10/06/2012 07:33:34
Calixthe Beyala. Pourquoi Ouattara tente de salir mon nom
Les desseins inavoués d’un régime fébrile. La résistance panafricaine en ligne de mire...
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Calixte Beyala

Le parquet ivoirien a inculpé hier vendredi l’écrivaine franco-camerounaise, Calixte Beyala dans le cadre de ses enquêtes sur les infractions à caractère économique qu’aurait commis le régime de Laurent Gbagbo.

Faut-il croire que le régime Ouattara, progressivement isolé depuis la chute de Nicolas Sarkozy, fait désormais feu de tout bois et veut discréditer ceux qui, à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, portent une voix dissidente de la sienne ? En tout cas, le Parquet d’Abidjan, dans un communiqué publié hier, a annoncé que «le juge d’instruction vient de transmettre une commission rogatoire destinée aux autorités judiciaires françaises aux fins de l’inculpation de dame Calixthe Beyala pour des faits de recel de fonds volés ou détournés et de blanchiment de capitaux».

En quoi consistent donc ces faits ? «Les résultats partiels d’investigations menées dans des banques de la place révèlent que les 14, 15 et 17 décembre 2010, c’est-à-dire en pleine crise postélectorale, cette femme a perçu, sur ordre de Mme Appiah née Ehouman Bertine, fille de madame Simone Gbagbo, les sommes respectives de 49 941 830 FCFA, 6 697 044 FCFA, 39 692 264 FCFA et 39 692 264 FCFA, soit la somme totale de 134 471 185 FCFA, équivalant à 205 000 euros, pour le règlement de prétendus «droits d’auteur»».

A la lecture de ces accusations, Le Nouveau Courrier a joint l’écrivain  franco-camerounaise pour avoir sa version des faits. Si elle n’a pas voulu entrer dans le fond du dossier avant d’avoir plus d’informations sur des allégations qui lui sont parvenues uniquement par voie de presse, elle affirme d’ores et déjà que cette attaque judiciaire – qui a, selon des experts en droit, peu de chances d’aller au-delà de la tentative de discrédit – est de nature fondamentalement politique. «J’ai fait beaucoup de mal à Ouattara. Ouattara dit que je suis en train d’organiser la révolution contre lui. Ouattara dit que je vais organiser les Ivoiriens pour le renverser, alors que je n’en ai pas les moyens. Donc, il me cherche les poux sur la tête. Il veut se venger. Je n’ai rien à voir avec tout cela. J’attends leur commission rogatoire. Si elle est recevable en France ! Parce que je n’ai jamais rien traficoté avec les comptes de la Côte d’Ivoire !», nous a-t-elle confié.

Philippe Brou

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