17/05/2012 02:05:07
Ras-le-bol. Les villageois demandent le départ des Frci
Excédés des exactions et pillages. Les villages du canton Wapo, dans la sous-préfecture de Grand-Béréby, fatigués de subir toutes sortes d’exactions de la part des Frci s’en sont remis dans un courrier au préfet de région de San-Pedro, pour demander le départ de ces forces.
Le nouveau courrier
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FRCI et Dozos

Excédés des exactions et pillages. Les villages du canton Wapo, dans la sous-préfecture de Grand-Béréby, fatigués de subir toutes sortes d’exactions de la part des Frci s’en sont remis dans un courrier au préfet de région de San-Pedro, pour demander le départ de ces forces.

Pendant au moins un an, les villages de Grand-Béréby en général et du canton Wapo en particulier, ont supporté toutes sortes de supplices infligés par les Frci. Persécutions, exactions, exécutions extrajudiciaires, enlèvements, extorsions de fonds et de biens, vols, violences… sont autant d’actes qu’ont subi et continuent de subir les populations du canton Wapo, soumis au diktat des «sauveurs» Frci.

Les villages de Kablaké, Ouéléké et Djihimbo souffrent le martyre. Dans un courrier officiel au ton pathétique, le chef du canton Wapo, Marcellin Hiéplo Kouya, a saisi le préfet de région, Jacques N’Guessan Obouo, pour dénoncer la souffrance infligée aux populations par les Frci qui outrepassent les décisions du gouvernement, au motif qu’ils se payent ainsi sur le terrain. Au nom donc de ses administrés, il a demandé le départ des éléments des Frci de son canton. «Je viens très respectueusement par la présente, vous informer de ce que vivent mes populations y compris moi-même du comportement des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) dans mon canton et solliciter par la même occasion auprès de vous, leur départ dudit canton», écrit le chef de canton dans son courrier. Qui luimême, à plusieurs reprises a été bastonné et déshabillé publiquement devants ses administrés par des éléments des Frci aux ordres du Major Coulibaly, commandant les Frci de Grand-Béréby.

Le racket et le rançonnage des pauvres populations sont le fait quotidien des Frci dans cette région. «Tous les paysans, pour aller aux champs, aller comme retour, paient de l’argent ; tous les commerçants et transporteurs qui passent, paient des taxes, tous les jours. Nous avons signalé ces faits au Major Coulibaly (Commandant Frci de Grand-Béréby, ndlr) et ce dernier nous rétorque que ses éléments doivent se nourrir et il n’y a pas d’autres moyens que ce qu’ils font », fait savoir le chef du canton Wapo. En somme, les Frci dans la région n’ont pas d’autres moyens que de terroriser, commettre les exactions sur les populations, les brimer et les rançonner, pour se nourrir. Les éléments des Frci ont attaqué récemment le village de Djihimbo, à la suite d’un différend entre eux et un jeune dudit village à qui ils ont voulu arracher de force sa moto. La suite a été une descente des plus musclées (une quinzaine de véhicules remplis d’éléments Frci) sur le village de Djihimbo. Avec un bilan très lourd. «Tous les habitants du village sont battus à sang. Le chef du village, M. OYA Nemlin, n’est pas épargné. Il s’en sort avec des vertèbres cervicales endommagées. Les habitations sont saccagées. Des postes téléviseurs, des postes radios, des téléphones portables, des panneaux solaires sont emportés par les FRCI. Il y a eu beaucoup de blessés que l’on a évacués sur l’hôpital de Grand Béréby», relate-t-il dans son courrier. Jusqu’à ce jour les populations du canton Wapo sont désemparées et ne savent plus à quel saint se vouer. Espérons que ce cri de détresse soit entendu par le préfet de région avant qu’un drame plus grave ne se produise.

Frank Toti

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