16/05/2012 01:53:33
Chères combattantes et chers combattants!
Pour l'abolition de la Françafrique et pour l’avènement de la Souveraineté des pays Africains...
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Pour l'abolition de la Françafrique et pour l’avènement de la Souveraineté des pays Africains…

Chères lectrices et chers lecteurs!

Chères combattantes et chers combattants!

J’ai jugé nécessaire de m’accorder du temps, malgré mes nombreuses occupations pour faire une mise au point suite à la réaction de certains d’entre vous à ma note de Félicitation à François Hollande…

En tant que camarade de lutte permettez-moi de m’adresser à vous quel que soit le terrain à partir duquel vous menez le combat. 

Allons droit au but camarades!

Ma réaction par rapport à l’élection de François Hollande à la magistrature suprême de la France, a été interprétée diversement. Il y a ceux qui pensent qu’elle est excessivement optimiste et ceux qui croient que ce n’est pas assez de saluer la victoire de l’adversaire de celui qui a été jusqu’ici le plus méprisant des présidents français à l’endroit du peuple africain. Les différentes réactions à ma déclaration traduisent bien le fait qu’étant responsable de mes écris, je n’en demeure pas pour autant responsable de comment chacun va les interpréter.

La compréhension de mes écrits si clairs soient-ils ne dépend pas de moi. Je ne vais pas revenir sur le texte incriminé ici, sinon je crois avoir usé d’assez d’ironie pour m’exprimer et certains l’ont bien compris. Pour ceux qui l’ont interprété autrement, je demande un peu de vigilance. Je voudrais dire que chacun peut comprendre les choses à sa manière; Néanmoins, il serait mieux de faire l’effort de comprendre le message que l’auteur d’un article véhicule pour ne pas lui prêter un sens erroné. 

Ma réaction à la victoire de François Hollande, est celle que tout le monde devrait avoir. J’ai félicité un président nouvellement élu et je crois savoir que cette démarche rentre dans l’ordre normal des choses. J’ai rempli une formalité et ne crois pas en tirer une satisfaction particulière. La formalité de féliciter celui qui vient d’être élu n’est pas réservée à ses supporteurs ni à ceux qui placent en lui l’espoir d’un miracle.

Je n’ai pas l’habitude de féliciter les Présidents nouvellement élus en France, mais depuis bientôt deux ans, j’ai usé assez de mon énergie à dénoncer la Françafrique, ses adeptes et leurs pratiques malsaines, inhumaines et injustes en Afrique. La note à François Hollande est dans cette logique.

L’injustice internationale qu’a subie Laurent Gbagbo et son camp, ainsi que toute la Côte d’Ivoire dans les pseudo-élections présidentielles de 2010 en est un exemple de la dimension odieuse de la Françafrique. Lorsque vous lisez mes poèmes tels que «Déchéance» ou «Notre Liberté» publié respectivement en 1999 et en 2003, vous comprendrez que j’ai toujours combattu la Françafrique  et je continuerai de la combattre jusqu’à ce qu’elle prenne fin et fasse place à des relations équitables, gagnant-gagnant entre nos partenaires (que nous choisirons) et nous. Les partenaires telles que la France qui se sont toujours imposés à nous comme dans un «mariage forcé», aux seuls buts de construire leur puissance et le bien-être de leurs peuples avec nos ressources naturelles et ayant pour stratégie de règne, les divisions, les guerres, les génocides et le mensonge médiatique doivent être combattus avec les moyens de bord. Ce n’est pas à discuter et c’est ce combat que nous menons…

La lutte est multiforme. Certains combattent avec pour armes leur plume. D’autres par des chansons engagées ou par des manifestations populaires. Par leur style de vie, pourquoi pas? Ne plus boire ou boycotter le vin français, c’est aussi combattre la Françafrique. C’est attirer l’attention des producteurs de vin français sur l’injustice et l’oppression que la France fait subir à nos pays, s’ils ignoraient l’existence d’une telle pratique!

