07/06/2012 01:43:59
Africains et François Hollande ou l'infantilisation chronique d'une élite inconséquente et extravertie(suite)
Entre coopération et développement, un piège à nègres.
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François Hollande et Africains

B - Traditions de dépendance et de vassalisation

Bolloré a été reçu en grande pompe, présenté à la presse, adulé, courtisé et embelli par des commentaires qui l'ont fait Dieu par ici. On en oublie, ou on feint de ne pas connaître, que nous sommes avec ce monsieur, en présence d'un des premiers fossoyeurs de l'économie du pays.

Son groupe est responsable d'évasions fiscales énormes, de trafics dans les droits de douane qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards annuellement, de méthodes de corruption et d'intimidation qui font trembler tous les magistrats. Personne n'en dira mot, et il vaut mieux, selon l'adage des sectes et des réseaux au pouvoir, ne pas s'en intéresser sous peine de vivre un calvaire sans nom voire de disparaître sans laisser de traces.

Comment ne pas y voir, une tradition d'esclaves éternellement voués à solliciter et à implorer la chicotte du maître blanc? Comment expliquera-t-on que l'investisseur et milliardaire nigérian Dangoté, n'ait pas été reçu par le chef de l'Etat camerounais, le même qui a pourtant reçu Bolloré avec des fleurs spéciales, comme s'il avait inventé la boussole? On a prétendu ici l'indisponibilité du roi, renvoyant donc la dignité et la respectabilité du frère nègre Nigérian à une seconde zone. C'est qu'à Yaoundé, on croit et on veut qu'il en soit ainsi pour l'éternité, que l'on tient son pouvoir de Paris et que l'on cultive la longévité par la protection absolue et permanente des intérêts des réseaux d'exploitation impérialistes dont les Bolloré et autres tiennent la manivelle et le volent.

Le diable de la bêtise et de la soumission habite finalement l'intelligence étroite de tous les Africains colonisés par la France. Ce qui se voit dans les colonies françaises est inconcevable dans les colonies anglaises. Le petit Rwanda à côté à beau être sous la coupe d'une autre dictature, ses dirigeants magnifient une dignité et un sens des rapports des forces, qui suscitent de l'admiration tout court. Paris a depuis des temps lointains, refusé de reconnaître les crimes coloniaux et de s'en excuser. Dans ces conditions, les dirigeants algériens ont mis le véto, et ont décidé qu'il n'y aura jamais de traité de coopération et de relations normales, tant que les choses en seront ainsi. C'est ici un art de la juste promotion et de la légitime protection de véritables intérêts nationaux ainsi que des valeurs référentielles souveraines. Sur quelles bases compréhensibles, un leader politique ou un intellectuel africain au sud du Sahara, congolais, camerounais ou sénégalais, se prend à construire un rêve de bonheur sur l'élection de François Hollande, ou de tout autre président français?

Ni dans les salons, ni dans les rues, ni dans les marchés de là-bas, on a entendu quelqu'un se préoccuper d'une relation qui existerait de façon aussi émotionnelle, avec l'Afrique. On a cru d'ailleurs comprendre que les débats entre les candidats n'en n'avaient pas fait cas. Le paradoxe est à ce niveau, entre des sous fifres perdus dans les tropiques qui scrutent l'avenir en implorant la pitié du blanc de Paris, et l'indifférence prouvée et éprouvée des blancs en général, qui, à la limite ne comprennent plus ou pas pourquoi des gens qui ont été si brimés, trompés, oppressés et humiliés, ne sont toujours pas capables, des siècles après l'abolition officielle de l'esclavage, des décennies après la création de l'organisation des nations unies, de se prendre en charge pour conduire leur destin librement, y compris en livrant toutes les guerres et en consentant tous les sacrifices nécessaires à cette fin.

C – Entre coopération et développement, un piège à nègres

A paris, Londres, Washington ou Bruxelles, les maîtres du monde, propriétaires des canons les plus cruels, dépositaires des meilleurs trésors de l’esclavage, gardiens des trophées de l’impérialisme et du colonialisme, ne se font aucun souci sur l’état mental de leurs sujets d’hier et d’aujourd’hui. Il suffit, ils ne le savent que trop, d’un jeu de mots, pour semer joies et excitations stériles dans les chaumières de Dakar, Douala et Brazzaville.

Avec la coopération, on était presque conquis mais encore un peu hésitant voire douteux. Et avec le développement de Hollande, c’est encore mieux et on célèbrera sans limites, ce qui apparaît pour tous illettrés de la géopolitique des intérêts des Etats nations et des peuples, comme un changement. Que n’a-t-on pas entendu de la bouche des supposés analystes, observateurs, et homme dit de la rue en Afrique ? On a vite oublié que l’autre président socialiste, monsieur François Mitterrand, fit mieux dans le genre verbeux et romantique pour  susciter les folklores et les tam-tams joyeux.

En fait, Cancun, La Baule, scènes de grandes déclarations, de prononciations et de déclarations sur les relations franco-africaines et sur la nouvelle éthique de coopération et de développement, est loin derrière nous. Tout le monde sait pourtant comment les choses se sont passées immédiatement après : licenciement sans ménagement d’un ministre de la coopération, le professeur de relations internationales Jean Pierre Cot, qui s’était trop aventuré dans la critique des relais et des suppôts du néocolonialisme ; le règle des mallettes ; les honneurs au dictateur Mobutu reçu en grande pompe sur les champs Elysées comme invité d’honneur un 14 juillet, moins de trois ans avant sa chute ; l’envahissement des palais africains par un petit commis de son père du nom de Jean Christophe Mitterrand ; la perpétuation de tout le mal, de tous les maux, de toutes les tares et de toutes les humiliations au préjudice des Africains.

A suivre...

Dr Shanda Tomne

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