22/05/2012 02:49:55
Cameroun. Des manifestations pro-Marafa déjouées
Les scènes de mécontentement longtemps redoutées au boulevard Lamido Hayatou le jour du « 20 mai » n’ont finalement pas eu lieu. L’oscar de ce qui s’apparente à une bravoure du sérail revient sans doute aux élites du Nord (le lamido Alim Hayatou, les ministres Issa Tchiroma et Mme Youssouf Adjidja Alim entre autres).
Le Messager
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C’était l’objectif à atteindre des pontes du parti de la flamme dans le Nord, lesquels n’ont pas eu de répit ces dernières semaines.

Les scènes de mécontentement longtemps redoutées au boulevard Lamido Hayatou le jour du « 20 mai » n’ont finalement pas eu lieu. L’oscar de ce qui s’apparente à une bravoure du sérail revient sans doute aux élites du Nord (le lamido Alim Hayatou, les ministres Issa Tchiroma et Mme Youssouf Adjidja Alim entre autres). Dire qu’à la suite d’une nouvelle vague d’alertes données par des forces du renseignement, ils ont été sommés d’étouffer (à tout prix) dans l’œuf toute manifestation de soutien à Marafa Hamidou Yaya, ex-Minatd et membre influent du Rdpc en détention à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. « Il ne fallait quand même pas que la fête de l’unité qui est un évènement important dans l’histoire de notre pays se transforme en des scènes de frustrations politiques », a confié sous cape une cadre du Rdpc dans la Bénoué joint au téléphone.

D’après d’autres informations recoupées à bonne source, le récent test de popularité de la coordination départementale du Rdpc pour la Benoué -la veille de la fête de l’unité- et l’envoi d’une mission spéciale en provenance de Yaoundé sont à inscrire dans le cadre de ces mesures préventives. Des leaders d’associations, de mouvements de jeunes et même de partis politiques auraient, pour ainsi dire, été « cuisinés » par des élites locales. Les moins coopératifs sont passés au crible d’un rappel à l’ordre des autorités traditionnelles ; avant de surseoir à toute manifestation susceptible de mettre en péril le déroulement de la 40e édition de la fête nationale de l’unité dans le Nord. « Des pagnes du Rdpc nous ont été distribués. Toutes les autres sous-sections ont également reçu des pagnes pour le défilé. Les élites (Mme Youssouf en l’occurrence, Ndlr) nous ont aussi demandé de nous mobiliser pour le défilé du 20 mai ; pour qu’on ne dise plus que les militants du Rdpc sont en rangs dispersés », a laissé entendre une militante de l’Ofrdpc dans la Benoué.

Mission accomplie. Le défilé du Rdpc s’est déroulé sans la moindre banderole des pro-Marafa appelant à sa libération. Autant le boycott du défilé (par le Rdpc) la veille de la fête du 20 mai n’a été que pour les militants du Social democratic front (Sdf) et ceux du Mouvement progressiste (Mp). Les représentant locaux de ces formations politiques croient dur que l’adoption du code électoral unique (tel quel) met en péril la démocratie et l’unité nationale du Cameroun.

Une qui n’a pas opté pour le boycott du défilé du 20 mai 2012 pour ce faire entendre est l’Undp. Son alliance avec le Rdpc est manifestement en berne au Grand Nord, en tout cas pour les municipales et législatives de 2013.

Salomon KANKILI

Boycott. L’élite du Nord en mission commandée à Garoua

Un important déploiement de l’élite proche du pouvoir a investi Garoua en début de week-end dernier, pour emmener les militants du Rdpc de la Bénoué, fidèles à l’ancien ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, à prendre part au défilé de la fête de l’Unité.

Selon des sources dignes de foi, quelques semaines avant la tenue de la fête du 20 mai, fête nationale du Cameroun, le climat politique aride qui prévaut à Garoua, depuis l’arrestation de l’ex-ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya, aurait fait l’objet d’une préoccupation au sommet de l’Etat.

Suite à des tracts distribués  dans la capitale régionale du Nord et ses environs, tracts  appelant au boycott du défilé de la fête du 20 mai, par les militants de cette base du parti au pouvoir, qui réclament la libération immédiate de l’ex-Minatd, des réunions se seraient tenues à l’initiative de certaines hautes autorités de la présidence de la République et rassemblant des élites extérieures de la région du Nord. Celles-ci avaient pour but de mettre en place une stratégie pour contrer la fronde de plus en plus grande en faveur de Marafa Hamidou Yaya et d’arriver à l’immédiat à une  participation populaire des militants du « Parti des flammes » lors du défilé de la fête nationale à Garoua. Nos sources évoquent ainsi, d’importants moyens financiers qui auraient été déployés et mis à la disposition de certaines élites originaires de la région du Nord, qui ont par la suite investi la ville de Garoua.

Marafa Hamidou Yaya est présenté comme « une autre victime du système Biya », tout comme l’a été madame le ministre Haman Adama, elle aussi incarcérée dans le cadre de l’opération Epervier. Pour les pros Marafa, Biya en veut inéluctablement  aux fils de la Bénoué, « et surtout à Marafa qui est capable d’être président de la République, et alors de venger l’opprobre que Biya a  jeté autrefois sur Ahmadou Ahidjo, celui qui lui a donné généreusement le pouvoir », pour reprendre un commentaire d’une source proche de l’ex-Minatd joint au téléphone par Le Messager. La première démonstration de force publique des militants du Rdpc  se réclamant proches de l’ex ministre d’Etat Marafa Hamidou devait donc ainsi passer par un boycott, espéré retentissant.

Mission commandée

Face à ce que certains thuriféraires du régime en place ont qualifié de « témérité », il était question de casser cette dynamique pro Marafa et de ne pas laisser faire. Ces élites en mission commandée, ont trouvé sur place, des cadres locaux du Rdpc, autrefois lésés et intimidés par Marafa Hamidou Yaya du temps de son hyperpuissance dans son fief politique de la Bénoué.

Ensemble, ils ont mené une campagne de proximité pour une participation populaire des militants du Rdpc de Garoua centre au défilé du 20 mai 2012. Parmi les acteurs de terrain mis en mission à Garoua par les hautes autorités du landerneau politique, on parle à tort ou à raison, d’un  ancien secrétaire général des ministères et d’un commissaire divisionnaire aujourd’hui à la retraite, tous deux originaires de Garoua et qui jouiraient d’une popularité certaine au sein du petit peuple de la capitale régionale du Nord.


 Jean François CHANNON          


 

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