Boycotter le label français d’une manière générale est aussi une forme de la lutte! Bref, à chacun la forme de la lutte qui lui sied. Cette lutte a pris une forme beaucoup plus active depuis 2010, avec la fin du coup d’Etat entamé en 2002 en Côte d’Ivoire; coup d’Etat d’ailleurs qui nous a ouvert un peu plus les yeux sur les pratiques mafieuses de la France dans ses anciennes colonies. Il y a une différence entre ce dont on a entendu parler et ce que l’on voit et vit…

En Côte d’Ivoire, nous avons entendu parler de l’attitude des dirigeants français envers l’Afrique, qui consiste à créer des guerres dans leurs anciennes colonies ou en Afrique francophone en vue d’affaiblir les populations et leurs dirigeants pour mieux les exploiter…

Nous avons entendu comment la France place des Africains qui font leur affaire, au détriment du peuple, parfois en assassinant froidement celui qui les gènes ou en l’emprisonnant (pour ceux qui ont un peu plus de chance…)
Nous avons entendu ce qui s’est passé dans les deux Congo, au Rwanda, au Burundi, en Centrafrique, au Burkina Faso et j’en passe. Et puis, nous avons vu et vécu le cas de la Côte d’Ivoire… 

Où met-on la souveraineté d’un pays, lorsque son palais  présidentiel est bombardé par un président étranger et ses associés, qui choisissent d’humilier le président qui s’y trouve, l’emprisonner dans une case et imposer leur ami à toute une population, sous prétexte qu’il y a eu tricherie dans une élection?

La tricherie dans lesdites élections en Côte d’Ivoire si jamais il y en a eu, offense plus les dirigeants français et leurs alliés de la communauté internationale, que les premiers concernés eux-mêmes?

Les coups d’état et les rébellions injustifiés ne les offensent guère et font partie de la normalité quand la tricherie si c’en était une est décriée à cor et à cri.

Quelle est donc cette démocratie où la tricherie dans une élection est plus scandaleuse que les rébellions et les coups d’état? La démocratie impérialiste? La démocratie pétrolière? La démocratie diamantifère? La démocratie cacaoyère? La démocratie où l’on n’a pas d’amis mais n’a que des intérêts??? Ou alors la démocratie universelle?

On a caressé et entretenu des rebelles, on les a aidé à devenir ministres les armes à la main, mais on a choisi de déployer de grands avions et des chars de guerre pour faire sortir un Président du palais présidentiel parce que le grand mal qu’il a fait est d’avoir triché selon ses adversaires, dans une élection ? Deux bons poids et deux bonnes mesures auxquelles notre génération a eu le malheur d’assister dans les rapports Nord-Sud! 

Quel que soit le bord politique de l’Africain en général et de l’Ivoirien en particulier, la lutte contre la Françafrique et ses adeptes, devrait être l’affaire de celui-ci. A condition bien sûr qu’il aime son pays et son continent et qu’il voit plus loin que le bout de son nez et ne ramène pas tout à son ventre ou à son bas-ventre…

La dignité et le sens patriotique d’un citoyen sont au-delà des divergences internes qui sont normales pour un pays qui se veut démocratique… La démocratie, ce n’est pas inviter l’étranger pour venir faire fi des lois suprêmes d’un pays et le maintenir dans l’injustice afin de pouvoir l’exploiter à sa guise.     

Si la volonté de quelques diplomates délinquants doit s’imposer à la décision du conseil constitutionnel d’un pays, c’est n’accorder aucune considération à ce pays… Et c’est bien ce qui s’est passé en Côte d’ivoire.

Le ridicule est poussé au point de penser qu’en retirant ces ambassadeurs après leur forfait électoral, les nègres si courts d’esprit que nous sommes allons tout oublier; comme d’habitude… Une stratégie qui a toujours marché avec les nègres d’Afrique depuis des siècles, pourquoi ne marcherait-elle pas aujourd’hui?

Jamais en Occident, un citoyen n’aurait accepté qu’on fasse cela dans son pays, même si le Président incriminé est pire que Gbagbo… Hélas!

L’histoire retiendra que 50 ans après l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, un président Français, en la personne de Nicolas Sarkozy, originaire de la Hongrie a menacé le président Ivoirien élu comme il le ferait à son mauvais ouvrier. Et Gbagbo dans le rôle de  «l’ouvrier têtu» a été «châtié» et remplacé par un «ouvrier plus soumis» et plus maniable…

Ainsi va «l’Amour forcé» Nord-Sud où les marionnettes, les pantins, les potiches sont chouchoutés au grand détriment du peuple Africain!

Chères combattantes et chers combattants! Chères lectrices et chers lecteurs! Quand un an plus tard, ce Nicolas Sarkozy perd les élections dans son pays, comment voulez-vous qu’on réagisse??? Qu’on dise que : comme celui qui l’a battu ferait comme les autres ou pire encore, alors nous n’allons pas être contents de cette défaite et bien nous moquer ?  Nous n’allons pas nous réjouir et railler celui qui nous a tant fait souffrir par sa « voyousie présidentielle», ses prises de position intéressées et tendancieuses?

