08/08/2009 17:51:25
Gabon : Les premiers faux-pas de l'Ğaprès Bongoğ
Deux mois après le décès du président Bongo Ondimba, les premiers signes de déstabilisation sociale sont apparus le 7 août dernier à Libreville, avec les violents affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants qui réclamaient la démission du gouvernement du candidat du parti au pouvoir, le ministre de la Défense nationale Ali Bongo Ondimba. L'intervention sur le terrain des leaders politiques de l'opposition aura permis d'apaiser la tension, et la marche pacifique aura finalement eu lieu.
Gaboneco
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Les affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants le 7 août 2009 au quartier Rio, à Libreville. ©upg-gabon

 

«La paix et la cohésion nationale» sont-elles en danger ? Au lendemain de la mort d'Omar Bongo Ondimba le 8 juin dernier, la Nation entière s'unissait autour de ce précieux héritage, chacun allant de sa profession de foi pour préserver ces valeurs. C'était il y a tout juste deux mois.

Depuis quelques semaines, à mesure que grandit l'opacité du processus électoral, la cohésion nationale semble s'effriter inexorablement avec l'apparition de nouvelles frontières régionales, certes virtuelles, qui épousent les zones d'influences des différents candidats. Des frontières tracées avec les marqueurs ethniques qui soulignent le repli identaire, à la fois comme norme de sociabilité et puissant combustible pour la course au fauteuil présidentiel.

La paix quant à elle a eu les premiers coups de boutoir le 7 août dernier, avec les violents affrontements qui ont opposés les forces de l'odre et des manifestants au quartier Rio, à Libreville qui ont répondu à l'appel de la coalition de 8 candidats à l'élection présidentielle qui demandent le départ du gouvernement du ministre de la Défense, Ali Bongo Ondimba, candidat du parti au pouvoir.

La foule a été dispersée, dans la matinée, par une violente répression policière qui a attiré les foudres des manifestants dont le nombre grandissait à mesure que les grenades lacrymogène explosaient. Un des émeutiers roué de coups par les forces de l'ordre se serait évanoui, le visage en sang. Les policiers l’auraient placé dans leur camion, provoquant un sursaut de colère de la foule qui l'aurait pris pour mort.

L'arrivée sur le terrain des candidats de l'opposition Pierre Mamboundou (ACR/UPG), Zacharie Myboto (UGDD), Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé (CDJ), Luc Bengone Nsi (Morena),Robert Marcel Tchorere(Cercle Omega), ainsi que les indépendants Casimir Oyé Mba (ex-PDG), André Mba Obame (ex-PDG), Claudine Ayo Assayi, Bruno Ben Moubamba, et Paul Mba Abessole (RPG, majorité), a finalement permis d'apaiser la tension et d'obtenir le feu vert pour la marche. On peut tout de même se demander pourquoi les organisateurs de cette manifestation n'ont pas fait l'effort de l'encadrer dès le début, ni prévu de service d'ordre compétent.

«La réaction de la police a été très violente, démesurée», s'est insurgé monsieur Bourdès Ogouliguendé, porte-parole des candidats présents, qui sont parvenus à négocier avec les forces de l'ordre le transport à l'hôpital des blessés et l'escorte de la marche jusqu'au rond-point de la Démocratie.

«Nous avons calmé la situation mais nous continuons à demander la démission d'Ali Bongo, il ne peut être ministre et candidat. Nous réclamons aussi le nettoyage des listes électorales afin que nous ayons des élections justes et transparentes», poursuit le porte parole des candidats.

Entre 5 000 et 6 000 personnes ont finalement suivi la procession d'où fusaient de virulents slogans : «On a supporté le père, on ne veut pas du fils. Si on ne nous écoute pas, on va tout brûler !» ; «On veut le changement !» ; «Ali démissionne !» ; «Ali dictateur !», scandait le cortège.

Le ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout, avait rappelé la veille dans une déclaration spéciale que «l’organisation de toutes les réunions publiques est assujetties à l’autorisation préalable du ministre de l’Intérieur et non à une simple information».

Jusqu'ici, aucune réaction concrète n'a été donnée par les autorités, qui brandissent dans leur mutisme l'absence de dispositions légales quant au statut d'un ministre-candidat. Mais dans une période où les équilibres sont aussi fragiles, on pourrait espérer que les autorités privilégient le dialogue social pour préserver la paix et surtout mener la transition à bon port.

A trois semaines de l'élection présidentielle du 30 août, les autorités chargées de la transition doivent lancer des signaux forts à la population pour panser la cohésion nationale et préserver la paix, comme elles l'avaient si solennellement promis il y a tout juste deux mois.

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