07/06/2012 01:27:18
Frayeur. Des sapeurs pompiers fuient le feu Douala
C’était mercredi 6 juin 2012 au lieu-dit «Ancien Pmuc». Devant l’impuissance des corps habilités à éteindre les flammes, un anonyme,  Guy Mollet,  a écarté le danger. S’érigeant de fait en héros.
Le Messager
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Incendie

C’était mercredi 6 juin 2012 au lieu-dit «Ancien Pmuc». Devant l’impuissance des corps habilités à éteindre les flammes, un anonyme,  Guy Mollet,  a écarté le danger. S’érigeant de fait en héros.

«Jack Bauer» (du nom du célèbre acteur de la série 24h chrono), «le héros», Guy Mollet a bénéficié de tous les compliments  de la population. Une population tétanisée par les flammes qui ont ravagé les installations électriques d’un immeuble au lieu-dit «Ancien Pmuc» à Akwa. Explication, il a été le seul  à «prendre son courage à deux mains» pour rompre les câbles. 

L’incendie se déclare aux alentours de 15h. «Il était 15h15minutes quand la scène a commencé», se souvient Anne, une commerçante du coin. Poursuivant : «Je venais à peine d’installer mes marchandises quand j’ai aperçu des étincelles au niveau des compteurs qui alimentent l’immeuble. Quelques instants après, la fumée.» La peur au ventre, elle se sauve. L’alerte est donnée aux forces de l’ordre par Esther Fotsing, employée dans la société de sérigraphie et d’infographie qui a subi la violence des flammes. «Quand je me suis rendue compte qu’il s’agit d’un incendie, dans ma course, j’ai d’abord composé le numéro des sapeurs pompiers, de Aes Sonel et des policiers.» De tous ces corps, aucune solution ne se dessine. Les plus courageux regardent impuissant les câbles électriques exploser et se consumer. Les gens accourent, se demandant comment faire pour arrêter «le massacre». Les sapeurs pompiers arrivés plus tôt sont incapables d’endiguer la bourrasque des flammes. 

A 15h20minutes, lorsque les interrogations pleuvent, un homme au départ taxé de «suicidaire» par la population se faufile dans la foule, se sert d’une échelle des sapeurs pompiers et grimpe. «Descend de là… Qu’est-ce-qu’il veut faire ? C’est un suicidaire. Va mourir ailleurs», entend-on ça et là.  D’aucuns se cachent le visage. En fait ils sont sidérés de voir un quidam, de ses mains nues, tenir une tenaille pour rompre les fils. Après quelques essais infructueux, pendant que les installations se consument, Guy réussi enfin l’exploit. Il coupe les fils, et du coup, le feu s’arrête. On entend alors des acclamations, des youyous et des «bravo le héros»  qui fusent.

On ne pourra cependant pas lui arracher un mot, modeste dans l’âme, il ira s’enfermer dans un immeuble par la suite.  C’est seulement après cette bravoure, que les soldats du feu sont traités d’ «incapables» par les «spectateurs». Un élément tente d’expliquer cette curieuse pusillanimité  du corps : «Nous n’avons pas pour compétence d’éteindre les feux des installations électriques. C’est du ressort de Aes-Sonel qui n’est toujours pas là».  Pas convainquant.

S’agissant de l’origine de l’incident, «branchement frauduleux, court-circuit, on ne peut rien affirmer pour l’instant », déclare une source policière. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.

Valgadine TONGA (stagiaire)

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