12/08/2009 14:49:01
Que se passe-t-il au sein des Bakassi Freedom Fighters ?
Après le départ annoncé de Ebi Dari et A. G. Basuo, les pirates nigérians tentent de se recomposer.
Le Jour Quotidien
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Les Bakassi Freedom Fighters sont à la croisée des chemins. Le chef des opérations de ce mouvement, le commandant Ebi Dari a décidé de quitter la barque. Son départ qui sera très probablement suivi de celui du « général » A. G. Basuo marque la fin d’une période mortelle, marquée notamment par plusieurs attaques armées contre les positions de l’armée camerounaises, des prises d’otages à répétition au large de la péninsule de Bakassi, ainsi que par plusieurs actes de piraterie au détriment des chalutiers et d’embarcations traditionnelles de pêche.

La reddition de deux piliers des Bff a été froidement accueillie par les autres chefs du mouvement, qui n’ont cependant pas encore fait connaître la suite qu’ils donneront au combat qu’ils mènent depuis plus de deux ans.
Dans les mangroves de Bakassi, la situation est à la fois complexe et confuse. Confuse parce que deux jours à peine après l’annonce de la prise de contrôle du groupe par le brigadier Atikpee, une autre source Bff assure que le nouveau chef s’apprête lui aussi à déposer les armes.

Les données actuelles dans les quatre camps occupés par les pirates sont complexes, étant donné que les combattants ne parlent plus de la même voix. Les « camp boys » comme les appellent leurs chefs, sont partagés entre des négociations éventuelles avec les autorités nigérianes ou camerounaises, et la poursuite des activités réduites à un important commerce des otages. « Ils finiront tous par déposer les armes », prédit l’un des commandants repentis.

Les langues commencent par ailleurs à se délier dans les rangs des pirates. En toile de fond de la nouvelle tournure des événements à Bakassi se trouve un partage inégal des fruits de la piraterie. Outre les batailles autour des rançons versées, figurent au centre de la discorde, la répartition de l’impôt de sécurité payé par les sociétés pétrolières multinationales, et celui du poisson arraché aux pêcheurs industriels. Depuis plus de deux mois, Ebi Dari et A. G. Basuo n’étaient plus en odeur de sainteté avec la troupe, qui les accusait d’avoir dévié « la trajectoire du peuple Ijaw de Bakassi qui veut l’émancipation et le développement».

Avant-hier lundi 10 août 2009, les hommes du brigadier Atikpee se sont retrouvés dans un camp en territoire camerounais, pour une séance dite de réconciliation. Mais à en croire une source proche de l’affaire, les participants à ce conclave n’auraient trouvé ni terrain d’entente, ni un consensus autour de la nouvelle direction du mouvement. Ce qui augure de la poursuite de la guerre des chefs.

Après la réunion des chefs des Bff, les chefs des Nddsc ont commis hier 11 août, une lettre au gouvernement camerounais. Ebi Dari et Basuo se désolaridarisent des Bff, et présentent par ailleurs leurs excuses au « président Paul Biya, au gouvernement et aux institutions du Cameroun».

Denis Nkwebo

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