10/05/2012 01:43:49
Racket à Duékoué. Le commandant Frci empoche 9 millions par mois
C’est un pactole que les Forces républicaines de Duékoué récoltent aux quatre corridors à l’entrée de la ville. Elles y ont pris goût et exercent quotidiennement une pression sans pareil sur les usagers.
Le nouveau courrier
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C’est un pactole que les Forces républicaines de Duékoué récoltent aux quatre corridors à l’entrée de la ville. Elles y ont pris goût et exercent quotidiennement une pression sans pareil sur les usagers.

Le corridor à la sortie de Duékoué, en direction de Man, reverse 225000 FCFA, celui se trouvant dans le sens de Guiglo donne 135 000 FCFA, un autre situé sur la voie menant à Daloa (où l’entrée de Duékoué en provenance d’Abidjan) 175 000 FCFA, et un autre à la sortie de la ville, dans le sens de Blody, mobilise 50 000 FCFA. Ces pratiques, dont Le Nouveau Courrier a eu écho de plusieurs sources policières en service à Duékoué depuis le mois de novembre, sont le fait des éléments des FRCI qui tiennent la ville.

Les sommes énumérées sont prélevées (de façon irrégulière) de la bourse des commerçants et des citoyens ordinaires de passage aux différents corridors et reversées chaque deux jours au commandant des Forces républicaines de Duékoué, le lieutenant Koné Daouda, alias «Konda». Ce qui fait un total de 8 775 000 Fcfa par mois. Chaque fois que certains éléments de police et de gendarmerie, sur lesquels la hiérarchie fait planer des menaces de sanction, tentent de raisonner leurs frères d’arme FRCI qui en font trop sur les corridors, ceux-ci leur rétorquent que les «chefs des différents corps sont informés de ces pratiques et c’est même cet argent de racket qui sert aussi à rétribuer les ex-combattants des forces pro-Ouattara encore dans les rangs» à Duékoué.

Ainsi, les hommes du commandant Konda des FRCI peuvent-elle continuer de rassembler l’argent du racket aux différents corridors pour le verser à leur patron. Au grand désarroi des populations déjà appauvries par la guerre qui a exacerbé la misère dans la zone de Duékoué et environs. Il revient donc aux autorités (notamment à Alassane Ouattara, autonommé ministre de la Défense), qui prétendent faire de la traque aux Frci «racketteurs» leur cheval de bataille, de jeter un regard sur la situation à l’intérieur du pays, notamment à l’ouest où la guerre a éprouvé les populations qui continuent d’être dépouillées de leurs maigres moyens.

Hamed Bakayoko, ministre de l’Intérieur qui avait fait ce même constat le 30 avril dernier, à un barrage à Abidjan, Marcory zone 4, a pour l’exemple relevé deux officiers de police de leur fonction. Le coût du «racket», selon la chambre de commerce, oscille 150 à 300 milliards de F CFA. Les Ivoiriens attendent que le nouveau régime qui a instrumentalisé le phénomène du «racket» contre l’ancien régime y mette fin. Afin de garantir la libre circulation et éviter aux usagers les tracasseries dont ils sont quotidiennement victimes.

Gilles Naismon

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