06/06/2012 01:19:00
Nègre c'est mon nom
La Bible averti : «Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans le fils de l'homme, qui ne peut sauver. Son souffle s'en va, il retourne à sa poussière, et, ce même jour, ses desseins s'évanouissent. » Psaumes 146
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«C’est en vain que quelques philanthropes ont essayé de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche. Quelques rares exemples ne suffisent point à prouver l’existence chez eux de grandes capacités intellectuelles. Un fait incontestable et qui domine tous les autres, c’est qu’ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que l’espèce blanche, et comme, dans toute la série animale, l’intelligence est en raison directe des dimensions du cerveau, du nombre et de la profondeur des circonvolutions, ce fait suffit pour prouver la supériorité de l’espèce blanche sur l’espèce noire.

Mais cette supériorité intellectuelle, qui selon nous ne peut être révoquée en doute, donne-t-elle aux blancs le droit de réduire en esclavage la race inférieure ? Non, mille fois non. Si les nègres se rapprochent de certaines espèces animales, par leurs formes anatomiques, par leurs instincts grossiers, ils en diffèrent et se rapprochent des hommes blancs sous d’autres rapports et nous devons en tenir grand compte. Ils sont doués de la parole, et par la parole nous pouvons essayer de les élever jusqu’à nous, certains d’y réussir dans une certaine limite. Du reste, un fait physiologique que nous ne devons jamais oublier, c’est que leur race est susceptible de se mêler à la nôtre, signe sensible et frappant de notre commune nature. Leur infériorité intellectuelle, loin de nous conférer le droit d’abuser de leur faiblesse, nous impose le devoir de les aider et de les protéger. »

Cette tirade signée Pierre Larousse, est tiré de ‘Article Nègre’, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (1872). Malgré les fantasmes barbares de cet auteur, le mot ‘nègre’ exprime aussi d’autres vérités. En littérature, le «nègre» désigne une personne qui écrit pour le compte d'une autre, sans être mentionnée. En des termes plus élégant, c’est un ‘écrivain sous-traitant’, payé pour écrire un livre par une personne qui le signe de son nom.

NègreRegardez autour de vous, de Mendo Ze à Paul Biya, en passant par Ahidjo, existe une longue chaîne de tirailleurs de l’écriture, parfois payés au lance pierre, qui écument autant les rédactions, les éditions, l’antichambre des personnalités et des hommes politiques.

Mongo Beti considérait « le vieux nègre et la médaille » comme « une vantardise des boulou ». Ferdinand Oyono dit-on, portait en dérision le porte plume anonyme de son best seller.

Il faut dire que sous tous les cieux, le ‘négriat’ littéraire se porte bien. On attribue à Pierre Corneille la paternité de certaines œuvres de Molière, comme on a soupçonné Shakespeare d’avoir collaboré avec d’autres dramaturges. Auguste Maquet aurait écrit ‘les Trois Mousquetaires’, à la place d’Alexandre Dumas père. Georges Pompidou aurait été le porte plume du général de Gaulle. Henri Guaino a écrit pour Nicolas Sarkozy; Michel Drucker a signé à la place de Jean-François Kervéan. Michel Poniatowski et Charles Pasqua ont loué les services de Basile de Koch.Si les forçats de la plume ont encore de beaux jours devant eux, qu’en est-il du ‘roi nègre’, terme qui désigne un potentat africain, peu enclin à appliquer les règles de la démocratie libérale, pratiquant la corruption, le clientélisme, le népotisme, les trafics divers et variés ; usant parfois de violences physiques à l'encontre de ses opposants et détracteurs. De ce côté, l’Afrique est servie.

Les rois nègres ont à leur service des créatures payées, soit pour asseoir le pouvoir du prince en donnant des coups de griffes à gauche et à droite, afin de dénoncer ou radicalement supprimer des rivaux, soit pour accompagner le « créateur» dans sa folie douce de devenir dieu à la place de Dieu. C’est ce que Césaire appelait : « les larbins de l'ordre et les hannetons de l'espérance». Ou encore «mauvais gris-gris, punaise de moinillon». Les rois nègres se révèlent généralement d’une dangerosité évidente à travers leurs «créatures» dépersonnalisées qui contribuent à faire de la cité et de ses habitants des individus chloroformées.

Ainsi le pays devient, comme l’écrivait Césaire, une nation zéro, Et dans ce pays inerte, une « foule criarde si étonnamment passée à côté de son cri comme cette ville à côté de son mouvement, de son sens, (…) à côté de son vrai cri, le seul qu'on eût voulu l'entendre crier parce qu'on le sent sien lui seul; parce qu'on le sent habiter en elle dans quelque refuge profond d'ombre et d'orgueil, (…) cette foule à côté de son cri de faim, de misère, de révolte, de haine, cette foule si étrangement bavarde et muette».

Dans ce pays mien, « cette étrange foule qui ne s'entasse pas, ne se mêle pas : habile à découvrir le point de désencastration, de fuite, d'esquive. Cette foule qui ne sait pas faire foule, cette foule, on s'en rend compte, si parfaitement seule sous ce soleil (...) »

La félonie seule sépare les nègres littéraires des «créatures» qui sont tout autant des nègres politiques. Les plumitifs restent à l’ombre des auteurs. Les créatures sont des sangsues robotisées qui s’accrochent à leur créateur, en tirent les dividendes et le poussent à la faute. «Ministres, députés, nous sommes tous des créatures du président Biya. Sans son décret, je ne serais rien. C'est la même chose pour les députés. On ne peut pas être député si l'on n'a pas été investi par le Rdpc qui a été créé par le président Biya.» Ainsi parlait Jacques Fame Ndongo en mars 2010 sur les antennes de Canal 2 International. Cette dévotion délirante est suspecte.

Ossoubita Ebolo d’Asso’otol dit que : «Nous sommes tous des créatures ou des créations du président Paul Biya, c’est à lui que doit revenir toute la gloire dans tout ce que nous faisons. Personne d’entre nous n’est important, nous ne sommes que ses serviteurs, mieux, ses esclaves». Cette profession de foi marque le renoncement total d’un sémillant sémiologue qui renie sa valeur intrinsèque pour devenir la photocopie certifiée non conforme d’un homme intellectuellement frêle.

La Bible averti :

Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans le fils de l'homme, qui ne peut sauver. Son souffle s'en va, il retourne à sa poussière, et, ce même jour, ses desseins s'évanouissent.



- Psaumes 146

Le 6è jour Dieu créa l’homme et entra dans son repos. Malheureusement, le 7è jour, Satan engendra Aujoulat qui engendra Ahidjo et Biya. Par la suite, Ahidjo créa Biya. L’un dans l’autre, Biya créa Fame Ndongo et ses frères de la race du ventre, qui à leur tour récréeront Biya, pour perpétuer la tribu. Comme dans une sorte de quadrature du cercle...

Bon mercredi et à Mercredi

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