gagner un siège ou une commune. C’est pourquoi ces responsables politiques utilisent ces moyens peu orthodoxes. Pour lui, la première protection de vote incombe au votant. L’excès de zèle des Fons (chefs traditionnels), le vote dans les casernes militaires ont également été soulevés par les participants. Le président du conseil a rassuré ces derniers. L’une des mesures consistera en la prise en charge par Elecam, du déplacement et de la restauration de tous les membres de la commission d’inscription et même des membres des bureaux de vote lors des élections proprement dites.

Quota genre exigible

Fonkam Azu’u n’est pas passé par quatre chemins pour rappeler que la notion genre contenue dans la loi sera respectée « ne soyez pas surpris si nous rejetons certaines listes de candidatures qui ne respecteront pas le quota réservé aux femmes. Avant nous ne le pouvions pas, la loi le prévoit maintenant », prévient-il les partis politiques. Il a également promis que l’encre sera cette fois ci indélébile.  Au demeurant, Fonkam  Azu’u a reconnu l’incapacité du conseil électoral et même de la direction générale des élections à procéder au redécoupage des circonscriptions électorales. Pour lui cette attribution incombe au président de la République « Elecam ne légifère pas, il applique la loi». Sur les leçons tirées par Elecam à la dernière présidentielle et la reforme en générale du système, le président du conseil admet « peut être tout n’a pas été acquis, la perfection n’étant pas de ce monde, nous continuerons à perfectionner».

Sur la question de l’illégalité des membres actuels d’Elecam au regard du nouveau code électoral, tel qu’insinuent certains aujourd’hui, Fonkam Azu’u croit qu’il s’agit là d’un problème d’interprétation. « Quand le mandat présidentielle était de 5 ans, on a voté une loi consacrant un mandat de 7 ans. La nouvelle loi a été votée pour remplacer l’ancienne. La loi n’étant rétroactive, il y a continuité. La même disposition s’applique à l’équipe actuelle d’Elecam. S’il faudrait que tous les membres d’Elecam soient renommés cela n’a pas de sens. Tout ce qui sera contraire à la nouvelle loi, nous allons l’amender. Elecam reste une entité légale parce qu’il a été mis en place par une loi même si elle a été amendée, elle n’est pas rétroactive».  A-t-il conclu.

Donat SUFFO

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