22/05/2012 02:31:34
Tentant d'enfoncer Gbagbo. Ouattara se porte candidat pour la Cpi
A l'ossasion de l'an un de son «investure», Alassane Ouattara s'est encore offert un coup de pub, cette fois sur RFI, dimanche 20 Mai 2012 ou il était l'invité de l'émission «Le débat Africain».
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Alassane Dramane Ouattara

A l'ossasion de l'an un de son «investure», Alassane Ouattara s'est encore offert un coup de pub, cette fois sur RFI, dimanche 20 Mai 2012 ou il était l'invité de l'émission «Le débat Africain». Il n'a pas manqué de démontrer qu'il est vraissemblabement loin des réalités ivoiriennes et surtout de se révéler comme un potentiel pensionnaire de la prison de Scheveningen

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a toutes les peines du monde à rassurer ses propres partisans à plus forte raison l’ensemble des Ivoiriens, à chacune de ses sorties médiatiques. Hier encore, il l’a clairement démontré en s’exprimant sur un certain nombre de sujets qui touchent à la vie sociopolitique de la Côte d’Ivoire.

Notamment, la sécurité, la cherté de la vie, l’économie, la réconciliation, la justice… C’est sur ce dernier sujet qu’Alassane Ouattara va étaler toute sa méconnaissance des procédures judiciaires. Evoquant le cas du président Laurent Gbagbo qui reste le seul pour l’instant à comparaitre devant la justice internationale, Ouattara déclarera de manière froide et cynique que «l’ancien président est à la place qu’il mérite». Allant plus loin, le toujours président du Rdr accuse ouvertement son adversaire politique d’avoir commis des crimes graves, des crimes contre l’humanité. Cependant, le seul crime sorti de la bouche d’Alassane Ouattara et pour lequel Laurent Gbagbo est à La Haye, c’est d’avoir été le chef suprême des armées au moment de la crise.

«Il (Laurent Gbagbo, ndlr) a été le chef suprême des armées. Et cette armée a tué plus de 3 000 personnes. Il était le responsable suprême de l’armée. Il avait prêté serment de défendre et de protéger les Ivoiriens, ce qu’il n’a pas fait», a déclaré Alassane Ouattara. Un argumentaire gauche de l’actuel chef de l’Etat qui implicitement admet à la face de la Nation et du monde que sa place est aussi à la Cpi. Puisque c’est connu de tous qu’en créant par ordonnance le 17 mars 2011 les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), depuis son retranchement du Golf, Ouattara est de ce fait devenu le «chef suprême» des Frci.

Qui 11 jours plus tard, soit le 28 mars 2012, ont commis des massacres à Duekoué avec au moins un millier de morts, à Yopougon avec officiellement plus de 300 morts et de nombreux disparus, à la résidence du président Laurent Gbagbo, où de nombreux civils ont perdu la vie, selon des témoignages de rescapés et de la Croix-Rouge. Sans compter les exécutions extrajudiciaires perpétrées par des éléments des Frci depuis au moins un an. Alassane Ouattara qui depuis le 17 mars 2011, est le chef suprême des Frci, devra répondre de ses actes devant la justice internationale. En tout cas, par ses dires, il se signale comme un très sérieux candidat pour la prison de Scheveningen. A moins que les massacres perpétrés par les Frci soient «naturellement» passés par pertes et profits aussi bien par la justice nationale qu’internationale.

Interrogé sur les poursuites contre des gens de son camp qui tardent à voir le jour, Ouattara tente encore une fois de se dérober. En suppliant de ne pas mélanger le politique à la justice. «Non et non, la Côte d’Ivoire est maintenant un état de droit. L’exécutif ne peut pas intervenir dans ce qui se fait au niveau de la justice. Je ne peux pas aller dire à un juge de condamner telle ou telle autre personne… La justice fera des enquêtes à son rythme», se défend-il. Montrant clairement son incapacité à offrir un semblant de justice équitable aux Ivoiriens, alors que quotidiennement il entonne l’hymne de la lutte contre l’impunité.

Frank Toti

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