14/06/2012 02:22:41
Ouattara déclare la guerre à sa milice burkinabè
Depuis quelques temps l’ouest du pays est en proie à une tension, suite aux récurrentes attaques contre des cibles militaires, dont la dernière, reste l’embuscade de Taï ayant causé l’assassinat de sept casques bleus et des éléments Frci. Le régime Ouattara a décidé de sortir les armes lourdes contre cette nouvelle forme d’agression.
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Milice Dozo, Côte d'Ivoire

Depuis quelques temps l’ouest du pays est en proie à une tension, suite aux récurrentes attaques contre des cibles militaires, dont la dernière, reste l’embuscade de Taï ayant causé l’assassinat de sept casques bleus et des éléments Frci. Le régime Ouattara a décidé de sortir les armes lourdes contre cette nouvelle forme d’agression.

L’ouest ivoirien est instable depuis environ un an, à cause surtout du fait que cohabitent plusieurs forces armées y compris des bandes armées. A côté des forces traditionnelles que sont les Frci, l’Onuci, la gendarmerie et la police, le régime Ouattara a toujours bénéficié du soutien de forces paramilitaires, dont les milices dozos et burkinabè (dont l’une dirigée par le tristement célèbre Amadé Ouérémi).

Si les attaques à l’ouest et notamment dans la région de Taï sont systématiquement attribuées par le régime Ouattara à des miliciens – imaginaires – pro-Gbagbo sans enquêtes préalables, les populations ainsi que certaines sources militaires indexent plutôt la milice burkinabè pro-Ouattara, commandée par Amadé Ouérémi, dont la base est établie dans la forêt du Mont Péko (Duekoué).

Mais qui a des velléités d’extension de son «territoire» de prédilection jusqu’à la lisière de frontière ivoiro-libérienne. En tout cas, selon des informations en notre possession, la région de Taï fait partie des zones «administrées» par les éléments de Amadé Ouérémi, à cause de la richesse de cette région. Plusieurs fois, les hommes de ce chef milicien pro-Ouattara ont eu maille à partir avec les éléments des Frci en faction dans la région. Taï est une région où on retrouve beaucoup d’allogènes burkinabè et pour Amadé, il est de son devoir de «protéger» ses frères du racket des Frci.

A la tête d’au moins un demi-millier d’éléments et puissamment armés, Amadé Ouerémi fait la pluie et le beau temps dans la région de l’ouest au vu et au su des autorités ivoiriennes et de l’Onuci. C’est l’attaque des soldats nigériens des casques bleus qui va mettre en branle aussi bien le régime Ouattara que l’Onuci qui se rendent à l’évidence du grave danger que constitue cette milice burkinabé. Et depuis quelques temps, des manoeuvres militaires sont faites dans le but d’«aller en guerre contre ce groupe armé» qu’on rebaptise officiellement «miliciens pro-Gbagbo», pour ne pas choquer l’opinion nationale et internationale.

Aussi bien l’Onuci que les Frci ont sorti l’artillerie lourde pour faire la guerre à ces «groupes armés» qui sévissent à l’ouest. Dans la nuit du lundi à hier mardi, des  affrontements ont opposé les Frci à des hommes armés dans la région de Taï. C’est le début de l’offensive, dit-on contre ces «bandes armées».

Un commandant FRCI tué à Sakré hier

Le Caporal Coulibaly, commandant des Frci de Sakré, non loin de la frontière  ivoiro-libérienne, dans la région de Taï, a été tué hier dans des affrontements avec un groupe armé non identifié, selon des Frci rencontrés à Tai. D’autres sources évoquent plutôt des rixes entre militaires.

Ces derniers, selon des habitants de Tai, Amadé et sa bande veulent créer une situation d'insécurité comme ils l'ont fait au mont Péko pour contrôler les forêts de la zone. Depuis septembre dernier, faut-il le rappeler, des éléments du chef milicien pro-Ouattara ont chassé les autochtones Oubis de leurs villages. Vraisemblablement, le régime Ouattara semble s’être engagé à démanteler sa milice qui sème la terreur dans l’ouest du pays.

Gérard Koné

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