17/05/2012 01:43:03
Législatives algériennes: bilan et perspectives
Il faut croire que les Algériens se sont détournés, en masse, de la politique. Et il y a de quoi, dans une certaine mesure, leur donner raison. Il n'y a qu'à se référer pour cela au spectacle donné, par la majorité de la classe politique, lors des législatives qui viennent de se dérouler.
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Boutefika

Il faut croire que les Algériens se sont détournés, en masse, de la politique. Et il y a de quoi, dans une certaine mesure, leur donner raison. Il n'y a qu'à se référer pour cela au spectacle donné, par la majorité de la classe politique, lors des législatives qui viennent de se dérouler.

A cet égard, on aurait peut-être tort de minimiser le rôle de la répulsion, dans  l'abstention, suscitée par les comportements et les discours de candidats à la limite du ridicule. On pourrait espérer que cette attitude de la majorité du peuple pourrait avoir un impact positif, si elle pouvait secréter une société civile alternative aux prétendants désavoués. Ce qui ne semble pas être le cas, bien au contraire, car les citoyens semblent massivement se résigner dans une démission lourde de conséquences, à plus ou moins brève échéance, sur la gestion des affaires du pays. Tout semblant prédire que, en cas de besoin, le privilège ira au recours à la rue comme mode d'expression, les citoyens préférant s'adresser directement aux autorités que d'attendre des " élus " une quelconque intercession, porteuse de leurs préoccupations.

Face à cette réalité, on ne peut  pas se retenir de sourire devant les gesticulations et les menaces des Frères, qui devraient d'abord faire le bilan de leurs capacités de mobilisation, fort peu convaincantes, avant de prétendre se présenter en tant que première force dans le paysage. D'autant que, ce faisant, ils risquent de perdre au change. Ils risquent de désillusionner ce qui leur reste comme troupes et de compromettre la possibilité d'une réanimation de cette "Alliance" qui les a portés au cœur du pouvoir et des affaires. De plus, ils seraient bien inspirés de ne pas s'aliéner leur mentor qatari et de tenir compte qu'ils sont attributaires du précieux label "islamistes modérés".

Pour toutes ces considérations et connaissant le sens aigu des Frères en matière de "compromis", il ne faut pas être étonné de les voir reculer et se fendre en déclarations pathétiques sur leur souci de l'intérêt supérieur de la nation. Quant au FLN/RND, cette dégénérescence de la légitimité historique, le bout du bout de la matrice ENA-PPA-MTLD-FLN-ALN, on attendra que les promesses de "réformes" soient tenues. Dont la principale est la mise en place des conditions d'une plus grande participation citoyenne dans la vie sociopolitique et l'impulsion d'une dynamique concertée de développement. A moins que, au vu des satisfecits, jamais gratuits, accordés par les Etats-Unis,  l'UE  et leurs alliés arabes, il ne faille s'inquiéter de la nature des mesures qui vont être mises en œuvre, particulièrement celles qui concerneront l'économie.

En ce sens, il y a de fortes chances que les orientations futures soient très avantageuses pour les forces du marché mondialisé, ce qui n'est pas de bon augure, en termes de souveraineté sur les ressources nationales et sur les choix qui pourront être faits. C'est sur ces éléments que pourra être jugé le nouveau parlement, si tant est qu'il rompe avec la fonction de chambre d'enregistrement et assume le mandat populaire qui lui a été remis.


Ahmed Halfaoui

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