30/05/2012 03:44:05
Selon l'ONU, les victimes de Houla ont été exécutées. Pas à coups d'obus syriens !
La diplomatie russe, au plus haut sommet, a soulevé à plusieurs reprises, au cours des dernières 48 heures, la question des blessures observées sur nombre de corps, ou encore le fait que ceux-ci ne portaient pas les traces de terre ou de débris que n’auraient pas manqué d’occasionner l’explosion des obus.
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Rupet Colville "corrige" quelque peu la version Mood du drame de Houla

« La grande majorité des victimes de l’attaque contre le village syrien de Houla ont été exécutées» . C’est ce que vient d’annoncer, ce mardi, Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’Onu. Colville, dont les déclarations sont diffusées par les agences de presse et les principaux médias occidentaux, s’appuie sur les résultats d’une enquête menée sur place par les observateurs du général Mood.

« Près de 90 personnes ont été exécutées, d’autres ont été tuées par des tirs d’artillerie » a déclaré M.Colville se référant à la mission d’observation de l’ONU. Selon des témoins de la tragédie, ajoute-t-il, les « shabiha », miliciens à la solde du régime syrien, seraient responsables du massacre.

Une première version qui ne collait pas

C’est donc un correctif très sérieux aux premières analyses faites par le général Mood devant le Conseil de sécurité, qui concluaient à la mort de la centaine de victimes par des éclats d’obus et aussi par des exécutions « à bout portant ». Cette première interprétation de Mood avait entraîné le vote à l’unanimité du Conseil d’un texte mettant en cause le gouvernement syrien et notamment son utilisation contre les civils de ses chars et de son artillerie.

Les médias, à la suite des diplomates et de l’ONU, avaient annoncé que 108 personnes, dont 49 enfants, avaient trouvé la mort lors des tirs d’artillerie sur Houla les 25 et 26 mai. Des traces de violence et des blessures par balles avaient cependant été détectées sur plusieurs corps. La diplomatie russe, au plus haut sommet, a soulevé à plusieurs reprises, au cours des dernières 48 heures, la question des blessures observées sur nombre de corps, ou encore le fait que ceux-ci ne portaient pas les traces de terre ou de débris que n’auraient pas manqué d’occasionner l’explosion des obus (voir notamment notre article « Kofi Annan rencontre Bachar, la Russie se pose des questions sur Houla », mis en ligne le 29 mai).

Les autorités syriennes ont rejeté lundi la responsabilité de l’attaque meurtrière sur les combattants islamistes radicaux dans une lettre envoyée au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Auparavant, les médias syriens ont annoncé que les assaillants avaient utilisé des couteaux, ce qui constitue un signe distinctif des islamistes. D’après le ministère syrien des Affaires étrangères, l’attaque contre Houla a été perpétrée par plusieurs centaines de terroristes armés –  » deux à trois cents » convergeant sur le secteur de Houla à bord de 4×4  ou de voitures à plate-forme à partir de Rastan et deux ou trois autres localités de la région de Homs.

Le massacre, a souligné le porte-parole du gouvernement syrien, rejoint par de hauts-responsables de la diplomatie russe,  a eu lieu à la veille de la visite à Damas de l’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Il semble donc que des artilleurs on soit passé aux miliciens de Bachar. Or c’est bien sûr une accusation qui a été formulée par des partisans de l’opposition se présentant comme témoins des tueries. On verra à quoi conclut le rapport que doit remettre en principe sur cette tragédie la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Mais on doit quand même se souvenir que l’attribution systématique des morts de civils syriens à l’armée, ou à défaut, aux chabihas, est un « classique » de la propagande CNS/ASL/OSDH. Certains parlent de représailles d’alaouites contre un village sunnite et acquis à l’opposition. On est quand même dans le flou le plus total, mais c’est néanmoins sur la base de ce flou et d’informations apparemment inexactes qu’on  a mis une nouvelle fois le gouvernement syrien sur le banc des accusés.

Au fait, si jamais le rapport onusien conclut à une responsabilité, même partielle, de groupes d’opposition dans ce massacre, est-ce que Hollande et ses épigones occidentaux, paieront un billet de retour aux ambassadeurs syriens qu’ils viennent d’expulser sous le prétexte du drame de Houla ?

 

Guy Delorme

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