Bien sûr que si!!!

Si Dieu a choisi de se moquer de lui, ce n’est pas nous qui ne le ferions pas. On a aussi le droit de se réjouir de la justice divine, et la défaite de Sarkozy en est une! En Anglais on dirait, « get serious!»  Dire que ceux qui se sont réjouis d’une telle défaite l’ont fait parce qu’ils sont heureux de la victoire de François Holland, c’est faire preuve d’une analyse ou d’un jugement superficiel, un peu trop léger. Il n’est pas question de faire des amalgames inutiles. On ne confond pas «caleçon» et «hameçon» pour la simple raison que c’est le même son…

Non camarades!

Sarkozy est tombé, on est content. Point barre! Et cette joie n’est pas réservée aux partisans de Gbagbo seuls puisque je n’en suis pas une. Sauf que l’injustice internationale contre cet homme n’a fait qu’attirer vers lui la sympathie mêmes de ses non-partisans. Cette joie est celle de tous les Ivoiriens et Africains épris de justice, de liberté et de dignité. C’est la joie de ceux qui ont marre de la Françafrique, marre de voir l’Africain dans la position d’esclave qu’on tue en lui faisant croire qu’on lui vient au secours. Alors, laissez-nous fêter cette défaite qui soulage assez de cœurs blessés et après on verra le reste.

Il faut mettre les choses à leur place. Même dans le deuil, lorsqu’il y a une scène un peu comique, on peut se permettre de rire. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas peiné pour la perte de l’être cher. Alors dans le malheur de la Françafrique, lorsqu’un français bat un autre français et que ce dernier n’est personne d’autre que Nicolas Sarkozy, on est en droit de rire, avant de continuer nos pleures, nos plaintes et nos combats… C’est un rire légitime qui ne saurait nous faire perdre de vue notre lutte.

Nous sommes conscients du fait que «la France n’a pas d’amis, mais elle n’a que des intérêts!». J’ai choisi le morceau qui suit, extrait de ma réaction à la victoire de François Holland, Françafrique pas pour le plaisir de me répéter, mais dans le souci de me faire comprendre. «On nous a toujours dit et nous l’avons constaté d’ailleurs, que tout Président Français, de gauche comme de Droite a toujours entretenu la Françafrique pour les intérêts de la France et pour la misère de l’Afrique en général et celle des pays francophones en particulier. Partant de ce fait, certains d’entre nous, n’avons vraiment pas de raisons de placer une confiance ou un espoir en un homme d’état français pour venir nous produire le miracle, qui est de donner définitivement aux pays Africains, leur INDEPENDANCE et la vie qui leur a toujours manquée…»

Hélas! Cela n’empêche pas de montrer à Sarkozy à quel point sa défaite fait plaisir à de nombreux Africains.
Maintenant, Holland a le CHOIX de faire comme ou pire que Sarkozy. Il peut être aussi l’homme par qui les relations franco-africaines connaitraient un changement substantiel. On ne peut pas d’emblé lui prêter d’intention. Dans tous les cas, s’il vient nous prouver que «Français, c’est Français», il nous trouvera sur son chemin pour lui prouver que «Anti-Françafricain, c’est Anti-Françafricain!»

Qu’est-ce qui est compliqué à comprendre dans ça au point où certains se décarcassent à faire des leçons de morale sans intérêts? Incompréhension, mauvaise fois ou manque d’inspiration? Tout le monde sait, sauf ceux qui refusent de comprendre que la France garde la même posture lorsqu’il s’agit du traitement réservé aux pays dits de son pré-carré.

Qu’on soit journaliste ou pas, on doit savoir que «lorsqu’on n’a rien à dire, on ne dit rien!» Cela permet de réfléchir pour produire des articles qui informeraient ou qui apprendraient aux lecteurs un fait qu’ils ne savent pas. Je prends juste l’exemple des journalistes car dans cette profession certains ont tendance à écrire pour écrire afin de remplir les critères de «prime de plume.» Même là encore, on peut faire l’effort d’être innovateurs, pourquoi pas? 

NB1: Dans le cas de la défaite de Nicolas Sarkozy, dire aux gens de ne pas éclater leur joie parce que François Holland ne ferait pas mieux, c’est nous mettre dans un quiproquo, pas nécessaire et qui ne nous avance à rien.

1.    Qui que Holland soit, et la politique qu’il s’apprête à servir à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique, nous disons D’ABORD à Sarkozy: «bye bye Sarkozy and don’t come back no more, no more, no more!» And we mean it!

