22/05/2012 15:20:44
Académie dramanatique !
Ce vent mauvais, il nous faut impérativement, très vite, et tous ensemble, le stopper !
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« La rentrée solennelle de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (Ascad) a eu, lieu, hier, à l’hôtel Ivoire, en présence du président de la République, Alassane Ouattara », nous annonce le Nouveau Réveil dans son édition d’aujourd’hui.

Cette information est sans grand intérêt pour le quotidien vécu – et subi ! – des Ivoiriens, si ce n’est que probablement, Ouattara sera bientôt membre de cette honorable académie, dès qu’une place se libérera, bientôt peut-être, parce que les amis d’Alassane s’y connaissent en façons multiples de faire passer de vie à trépas.

Souvenons-nous du Professeur Bernard Zadi Zaourou, un peu beaucoup secoué par des proches de Ouattara qui le menaçaient, et décédé d’une crise cardiaque – ses proches n’ont d'ailleurs pas manqué, en privé, d’en attribuer la faute au pouvoir en place…–. L’académicien disparu laisse justement un siège vaquant qui pourrait convenir à"l’Élu" de la Communauté internationale !

Concernant l’écologie, les « inquiétudes » du même personnage feraient sourire, si derrière ses « craintes » on ne voyait pas d’abord cette habitude récurrente qu’il a de toujours parler du « cadre de vie » des Ivoiriens, et qui est menacé, une fois de plus, par la « dégradation de l’environnement »

Ce cadre de vie, qu’il a définitivement sabordé en invitant la France et ses bombardiers à faire leur œuvre de sabotage, ce cadre de vie, défiguré pour longtemps encore par ses hordes de barbares libérés des prisons, accompagnés même de droits communs fournis par le beau Blaise, et toute la meute de chasseurs dozos et autres petites gens pour qui a sonné l’heure de l’enrichissement illégal, par tous les moyens, la vie humaine étant devenue une marchandise de peu de prix, au regard de ces assassins de circonstance. Cadre de vie menacé ? Non, cadre de vie enterré ! Rapporté à ce déferlement sauvage de hors-la-loi déchaînés, "hors cadre", sans lois, sans règles, ennemis du vivre-ensemble, dans cette "Côte d’Ivoire nouvelle, "le mot "réconciliation" ne peut être qu'un mot creux; un mot de communication, au contenu détourné, à ranger aux côtés de celui d’ « ingérence humanitaire » : vu de l’extérieur, un beau cercueil décoré à souhait, chargé de cacher et d’enfouir tous les problèmes et tous les cadavres !

Alassane Dramane OuattaraQue dire encore du « cadre de vie » détruit, dénaturé, parce que des cars en provenance directe du Burkina ont déversé des foules entières de ressortissants étrangers, armés de machettes et autres instruments pour abattre la forêt classée, inestimable patrimoine ivoirien, et au-delà poumon de l’Afrique, pour détruire saccager, s’emparer du bien des Ivoiriens et autres allogènes qui vivaient jusque là en harmonie : cultivateurs, éleveurs, et planteurs de café-cacao !

Et comme toujours le « cadre de vie » de Ouattara est statique, retouché façon "photoshop"! Parce que dans ce cadre de vie, il n’y a aucune place pour parler des énormes problèmes de misère et de chômage qui touchent cruellement les ivoiriens ; il n’y a semble t-il aucune amélioration en vue, puisque peu d’investisseurs, à part quelques reconversions, à l’Ouest, d’adeptes de la machette devenus bouchers; ailleurs, même s’ils sont dans la clandestinité, les coupeurs de route et autres racketteurs, s’inscrivent dans cette même confrérie professionnelle de tueurs ou d’apprentis tueurs de la « nouvelle république »

Par ailleurs, Ouattara se garde bien de parler du cadre de vie destiné à la jeunesse, l’élite de demain, à l’avenir littéralement gangrené par l’anéantissement de toutes les universités et hauts lieux du savoir ; alors que dans ses promesses de campagne, il se targuait d’ajouter cinq universités à celles qui existaient déjà ! Et voilà que devant les Académiciens il s'autorise cette phrase, en tête de l’article précité : « Les académiciens doivent constituer des modèles pour les jeunes générations » ! La phrase est belle, mais encore une fois totalement sortie de son cadre, de son cher « cadre de vie », obéissant aux règles des "nouvelles mathématiques" ivoiriennes : 5 + 5 = 0.

