06/06/2012 02:52:42
Cameroun. Cavaye Yéguié Djibril tance Marafa Hamidou Yaya
Le président de l’Assemblée nationale invite Marafa à ne plus «distraire» l’opinion...
Le Messager
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Assemblée nationale Yaoundé - Ngoa ekele

Au cours de son discours d’ouverture de la session de juin 2012 du parlement camerounais hier, 5 juin 2012, le président de l’Assemblée nationale (Pan) a invité sans le citer l’ex-ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) à ne plus «distraire» l’opinion en présentant l’opération Epervier comme une épuration politique.

Le président de la chambre basse du parlement camerounais est l’un des rares, sinon le seul à désigner publiquement la campagne « main propre » engagée depuis une dizaine d’années au Cameroun par son nom populaire : « l’opération Epervier». Le Pan l’a fait solennellement hier pour saluer « la montée en puissance » de cette opération. Mais s’est davantage appesanti sur ses derniers développements dans l’actualité. Devant les députés, le gouvernement et quelques membres du corps diplomatique dont les ambassadeurs de France et des Usa, Cavaye Yéguié Djibril a dénoncé avec une rare violence verbale « une tentative de prise en otage de l’opinion nationale» par ceux qui sont aujourd’hui appelés à se justifier sur la gestion des deniers publics dont ils avaient la charge.

A l’écoute de ces propos prononcés vers la fin du discours de l’orateur principal de la cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2012, les députés de la Nation, presque médusés, ont presqu’été incapables d’ovationner le Pan. Alors que le président de la chambre s’attendaient quelque peu à cette marque de soutien. « Eh ! Eh ! Collègues», lâche alors le Pan pour obtenir ces applaudissements qui marquent une adhésion des députés. Une partie de la salle se plie sans véritable enthousiasme au jeu. Il transparaît de cette attitude des députés, non pas un désaveu mais plutôt que la suite du discours de l’orateur en chef est vivement attendu.

Froid glacial

Cavaye Yéguié Djibril ne se fait pas prier non plus. Il assène à nouveau : « Je suis surpris par la fuite en avant, voire l’amalgame orchestrée par certains pris depuis quelques temps dans les serres du redoutable rapace. Ceux-là s’abiment dans des manœuvres tendant à transformer en dossier politique ce qui pourtant aux yeux de tous, relève du droit commun. Elle est intolérable et même grossière, une telle tentative ». Sur le banc du gouvernement c’est un climat quasi glacial. René Sadi qui siège numériquement à la place de Marafa Hamidou Yaya dans le box du gouvernement, scrute curieusement les lustres de l’hémicycle. Amadou Ali retourne indéfiniment le stylo qu’il tient dans sa main droite. Jacques Fame Ndongo regarde droit devant lui, les dix doigts de ses mains croisées. Leurs collègues n’affichent non plus un visage particulièrement expressif en rapport avec le discours que prononce le président du parlement. C’est la chute qui visiblement, est vivement attendue.

Du haut de sa tribune Cavaye Yéguié continue de sonner la charge… un peu comme une réaction aux activités épistolaires les plus récentes d’une victime de l’Epervier, le Pan proclame que « l’Assemblée nationale donne quitus, plus que jamais à ceux qui sont chargés de conduire cette opération, afin qu’ils la poursuivent sans crainte et sans relâche». Un peu craintif de la montée en puissance au sein de l’opinion de l’actuel ennemi n°1 du régime de Yaoundé, le Pan prend à témoin la masse. «Le peuple ne se laissera pas tromper car, la vérité finira toujours par triompher. J’en appelle à la maturité des Camerounais et à leur vigilance pour qu’ils ne se laissent pas distraire des nobles objectifs », adjure-t-il.

Avant d’inviter les députés à aller sensibiliser « les compatriotes » sur les enjeux du combat à mener et sur la nécessité de préserver la paix, car la victoire au bout de l’opération Epervier sera celle de toute le monde. Mais jamais jusqu’à la fin, Cavaye n’aura cité nommément Marafa Hamidou Yaya. N’empêche. Pour les députés rencontrés dans le hall du palais des verres de Ngoa-Ekellé, c’est tout-comme. Le principal destinataire de ce message est bien l’ex-Minatd, le détenu qui agite le sérail par ses lettres ouvertes. Seule la réaction de Paul Biya himself reste désormais attendue. Panique !

Rodrigue N. TONGUE

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