01/06/2012 02:59:02
Un journal parisien critique vivement Ouattara et ses chefs de guerre
Journal Libération: «Drôle d’ambiance à Abidjan: un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas»
Le nouveau courrier
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

 

Devinette. Quel est le journal qui titre «Côte d’Ivoire: la réconciliation corrompue»,  invoque un «climat de terreur» dans un contexte de «braquages» et de «rafles» au pays d’Houphouët-Boigny, déplore «d’importants trafics», notamment de cacao, et insiste sur «la mauvaise réputation» de nombreux ministres de Ouattara ? Quel quotidien décrit un Ouattara qui ne fait pas confiance à ses FRCI au point de faire assurer sa sécurité «par des militaires burkinabés et les forces de l’ONU» ? Quelle publication note que «des hommes soupçonnés de crimes de guerre, passibles un jour de pour suites devant la Cour pénale internationale», sont allés récemment «à l’école française», et décrit «des sous-officiers propulsés à la tête de l’armée ivoirienne par le président Ouattara», et qui ont mis «en coupe réglée» le nord du pays pendant dix ans? Un de ces satanés titres de la presse bleue ?  Non, le quotidien français Libération qui, bien que prétendument de gauche, a appuyé les violentes menées déstabilisatrices de la droite en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.

Dans un dossier de deux pages, le journal admet enfin la réalité ivoirienne, loin des propos louangeurs du quotidien catholique La Croix qui écrivait le 10octobre 2011, prenant ses désirs pour des réalités, qu’un «vent d’optimisme» soufflait sur la Côte d’Ivoire. Comme par hasard, l’expression «vent d’optimisme » était reprise le 22 octobre 2011 par Jean François Copé, secrétaire général de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, comme si des «éléments de langage» communs avaient été déterminés. «Drôle d’ambiance à Abidjan: un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas», écrit désormais Libération. Retour à la réalité, donc.

Libération va loin dans sa critique des «barons» des FRCI. Notamment Wattao, «dont le train de vie suscite moult interrogations et qui a débarqué aux séances de formation des Français à bord d’un rutilant Hummer. Un militaire français qui s’est confié à Libération raconte ainsi avoir vu débarquer l’un de ces chefs rebelles, «visiblement analphabète», «avec un scribe qui prenait des notes pour lui». Au-delà de ces anecdotes, ce retour de Libération à la réalité après une décennie de propagande pro-Ouattara signifie-t-il que la presse française est en train de revenir à un traitement plus équilibré de l’actualité ivoirienne? Qui vivra verra.

 

Benjamin Silué

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE