25/05/2012 04:47:42
Tension sociale. Le Cameroun dans l'étau des préavis de grève
L’Union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc) dénonce le silence du chef du gouvernement face à ses revendications et envisage de marcher sur la capitale le 26 mai prochain. Les acteurs du secteur informel exigent que le gouvernement leur octroi un marché et annoncent une marche le 25 juin du boulevard du 20 mai au palais de l’Assemblée nationale.
Le Messager
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L’Union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc) dénonce le silence du chef du gouvernement face à ses revendications et envisage de marcher sur la capitale le 26 mai prochain. Les acteurs du secteur informel exigent que le gouvernement leur octroi un marché et annoncent une marche le 25 juin du boulevard du 20 mai au palais de l’Assemblée nationale.

Les doléances émises par l’Union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc) sont nombreuses. Son président Isaac Bissala l’a fait savoir mercredi 23 mai 2012 lors d’une conférence de presse à son siège à Yaoundé. Après avoir posé plusieurs fois les problèmes des travailleurs camerounais au Premier ministre, chef du gouvernement, lequel n’a apporté aucune réponse, ce mouvement syndical a saisi la sous-préfecture de Yaoundé 1er, par une déclaration de manifestation publique qui pourrait se tenir samedi 26 mai 2012. Isaac Bissala souhaite par exemple le déplafonnement des cotisations sociales. Une exigence qui doit passer selon lui, par les augmentations du taux de cotisation de la part des travailleurs de 2,8% à 5% et des employeurs de 4,2% à 5 %.

L’harmonisation de l’âge de départ à la retraite est aussi une préoccupation majeure de l’Ugtc qui pense que tous les travailleurs, fonctionnaires, agents de l’Etat et travailleurs du secteur formel doivent aller à la retraite à 60 ans. « Cet âge peut aller à 65 ans pour ceux qui le souhaitent. Aussi, le travailleur qui souhaiterait continuer à travailler au-delà de 60 ans pourra faire sa demande, de même que l’employeur qui souhaite encore bénéficier des services de son employé pourra en faire la demande », indique un communiqué parvenu à notre rédaction et signé du président national de l’Ugtc. La modicité des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat préoccupe aussi. Le mouvement syndical pense que les salaires des années 1993 doivent désormais être payés aux fonctionnaires. Et pour y arriver sans compromettre les autres lignes budgétaires, l’Ugtc propose la suppression de l’achat des véhicules de fonction par l’Etat. «Que le responsable qui a droit à un véhicule en fasse le choix et verse 50% du prix d’achat, l’Etat prenant la charge des autres 50%. Le véhicule sera ainsi la propriété du responsable qui pourra l’assurer et ne recevoir de l’Etat que les frais de carburant », propose Isaac Bissala lors de cette conférence de presse.

Quid du secteur informel ?

L’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp) n’est pas en dehors du concert des préavis de grève qui ont cours ces jours. Les opérateurs du secteur informel annoncent en effet une grève en deux temps. D’abord le 25 juin, en pleine session ordinaire du mois de juin devant les conduire du boulevard du 20 mai au palais de l’Assemblée nationale, et le 5 juillet devant partir du rond point Bastos vers le palais de l’Unité. Les griefs relevés par le syndicat sont également légions : Aménagement d’espaces pour le recasement des sauveteurs, rétrocession gratuite des boutiques d’Etetack aux jeunes opérateurs déguerpis de la ville de Yaoundé, octroi des financements publics aux véritables jeunes et opérateurs du secteur informel porteurs de projets, encadrement effectif des opérateurs du secteur informel pour leur migration vers le secteur formel…

Seulement, l’expérience démontre de plus en plus que les préavis de grève, loin d’être un moyen coercitif pour obtenir des solutions aux problèmes posés au gouvernement, sont plutôt un appel du pied permettant aux leaders syndicaux de se remplir les poches, au détriment des travailleurs qui croupissent sous le poids de la misère.

Joseph Flavien KANKEU

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