12/06/2012 03:08:13
Belinga Eboutou parle au peuple, mais où est passé Paul Biya ?
Directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou a signé récemment, en lieu et place du président ou de la République du Premier ministre, une étonnante lettre aux accents républicains intitulée « la politique du Cameroun émergent » qui sans l’air d’y toucher, s’adresse aux ministres... Que se passe t-il à Etoudi ? En mal de dauphins, le Cameroun a-t-il trouvé l’oiseau rare ?
Le Messager
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Directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou est chargé selon la réglementation : « du Protocole d’Etat ; de la communication du président de la République ; des affaires réservées ». Pourtant il a signé récemment, en lieu et place du président ou de la République du Premier ministre, une étonnante lettre aux accents républicains intitulée « la politique du Cameroun émergent » qui sans l’air d’y toucher, s’adresse aux ministres. Que se passe t-il à Etoudi ? En mal de dauphins, le Cameroun a-t-il trouvé l’oiseau rare ?
 
Titus Edzoa s’en mord aujourd’hui les doigts dans une caserne militaire où il est emmuré vivant. Marafa Hamidou Yaya a été limogé et a très mal pris d’être en plus jeté en prison. Alors, pour le moment, est judiciairement sans crime, il a sorti sa plume pour crier sa vengeance depuis sa cellule de prisonnier. Entre les deux, le boulevard des allongés et les placards de la République sont pleins de ceux qui, attirés par la brillance du soleil, amis ou adversaires, se sont brulés les doigts au contact de l’astre du prince. Biya est-il désormais un homme seul ? On dirait qu’il se claquemure dans un silence qui en dit long sur le coup de pied de l’âne assené par Marafa Hamidou Yaya et, sans personne pour relever le défi lancé par un prisonnier pas comme les autres, rayé de la liste des dauphins (?), et qui s’ébroue comme un beau diable pour ne pas rester dans les tiroirs de l’oubli.

La gestion de l’affaire Marafa prouve à suffisance que parmi ses proches, s’ils ne sont pas tétanisés de peur, peu sont intéressés pour défendre le président. Ou manquent du répondant face à la déferlante épistolaire. Issa Tchiroma bafouille et aura du mal à se dépêtrer d’un scandale qui frappe à sa porte. Anderson Le et Fame Ndongo manquent d’étoffe. Ils n’ont ni le talent cynique d’un Kontchou Kouomegne ni la faconde philosophique d’un Njoh Mouelle.

Et puis, déstabilisés dans leurs certitudes, peu comptables de la dérive carcérale du vieux lion, ils ne sont pas nombreux, ceux qui peuvent se targuer d’être les hommes du président. Le dernier carré se réduit comme une peau de chagrin. Mebe Ngo’o, René Sadi, Fouman Akame, Laurent Esso constituent la garde politique rapprochée d’un dirigeant qui « enterre » ses amis ou les met à l’ombre. On n’est même plus certains que le dauphin sortira de ce cercle. René Sadi a longtemps été exposé au soleil pour ne pas subir les contrecoups de cette position. Mebe Ngo’o préférerait se faire oublier quelques temps, face à la montée des périls. Laurent Esso a une capacité d’immobilisme qui n’en fera pas le leader de demain. Quant à Fouman Akame, l’ombre lui sied bien. Nul doute qu’il préfère y rester.

Haut responsable

Qui alors pour défendre le président ? Pendant qu’on se posait la question, quelqu’un a levé son petit doigt. On l’avait oublié celui-là. Il a levé le petit doigt pour prendre la parole comme un grand, et détourner l’opinion publique du terrain où Marafa Hamidou Yaya veut faire jouer le régime. Belinga Eboutou que l’on feint d’oublier trop souvent est un pion important dans l’échiquier présidentiel.

Quand il a fallu convoquer Marafa Hamidou Yaya, alors tout puissant ministre d’Etat, pour sonder ses intentions présidentielles, c’est Belinga Eboutou qui a été chargé de le faire. Face à une communication gouvernementale en panne, c’est encore lui qui se met aujourd’hui au devant de la scène, signant de son nom, la lettre chargée de reposer la balle à terre et de remettre les ministres dans l’expectative, au travail.

Pourtant, si l’on en croit le site présidentiel, Le directeur du Cabinet Civil est chargé : « du Protocole d’Etat ; de la Communication du Président de la République ; des Affaires Réservées ». Point ! Il n’est pas encore président de la République et n’est pas du tout le Premier ministre à qui, il envoie des injonctions. A quel titre parle-t-il alors aux ministres sans préciser que c’est sur instruction de la « très haute hiérarchie », selon la formule consacrée ? « Le pays tout entier est entré dans une ère de changements. Ecrit-il. Changements dans les conduites managériales, changements dans les comportements.  Chaque responsable à l’obligation de produire les résultats attendus de son secteur d’activité. Pour vaincre l’immobilisme tant décrié et dont le Cameroun est victime, le président de la République demande désormais à chaque haut responsable de l’Etat de mettre en pratique, une méthode de travail où l’efficacité et la rapidité doivent être de rigueur ».

Le directeur du cabinet civil a-t-il pu écrire cette lettre aux accents républicains sans l’aval du président ? « Le gouvernement a été mis en mission, pour l’atteinte des objectifs assignés à travers ses feuilles de route qui seront évaluées en août 2012. Tous les Camerounais de l’intérieur et ceux vivant à l’étranger sont appelés à tourner le dos à l’attentisme, afin que chacune et chacun se mobilise, par son comportement et la qualité de son travail, à la réussite des grandes réalisations ».

Assurément quelque chose se passe à Etoudi. Belinga parle à la place de Biya et ignore Yang Philémon ? Mais où est le secrétaire général de la présidence ? Où est donc le président de la République ?

Edouard Kingue

Dernière heure. Vers l’ouverture d’une enquête parlementaire

Alors que nous mettions sous presse, nous avons appris de sources dignes de foi que la demande d’ouverture d’une commission parlementaire, formulée par le Sdf, au sujet du crash du Boeing 737-200 de la défunte Camair le 3 décembre 1995, a été jugée recevable par la conférence des présidents.

«Le dossier, apprend-on, sera étudié en commission». Rappelons à propos que  les députés du Social Democratic Front (L'honorable Joseph Mbah Ndam et les membres du groupe parlementaire du Sdf) à l'Assemblée nationale, avaient commis une correspondance à destination du président de l’Assemblée nationale. Entre autre point saillant, ils voulaient la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour en savoir plus, sur la non indemnisation des soixante onze victimes du crash du Boeing 737-200 de la défunte Camair.

Cette demande du Sdf faisait suite à une lettre ouverte du ministre d'État, Marafa Hamidou Yaya écrite à partir de la prison de Kondengui, de laquelle il a été transféré pour la prison secondaire au Secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie (sed) où il se trouve actuellement, adressée au président de la République. Nous y reviendrons…

 

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