23/04/2009 20:32:51
Musique : Les majors copient les jeunes
A l'exemple de la quinzaine de jeunes artistes locaux qui accusent Sally Nyolo de les avoir spolliés, plusieurs artistes en herbe disent avoir vécu cette situation.
Mutations
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Pour eux, c'était le début de la grande aventure. Lorsque Sally Nyolo leur propose, en 2005 de les enregistrer et de présenter leurs œuvres à des managers occidentaux pour production, Gervais, Gisèle, Ndembezo star, Eddy, Yan, Léonard et américain, tous membres du groupe "The original band of Yaoundé", ne se font pas prier.

Sur les hauteurs du mont Mbankolo à Yaoundé où l'artiste a installé son studio mobile, les jeunes artistes s'installent. Se sont de longs jours de répétition et d'enregistrement qui s'enchaînent. Chacun vient avec au moins deux titres de son répertoire. Finalement, un titre seulement sera retenu par artistes et devrait faire partie d'une compilation que l'artiste présentera à d'éventuels producteurs.

Des contrats sont signés et, en juin 2006, Sally Nyolo revient au Cameroun, précise aux jeunes gens qu'elle leur a trouvé une maison de production en Angleterre : "Riverboat music Uk". Le contrat précise que les modalités des répartitions liées au droit d'auteur et la périodicité. Ainsi, à partir de 20.000 exemplaires vendus, chaque artiste ayant participé à la compilation recevrait 7,96%. Ils auraient dû être informés des ventes tous les quatre mois. Malheureusement, c'est après cet entretien que tout a viré.

"Nous sommes sans nouvelles de Sally depuis juin 2006. C'est par la radio que nous avons appris qu'elle a sorti un nouvel album "Sally Nyolo and the original band". Tous nos titres y sont repris et malgré nos démarches et les emails que lui envoyons, nous n'avons plus de nouvelles d'elle. Nous avons du mal à croire qu'elle nous a floués. C'est terrible", raconte Gervais Manga, un des membres du groupe

Abus
L'album " Sally Nyolo et the original band" sort en 2007 avec 15 titres. Gervais Manga se souvient que : "lors de son passage au Cameroun en juin 2006, elle nous avait montré la pochette de l'album et quand nous nous sommes étonnés de ce que aucun de nous n'y figurait, elle répliqué en expliquant que c'était le choix du producteur qui, pour mieux vendre préférait la mettre en avant puisqu'elle s'est déjà fait un nom qui vend." Débordés, ces jeunes gens ont décidé de porter plainte à l'artiste dont ils n'entendent plus que parler via les média. "Vous vous doutez que nous étions loin de penser, vu son statut et la réputation qu'elle a, qu'elle avait l'intention de nous flouer", murmure Bibi Stéphane, jeune artiste qui se dit également abusée par Sally Nyolo.

Des cas comme ceux-là, bien qu'on ne les évoque pas toujours et que des arrangements à l'amiable sont trouvés, sont légion dans les milieux du show-business au Cameroun. Et Tony Ngon, opérateur culturel se souvient de ce que, en 2007 "lors de la sortie de "le jour du jugement", l'album de Ronz, mais surtout de son titre phare, une affaire similaire a été évoquée".

A cette époque en effet, le jeune cousin de l'artiste l'a accusé d'avoir "détourné" son œuvre. "Le jeune homme, se souvient Tony Ngon, qui est en effet son jeune cousin lui a confié la maquette de son album qui comprenait ce titre. Ronz a rassuré le jeune homme en lui disant qu'il lui trouverait un producteur. Quelques temps plus tard, le jeune homme était totalement éberlué d'écouter sa chanson chantée par Ronz. Une action a été engagée à la Cmc à l'époque et, c'est après plusieurs échanges que l'affaire a été étouffée et que le jeune homme ait accepté de se calmer", raconte Tony Ngon.

Sur un plan purement local, des désaccords ont tout aussi été perçus entre artistes. C´est le cas du vieux briscard Jean Bikoko Aladin, qui, selon sa version des faits, est le véritable "père" de la chanson "Dibena", qu´il aurait cédée à "son petit frère" au cours d´un séjour parisien. Dans l´opinion populaire pourtant, "Dibena" est incontestablement l´œuvre de Toto Guillaume. Dans les années 80, lorsque l´album de ce dernier est mis sur le marché du disque, aucune mention n´est d´ailleurs faite sur la pochette, en référence à Jean Bikoko. Conséquence de cette mésentente, la chanson est reprise quelques années après, au rythme de l´assiko, par son concepteur présumé. Toguy n´en fera aucun problème.

Dorine Ekwe

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