13/08/2009 02:40:03
Le sort de l'Afrique joué au loto!
Guy Aurenche, président du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ne décolère pas depuis qu’il a appris le curieux projet d’Alain Joyandet, le secrétaire d’État francais chargé de la Coopération.
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Avancé par Alain Joyandet, secrétaire d'Etat francais à la Coopération, le projet d'un jeu en ligne pour venir financièrement en aide au continent africain est vivement contesté.

« Jouer l’aide à l’Afrique aux dés, franchement, c’est hallucinant. » Guy Aurenche, président du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ne décolère pas depuis qu’il a appris le curieux projet d’Alain Joyandet, le secrétaire d’État francais chargé de la Coopération. Le 5 août, ce dernier a en effet indiqué que la France étudiait « la création d’un jeu spécifique pour l’Afrique ». En précisant que « ce jeu en ligne », qui pourrait voir le jour en 2010, prendrait la forme « d’un bingo pour l’Afrique ou d’un loto ». Et d’évaluer son gain « à environ 10 millions d’euros par an ».

« Cette somme, qui est dérisoire, risque surtout de tourner en ridicule l’engagement moral et politique de la France vis-à-vis de l’Afrique », souligne Guy Aurenche. Et le président du CCFD de rappeler que la France, comme les autres pays européens, a toujours bien du mal à tenir son engagement de consacrer 0,7 % de son PIB à l’aide publique au développement d’ici à 2015. « Cela fait des années que cette aide plafonne entre 0,3 et 0,4 %. »
Il est vrai que, depuis plusieurs années, les États et même l’Onu recherchent des « financements innovants » pour l’Afrique. Comme la taxe Unitaid sur les billets d’avions – beaucoup moins contestée et déjà adoptée par une quinzaine de pays – qui doit améliorer l’accès aux médicaments.
Le CCFD n’a pas été le seul à réagir vivement. Patrick Lozès, le président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), dénonce « le peu moral loto ». Et l’ONG Oxfam France-Agir ici redoute que la France, avec ce type de financement, « gonfle artificiellement son aide publique au développement ».

Guy Aurenche envisage d’ailleurs de construire une plate-forme commune avec d’autres associations pour demander un rendez-vous au secrétaire d’État chargé de la Coopération à la rentrée. « Afin qu’il renonce à un projet qui fait déjà beaucoup de mal à la responsabilité citoyenne de coopération et surtout à la pédagogie de la solidarité internationale. »

Olivier Nouaillas

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