Quand on parle des académiciens, on les appelle parfois les "Immortels". Mais en sacrifiant toute une jeunesse sur l’autel de ses ambitions qui n’ont jamais été de sortir le pays de l’éruption de feu causée par sa folie des grandeurs et son moi surdimensionné, puis de la coulée de boue dans laquelle il n'a cessé depuis d’enfoncer le pays, Ouattara se présente comme cet élu des hommes, ce quasi Immortel qui rêve de forcer le destin, pour entrer en bottes dans l’histoire; en "rat botté" !

A supposer qu'un audit sincère et non corrompu soit nommé par François Hollande pour vérifier si les fonds envoyés par la France de son prédécesseur ont vraiment permis à l’homme providentiel de faire mieux en dix mois que Laurent Gbagbo en dix ans, seuls les français que l’on a maintenus dans l’ignorance de l’horreur ivoirienne sous Ouattara, seraient étonnés de ses conclusions : bilan zéro pour les ivoiriens, bonne prise en main, strangulation même par les marchands de canons, pétroliers, pilleurs de sol et sous sols, vendeurs de com. et autres rêves occidentaux !

Le bilan positif, il s’est écrit pendant dix ans, lorsque, sous la direction du Président Gbagbo et son équipe gouvernementale, dans un pays en guerre, divisé – 60 pour cent du territoire échappait alors au contrôle de l'État ! –, la Côte d’Ivoire a pu rembourser ses dettes, investir, économiser et payer les salaires; tout cela notamment grâce au "budget sécurisé" inventé et mis en place par feu Bohoun Bouabré, ce grand économiste avec lequel Dramane aurait mieux fait d'essayer de se mesurer… Au lieu de quoi, dans sa vanité du « moi, je », et en expert émérite d'un Fmi fossoyeur infatigable des économies nationales, il a préféré en faire un dangereux criminel, recherché par la communauté internationale, geler ses biens – le privant ainsi des ressources qui lui auraient permis de se soigner à temps –, et le laisser agoniser puis mourir en Israël.

Croyant écrire l’Histoire, telle la grenouille se prenant pour le bœuf, le temps d’une parenthèse de l’histoire, il s’enfle devant les caméras, se prend pour l’égal des grands, l’homme incontournable de la Côte d’ivoire, de l’Afrique francophone via son mandat à la tête de la CEDEAO, alors qu’il sait que ses jours sont comptés !

Pour reprendre cette image du "cadre de vie", je terminerai en lui disant que si le cadre, certes, existe, c’est lui qui en dessine les contours de plus en plus sombres : ceux d’une dictature effrayante qui ne dit pas son nom. Mais à l’intérieur de ce cadre il n’y a plus que des cimetières, des fosses communes, des cendres, des regrets, des souvenirs !

La Côte d’Ivoire, la vraie, c’est  « Gbagbo kafissa »  ! Celle de Ouattara, c’est un cadre rouge sang, le sang de la vie des Ivoiriens, virant au noir, encadrant une Côte d’Ivoire verrouillée, enchaînée, exsangue, appelée à reprendre vie de toute urgence, avant que les vautours de l'Occident ne viennent poser le crêpe du deuil sur sa photo de nation trépassée, une fois leur orgie consommée…





Bref, ce monsieur Ouattara me décoiffe, mais il est vrai qu’« un nouveau vent souffle sur la côte d’Ivoire ».

Ce vent mauvais, il nous faut impérativement, très vite, et tous ensemble, le stopper !

Shlomit Abel


 

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