18/05/2012 02:53:22
Cameroun. Les taximen annoncent une grève générale le 22 mai
Ils dénoncent les mauvaises conditions de travail, exigent la baisse du montant de l’assurance, et demandent leur affiliation à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps).
Le Messager
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Taxi Douala

Ils dénoncent les mauvaises conditions de travail, exigent la baisse du montant de l’assurance, et demandent leur affiliation à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Entre temps, les leaders syndicaux annoncent la levée du mot d’ordre de grève, à l’issue d’une rencontre avec le ministre du Travail et de la sécurité sociale.

Le ministre Grégoire Owona du Travail et de la sécurité sociale a du pain sur la planche. Après avoir réussi à calmer les ardeurs des employés de la Camerounaise des eaux, voici venu le tour des transporteurs d’entrer en scène. Les taximen annoncent en effet pour le 22 mai prochain, deux jours seulement après la célébration de la 40e édition de la fête de l’unité nationale, une grève générale au Cameroun. Et leurs revendications sont nombreuses. Ils exigent en effet une augmentation du salaire des taximen. Une rémunération qui, selon eux, n’excède jamais la maudite somme de 50 000 Fcfa le mois. Aussi, les acteurs du transport urbain veulent que le tarif de l’assurance soit revu à la baisse. « Avant, on payait 30 000 Fcfa pour deux mois d’assurance. Maintenant, on paye 24 400 Fcfa pour un seul mois. Cela signifie que le tarif a été doublé, alors qu’il n’y a ni baisse du prix du litre du carburant, ni allègement au niveau du nombre de papiers à payer pour être en règle », explique un conducteur de taxi de Yaoundé qui préfère rester dans l’anonymat. Il indique que les taximen se sont désolidarisés des syndicats, qui les utilisent pour se remplir les poches, et sont plus que jamais déterminés à suivre cet arrêt de travail jusqu’à la résolution définitive des problèmes posés.

Les conducteurs de taxi s’insurgent aussi contre les éléments des forces de maintien de l’ordre qui depuis quelques mois déjà, écument les rues des grandes villes, et somment arbitrairement les taximen à payer des contraventions à hauteur de 25 000 Fcfa. « Ce sera l’occasion de poser tous les problèmes qui nous minent. Les chauffeurs de taxi n’ont pas de contrat de travail et ne sont pas affiliés à la Cnps. Ce qui est plus grave, c’est que l’assurance que les patrons payent couvre les 4 autres occupants du taxi, sauf le conducteur, parce que les patrons nous considèrent comme des bêtes », ajoute un autre taximan mécontent qui souhaite aussi que le port d’un permis de conduire soit systématique pour tous les moto – taximen. L’on apprend que ce mouvement d’humeur s’observera sur toute l’étendue du territoire nationale dès le mardi 22 mai 2012.

Négociations

Entre temps, les autorités gouvernementales s’organisent pour trouver des solutions aux problèmes posés avant le 22 mai prochain. Mercredi, 16 mai dernier, le ministre du travail et de la sécurité sociale a rencontré les responsables syndicaux du secteur des transports, en vue de trouver une solution négociée aux problèmes posés. A l’issue de la rencontre, le ministre a signé et rendu public un communiqué dans lequel il signale que toutes ces revendications sont en train d’être examinées. « D’ores et déjà, le ministre du Travail et de la sécurité sociale demande à tous les Employeurs du secteur urbain et interurbain de prendre sans délai des mesures suivantes : Affilier tous les chauffeurs employés à la Cnps, payer dorénavant leur salaire sur bulletin de solde, avoir un contrat de travail en bonne et due forme avec chaque chauffeur, appliquer les termes de la Convention Collective Nationale qui régit ce secteur, des contrôles systématiques pourraient être ordonnés dans un délai de deux mois », peut-on lire dans ce communiqué qui annonce par ailleurs que les autres revendications seront examinées au cours des séances de travail interministérielles programmées dès mercredi 22 mai et auxquelles seront associés les Syndicalistes dès vendredi.

Mais les conducteurs de taxi dans leur majorité restent de marbre, estimant que les syndicalistes s’enrichissent sur leurs dos, et ne portent pas véritablement leurs voix auprès des administrations. Par conséquent, ils sont encore nombreux qui envisagent de suivre ce débrayage le 22 mai, malgré le communiqué du ministre Grégoire Owona.

Joseph Flavien KANKEU

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