10/08/2009 15:34:02
Assemblée nationale : Ambassa Zang déchu de son immunité
Une réunion du bureau de l'institution s'est favorablement prononcée sur le sujet vendredi dernier.
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Une réunion du bureau de l'institution s'est favorablement prononcée sur le sujet vendredi dernier.

Tout est allé très vite à l'Assemblée nationale depuis le retour du chef de l'Etat de sa visite officielle en France il y a une dizaine de jours. Ce que nous annoncions comme l'un des dossiers brûlants qui attendaient Paul Biya au moment où il regagnait le pays a connu un début de " règlement ", avec la levée de l'immunité parlementaire de Dieudonné Ambassa Zang depuis vendredi dernier par le bureau de l'Assemblée nationale. Tout a commencé par un retour express à Yaoundé de Cavaye Yeguié Djibril en début de semaine. En tournée dans la région septentrionale du pays où il conduisait une délégation de parlementaires dans le cadre de l'opération " Cœur vert, Avenir rose ", le président de l'Assemblée nationale n'avait pas de ce fait assisté aux cérémonies d'aurevoir et d'accueil du président de la République à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Un Cavaye Yeguié Djibril que nos sources indiquent avoir été reçu par le chef de l'Etat la veille de la tenue de cette réunion de l'Assemblée nationale autour de laquelle aucune publicité n'a été faite comme ce fut le cas en juillet dernier.

Tout semble d'ailleurs être allé très vite au cours de ces travaux comme le laisse entendre le communiqué officiel rendu public à l'issue des travaux. Le bureau de la Chambre a ainsi prononcé " à l'unanimité l'immunité parlementaire du député Ambassa Zang Dieudonné Télesphore ". Après l'ajournement du 14 juillet dernier parce que les députés indiquaient n'avoir pas pris connaissance du dossier au fond, ils se sont donc finalement prononcés pour la levée de l'immunité d'un des leurs. Comme nous l'indiquions déjà dans notre édition du 17 juillet dernier, l'intéressé avait eu le temps de quitter discrètement le Cameroun, au grand dam des autorités policières. Sur les accusations qui pèsent sur cet élu Rdpc de la Mefou et Afamba dans la région du Centre, nous indiquions dans l'édition du 14 juillet 2009, le Contrôle supérieur de l'Etat lui impute un préjudice au détriment du Trésor public pour un montant de plus de 7 milliards de francs Cfa qui se décompose en cinq tranches allant de 3,068 milliards de francs qui découlerait de la différence entre l'estimation confidentielle des travaux et l'offre faite par l'entreprise adjudicatrice du marché, Udecto, à la somme de 1,5 milliard de francs qui représenterait le surcoût des prestations de la maîtrise d'œuvre du fait de la prorogation des délais, en passant par l'insuffisance des études pour un montant de plus d'un milliard également et une somme de près de 560 millions de francs représentant l'engagement entre l'offre de base faite par Udecto (soit 10,086 milliards de francs) et le montant du marché conclu après négociations à hauteur de 10,646 milliards. Ce manque à gagner concerne les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri. L'autre volet de l'accusation concerne le pont sur la Sanaga à Ebebda, pour lequel le rapport du mois de mars 2006, de la mission du Contrôle supérieur de l'Etat relève diverses avances et des sommes pour des travaux supposés être réalisés pour un montant total de 1 092 713 096 francs. Soit un montant de près de 8,3 milliards de francs pour l'ensemble des deux chantiers.

Il est en outre question de l'audit de sa gestion des exercices 2003 et 2004 de juillet 2006 août 2007 (pendant pratiquement un an).
Des accusations qui viennent après deux missions du Contrôle supérieur de l'Etat conduite au ministère des Travaux publics en 2006. Un département ministériel que Dieudonné Ambassa Zang a dirigé du 24 août 2002 au 8 décembre 2004. Des accusations que cet inspecteur principal des Impôts a toujours considérées comme un acharnement lié à ses nombreuses réactions face aux propositions gouvernementales à l'Assemblée nationale.

La dernière étant sa dénonciation de l'inefficacité du budget de l'Etat pour le compte de l'exercice 2009 soumis à l'approbation de l'Assemblée nationale. Après Fon Doh Gah Gwanyin III en 2005, Edouard Etondé Ekotto et André Boto'o A Ngon en 2006, c'est le 4ème élu issu des rangs du parti au pouvoir qui voit ainsi son immunité levée en cours de mandat.

Jean Francis Belibi

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