2.    Nous disons à François Holland: «félicitation pour ta victoire et sache que ton pays doit mettre fin à la misère qu’il crée en Afrique… Vivement, que cela prenne fin! Tu as le choix d’être le Frederic Declerk de la France ou alors de faire comme tes prédécesseurs.  Dans tous les cas, tu es averti qu’il y a désormais des dignes filles et  fils d’Afrique pour dire NON à la Françafrique et aux pratiques mafieuses de la France dans nos pays respectifs…»

3.    C’est malhonnête de dire aux combattantes et combattants qui éclatent leur joie pour cette défaite divine, qu’ils ne doivent pas compter sur la France, mais se battre eux-mêmes pour délivrer l’Afrique; autant ils n’ont pas eu besoin d’un tel avertissement pour commencer le combat, autant ils n’en ont pas besoin pour le continuer malgré la victoire de François Holland et la défaite de Nicolas Sarkozy.

4.    Dans un tel moment, il serait plus honnête de prendre le soin de dire à ces combattantes et combattants: bravo et courage pour la suite! Et cela, dans le respect mutuel. L’important n’est pas de regarder comment chacun éclate sa joie ou gère son indifférence.

Il faut dire à ces braves femmes militantes, partisanes, patriotes, africanistes, panafricanistes, résistantes, (…) qui contre vents et marrées, sont restées immobilisées dans les rue de Paris ou ailleurs pour crier leur indignation: bravo et courage pour la suite! Il faut dire à tous ces journalistes, militants, partisans, patriotes, africanistes, panafricanistes, résistants, écrivains de libre opinion, leaders d’opinion, leaders d’organisations, d’associations, de mouvements, de partis politique, tenants de sites internet et j’en passe: bravo et courage pour la suite!

5.    Bravo à nous pour avoir contribué de près ou de loin à la défaite de Nicolas Sarkozy, en exposant avec nos moyens de bord, son «visage en Afrique» aux électeurs français qui ne savent pas dans la majorité des cas ce qui se passe hors de leur pays.

6.     Si une telle lutte a contribué en faveur de François Holland, on ne saurait s’empêcher de lui dire Bravo et félicitation puisqu’il vient de battre Nicolas Sarkozy! Pour qu’un français, fut-il Sarkozy perde les élections en France, il faut bien qu’un autre français les gagne!

7.    Soyons clairs: après ce que Nicolas Sarkozy a orchestré en Côte d’Ivoire par abus de force, pour achever ce que ces prédécesseurs ont commencé depuis 1999 dans ce pays autrefois paisible, je dirai BRAVO et FELICITATION  à n’importe qui le battrait pendant les élections, même si j’ai la conviction ou la certitude que ce dernier viendrait faire pire que lui. Une fois le cas Sarkozy réglé, on traitera le nouveau Président selon son attitude vis-à-vis de nous et de l’intérêt qu’il accorde à la Françafrique. S’il vient nous prouver que «Français, c’est Français» en ce qui concerne l’Afrique, il nous trouvera sur son chemin pour lui prouver que «Anti-Françafricain, c’est Anti-Françafricain!»

NB2: Même quand on sait qu’un enfant est handicapé depuis le ventre de sa mère, on le laisse naître tout de même. On félicite les parents pour l’accouchement, après quoi on commence les soins… On ne dit pas à ceux qui félicitent ces parents qu’ils font comme si l’enfant est en bonne santé… C’est un amalgame qui n’a pas de sens.
Félicitons François Holland, rions bien de la défaite de Nicolas Sarkozy ou restons indifférents… C’est selon! Puis, continuons la lutte dans nos domaines respectifs et dans le respect mutuel.

On est ensemble ou alors apprenons à être ensemble pour la fin de la Françafrique, le changement des mentalités en Afrique, le respect des peuples Africains et la reconsidération de l’Afrique dans les rapports Nord-Sud! On est ensemble pour une Afrique libre, digne, souveraine, battante et combattante.

Une Afrique qui serait libre de pêcher dans ses propres eaux pour se nourrir, se prendre en charge et non celle-ci, à qui l’on donne des arrêtes de poissons pour lui faire croire qu’on lui vient en aide…

Dignes filles et fils indignés de toute l’Afrique, réveillons-nous!

Soyez béni!

Dieu bénisse, délivre et restaure la Côte d’ivoire et l’Afrique, car sans lui nos forces sont vaines!

Copenhague, 15 Mai 2012
Rosalie Kouamé «Roska»
Présidente Fondatrice - Fondation Roska
roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

Blog: http://roskanews.africaview.net
Facebook: RoskaFoundation NGO

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