07/05/2012 14:48:01
Après Wade et Sarkozy, à qui le tour ?
La «Ligue» des chefs d’Etat anti-Gbagbo est en train de s’effriter. Le vide se fait autour de Ouattara
Le nouveau courrier
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Wade et Sarkozy

C’est officiel depuis hier dimanche 6 mai à 18h GMT, Nicolas Sarkozy n’est plus le président de la France. Après une gestion quinquennale approximative, les Français l’ont sanctionné hier en portant leur choix sur le candidat socialiste François Hollande. Avec son départ, c’est la «Ligue» des chefs d’Etat anti-Gbagbo qui est en train de s’effriter.

Al’instar des pays du monde et particulièrement des pays francophones d’Afrique, Abidjan était scotché aux résultats du second tour de la présidentielle. Où se jouaient plusieurs enjeux au-delà des intérêts des Français eux-mêmes. Notamment l’avenir de l’axe très personnel Abidjan-Paris. A l’issue donc des résultats François Hollande est déclaré président avec 52% des suffrages contre 48% au président désormais sorti, Nicolas Sarkozy.

Au-delà des multiples enseignements qu’on pourrait tirer de cette déconvenue de Sarkozy, c’est plus un anti-Gbagbo radical et qui vouait à la limite une haine à l’exprésident ivoirien qui part de l’Elysée, après seulement un an d’exercice de pouvoir par son poulain, Alassane Ouattara qui jouissait auprès de ce dernier d’une «protection» à tous égards. Au point de cristalliser toutes les attentions et de mobiliser les institutions sous-régionales et internationales pour la «cause» de son ami et poulain Ouattara. Pour lui emprunter une de ses phrases, avec la défaite de Sarkozy, c’est certainement une page sombre de l’histoire de la France et plus particulièrement des relations franco-ivoiriennes qui se referme. Même si on ne s’attend pas à un «ralliement» de Hollande à la «cause Gbagbo».

Mais un fait doit être souligné. Après le très prompt à l’ingérence, Abdoulaye Wade, c’est Nicolas Sarkozy qui, à son tour passe la main, de la manière la plus inattendue. Lui qui espérait jusqu’au bout un renversement de situation en sa faveur. Sarkozy qui avait fait de la chute du président Laurent Gbagbo, un problème personnel ne s’attendait pas à lâcher son poulain aussi brutalement, au moment où certainement ce dernier a le plus besoin de lui.

Le vide se fait autour de Ouattara

Il est évident qu’Alassane Ouattara a encaissé la défaite de son ami et parrain Nicolas Sarkozy, comme un coup dur. Lui qui a voulu, intimement, croire jusqu’au bout à un revirement de situation en faveur de ce dernier. C’est donc un soutien de poids et de taille qu’il vient de perdre depuis hier, même si la chute de Sarkozy ne signifie pas impérativement la fin de la françafrique.

Dans la guerre du clan Ouattara contre le pouvoir Laurent Gbagbo, le Français Sarkozy et le sénégalais Wade ont été les deux véritables fers de lance. Le premier a pu convaincre la communauté internationale et l’Onu, dont son pays est membre permanent du Conseil de sécurité, à prendre fait et cause pour Ouattara, quand le second était le relais africain du premier chargé de mobiliser la sous-région pour renverser Laurent Gbagbo. Et ils n’ont ménagé aucun effort pour atteindre leur objectif. Même si Jonathan Goodluck, un autre soutien de Ouattara, est toujours à la tête du Nigeria, il apparait plus qu’affaibli dans son propre pays, avec l’énigme Boko Haram, la secte islamique qui endeuille le Nigeria à longueur de semaine.

Cette incapacité de Goodluck à prendre le dessus sur le mouvement terroriste affecte considérablement sa crédibilité et ses jours sont comptés à la tête de l’Etat nigérian. De son côté, Blaise Compaoré qui cumule plus de deux décennies au pouvoir qu’il arraché par coup d’Etat n’a plus véritablement les cartes en main, même s’il semble serein. Puisque c’est régulièrement que des émeutes se déclarent dans son pays. Jusqu’à quand réussira-t-il à contenir ? Wade et Sarkozy ont passé la main. A qui le tour désormais ? Ouattara qui a compté sur toutes ces personnes peut-il encore bénéficier de leurs appuis pour continuer de maintenir un pouvoir aux élans dictatoriaux ? Il gagnerait à se consacrer beaucoup plus aux problèmes de ses concitoyens.

Frank Toti

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