28/05/2012 02:22:23
Cameroun. Fru Ndi veut utiliser Marafa pour déstabiliser Paul Biya
En prêtant les avocats du Sdf pour défendre l’ex-ministre d’Etat, le leader du principal parti de l’opposition a admis que Marafa Hamidou Yaya constitue son joker pour en finir avec le régime du renouveau.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Ni John Fru Ndi

En prêtant les avocats du Sdf pour défendre l’ex-ministre d’Etat, le leader du principal parti de l’opposition a admis que Marafa Hamidou Yaya constitue son joker pour en finir avec le régime du renouveau.

Ce n’est plus un secret, John Fru Ndi a accédé à la doléance de l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) Marafa Hamidou Yaya qui sollicitait du leader du Social democratic front (Sdf) de lui trouver des avocats expérimentés pour assurer sa défense dans l’affaire Albatros. Les avocats du Sdf se constitueront conseils de Marafa Hamidou Yaya dans les prochaines semaines. John Fru Ndi a réitéré cette décision samedi 26 mai 2012, au stade municipal de Bamenda. C’était à la faveur de la célébration du vingt deuxième anniversaire du parti de la balance.

Comment comprendre cette facilité pour Fru Ndi de constituer un conseil pour l’ancien Minatd, surtout quand on sait que ce dernier, en 2008, a déclaré de façon tonitruante et sans pudeur avoir aperçu le leader du Sdf transportant un criminel dans sa voiture, lequel criminel pilotait les casses et scènes de pillage lors des manifestations qui ont abouti aux émeutes de la faim dans la ville de Bamenda ?

A cette interrogation aussi bien des journalistes que des militants du Sdf qui étaient venus l’écouter samedi dernier, Fru Ndi se console du fait que c’est son arroseur qui est aujourd’hui arrosé. Comme pour dire que c’est Marafa qui est en taule. Toutefois, parlant de sa décision à commettre les avocats du Sdf pour défendre Marafa Hamidou Yaya, le leader du parti du 26 mai 1990 laisse entendre « nous pouvons qualifier cette posture comme: «voler le voleur». D’où M. Biya, a –t-il pris 31 millions de dollars, (environ 15 milliards 500 millions Fcfa, Ndlr) pour s’acheter un jet privé ? Combien a-t-il déjà retiré de ce compte et dépensé à l’insu des Camerounais ?». Et d’ajouter «que les avocats vérifient et nous font savoir. Qu’il soit aussi mis en exergue que le combat démocratique dans ce pays n’est pas une affaire entre les Nordistes et les Bétis». Pour John Fru Ndi, l’achat d’un jet privé pour le président de la République doit faire l’objet d’un débat, assorti d’une approbation au parlement et non l’affaire d’une ou de quelques poignées de personnalités.

Marafa, joker de Fru Ndi

C’est dire si l’ex-Minatd, Marafa Hamidou Yaya apparaît comme le joker que John Fru Ndi veut utiliser pour parvenir à ses fins, à savoir ouvrir la boîte à pandore : « la caisse noire de la présidence de la République, son utilisation». Il s’agit pour lui d’utiliser Marafa Hamidou Yaya comme une taupe, pour procéder au déballage et partant déstabiliser le régime du renouveau. On dirait que le poisson commence à pourrir par la tête. Marafa n’était-il pas le proche collaborateur de Paul Biya à une certaine époque ? C’est dans cette logique que John Fru Ndi n’a pas du tout hésité lorsque des émissaires de l’ex-Minatd l’on approché, sollicitant le conseil du Sdf pour assurer sa défense. «Si Marafa et Biya veulent jouer au ping-pong, je crois que le moment est indiqué pour que nous sachions ce que c’est véritablement la politique » a déclaré le leader charismatique qui n’est pas passé par quatre chemins pour qualifier aussi le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary d’ «esclave et je le lui ai dit en face».

Il est revenu sur sa rencontre du 10 décembre 2010 avec Paul Biya à Bamenda. On apprendra ainsi de John Fru Ndi que « j’ai dit à M. Biya que lorsqu’il a volé ma victoire en 1992, j’avais trois options avec moi : former un gouvernement parallèle, suivre le Scnc dans sa logique et déclarer la guerre. Je n’ai choisi aucune de ces options, privilégiant la transition par les urnes ». Dans cette veine, le leader du Sdf convie tous « les Camerounais à se lever comme un seul homme et défendre leurs droits». Il a rappelé à la gouverne de ses militants « qu’à 71 ans, je n’occuperai plus les devants des manifestations. Je resterai chez moi et vous verrai faire ».

Fru Ndi et la logique du boycott de la presse anti-Sdf.

Le leader du principal parti de l’opposition n’a pas été tendre envers la presse critique et surtout la presse écrite anti-Sdf. Sans fioriture, John Fru Ndi a demandé à ses militants à ne plus acheter les journaux qui tirent à boulets rouges sur le Sdf. « Il faut boycotter les journaux qui sont contre nous. Nous n’éprouverons aucune fierté d’acheter ces journaux, les lire pour plaire à leurs éditeurs ». On comprend que sa logique du boycott ne date pas d’aujourd’hui. On se souvient de son appel au boycott des produits français en 1992. Toujours est-il que des observateurs ironisaient à cette époque-là en disant que « malgré son appel au boycott des produits français, il recevait (chaque jour pour certains et chaque semaine pour d’autres) des casiers de boissons des Brasseries du Cameroun, alors structure à capitaux français ».

Dans son message d’anniversaire lu par le député Njong Evaristus, coordinateur régional du Sdf dans le Nord-Ouest, on retiendra que « la mauvaise gestion des élections antérieures a démontré que la mère de toutes les batailles d’obtention de la liberté et la transition pacifique au Cameroun est encore devant nous » affirme –t-il et d’inviter «mes chers compatriotes […] à ne pas jeter l’éponge parce que notre liberté ne sera conférée non moins décrétée mais nous devons nous battre et l’obtenir ». Il ajoute : « seules des élections libres, justes et consensuelles délivreront notre nation du fléau de la pauvreté et du sous-développement. Seules des élections libres et justes peuvent garantir la paix et la stabilité dans notre nation ». A l’en croire «le nouveau code électoral adopté récemment par l’Assemblée nationale n’épouse pas l’aspiration des Camerounais». C’est dire si pour Fru Ndi le combat pour la libération du Cameroun doit se poursuivre.

Donat SUFFO

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE