11/06/2012 02:18:24
L'opposition syrienne appelle les piliers du régime à faire défection
Le nouveau chef de l'opposition syrienne a appelé dimanche les responsables du pouvoir en Syrie, où les violences ont fait au moins 171 morts ce week-end, à faire défection, estimant que le régime touchait « à sa fin».
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Conseil National Syrien

Le nouveau chef de l'opposition syrienne a appelé dimanche les responsables du pouvoir en Syrie, où les violences ont fait au moins 171 morts ce week-end, à faire défection, estimant que le régime touchait « à sa fin».

L'Armée syrienne libre (ASL), qui fait subir des pertes de plus en plus lourdes aux troupes du régime de Bachar al-Assad, a également appelé la population à la désobéissance civile et pressé les militaires "qui n'ont pas du sang sur les mains" à déserter l'armée.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a élu à sa tête le Kurde Abdel Basset Sayda, exilé de longue date en Suède qui, malgré son manque de notoriété, a fait le consensus autour de sa personnalité modérée. Il succède à Burhan Ghalioun, critiqué pour avoir permis l'hégémonie des Frères musulmans au sein du CNS et pour le manque de coordination avec les militants sur le terrain.

"Nous appelons tous les officiels du régime et dans les institutions à faire défection", a déclaré M. Sayda lors d'une conférence de presse à Istanbul, appelant par ailleurs les Syriens dans le monde entier à manifester.

Se voulant rassurant au moment où les dissensions confessionnelles en Syrie notamment entre sunnites (majorité) et alaouites (minorité au pouvoir) se font sentir plus que jamais, il a affirmé qu'"il n'y aurait pas de discriminations basées sur le sexe ou l'appartenance à des communautés" et que "la Syrie nouvelle sera un état démocratique".

"Nous entrons dans une phase sensible. Le régime touche à sa fin. Les massacres qui se multiplient et les pilonnages montrent qu'il se débat", avait-il déclaré auparavant à l'AFP. Selon lui, "le régime a perdu le contrô le de Damas et d'autres villes".

Les combats se sont récemment intensifiés dans la capitale, qui reste cependant la ville la mieux protégée par les forces du régime.

M. Sayda a précisé qu'il oeuvrerait pour que le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan "soit inclus sous le chapitre VII" de la charte de l'ONU, ce qui permettrait des sanctions économiques, voire un usage de la force.

La Russie et la Chine sont farouchement opposées à toute condamnation du régime de Damas et à tout recours à la force. Tout en campant sur ses positions, Moscou a toutefois affirmé cette semaine qu'il verrait d'un bon oeil Bachar al-Assad quitter le pouvoir "si les Syriens eux-mêmes tombent d'accord sur ce point".

Fin mars, la plupart des opposants avaient reconnu le CNS comme le "représentant formel" du peuple syrien, et en avril, les "Amis du peuple syrien" l'avaient qualifié de "représentant légitime de tous les Syriens".

Le CNS a été critiqué pour le manque de soutien financier et militaire apporté à l'ASL, au risque qu'elle se tourne vers des groupes jihadistes ou étrangers. Un journal koweïtien a d'ailleurs rapporté dimanche que des dizaines de Koweïtiens combattaient aux cô tés de l'ASL, évoquant également la présence en Syrie d'importants groupes de combattants originaires d'Arabie saoudite, d'Algérie et du Pakistan.

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