23/05/2012 02:03:01
Le fils d'Obiang Nguéma nommé vice-président de la Guinée Equatoriale
La succession dynastique en marche
Le Messager
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Teodorin Obiang Nguema

Le fils d’Obiang Nguéma fait Vice-président

Teodorin Nguéma Obiang a été nommé hier, 2e Vice-président de la République hispanophone du Golf de Guinée. Un tremplin pour succéder à son père d’après l’opposition.

Entre Téodoro et Téodorin. Deux prénoms à priori paronymes. Deux lettres seulement font la distinction entre le prénom du père et celui du fils qui ont les mêmes patronymes. Désormais à la tête de cet émirat pétrolier voisin du Cameroun, c’est quasiment l’infime différence qu’il y aura entre le père, président de la République depuis 1979 suite à un putsch militaire et le 2e vice-président nommé hier, 22 mai 2012. A 41 ans, l’un des fils du dictateur équato-guinéen est ainsi positionné comme un des dauphins constitutionnels de son géniteur. Une situation qu’avaient longtemps avant (depuis la modification constitutionnelle de 2005) vu venir ses concitoyens et que décriait l’opposition.

Car, depuis quelques années Teodorin Obiang Nguéma s’était déjà vu confier des portefeuilles importants dans la nomenklatura de Bata. Avant d’accéder au prestigieux poste de 2e vice-président de son pays, il occupait par exemple, le poste de ministre de l’Agriculture des forêts. Le désormais 2e vice-président de son père est également l’objet de vives controverses judiciaires en Occident et notamment en France suite à une enquête dans l'affaire dite « des biens mal acquis de chefs d'Etat africains ». Le gouvernement français doit désormais donner son feu vert, après celui du parquet de Paris début avril, pour le lancement d'un mandat d'arrêt international contre lui. Ce qui fait dire à d’autres observateurs que cette nomination participe également d’une volonté d’Obiang Nguéma de mettre son rejeton à l’abri via une immunité que lui confère sa nouvelle fonction.

Si la manœuvre était réussie, Teodorin Obiang aurait tout de même, du mal à corriger l’image de noceur qui lui colle à la peau tel un gant. Tant, même outre atlantique ses frasques de fêtard font les choux gras de la presse. A ce sujet, le très sérieux New York Times rapportait déjà en 2004 qu’il possédait plusieurs biens mal acquis à Malibu, en Afrique du Sud et que sa légèreté lui avait valu de quitter l’Université de Malibu cinq mois seulement après son entrée à cette institution.

Par ailleurs, Teodoro Obiang Nguéma a également nommé l'ancien secrétaire général de la présidence, Vincenté Ehaté Tomi comme Premier ministre. L'ancien ministre de l'intérieur Clementé Engonga et l'ex-ministre de l'Information, Alfonso Nsue Mokuy, autre figure de proue du régime de Bata ont, quant à eux, été nommés vice-Premier ministre et second vice-Premier ministre. La formation d'un nouveau gouvernement, désigné par le n°1 équato-guinéen, devrait intervenir dans le courant de la semaine.

Pour rappel, la Guinée a adopté en novembre à 97,7%, selon les chiffres officiels contestés par l'opposition, une réforme constitutionnelle qui prévoit notamment une limitation à deux, du nombre de mandats présidentiels ainsi que la création d'un poste de vice-président et de cinq organismes: Sénat, Cour des comptes, Conseil d'Etat, Conseil pour le développement économique et social et Défenseur du peuple. L'opposition, quant à elle, a qualifié ce scrutin de mascarade destinée à assurer la dictature d'Obiang et sa famille de pouvoir imposer une succession familiale, selon Placido Mico, l'unique député de l'opposition à l'Assemblée (sur 100 membres) a-t-on également appris de l’Afp.

R. N. T

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