15/06/2012 01:31:36
Cameroun : Cela finira mal, mais cela finira-t-il par une alternance ?
Le combat que se livre les frères siamois aujourd’hui à coup de pub dans la presse n’est plus un mystère pour aucun d’entre nous même si nous penons à trouver un espace de vie pour une autre proposition dans ce duel !
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Cameroun : Cela finira mal, mais cela finira-t-il par une alternance ? Il se passe des choses au Cameroun avec la surexposition de la nudité en politique comme pour célébrer le roi nu donc déshonoré ! Cela est presque mortifère ! Le combat que se livre les frères siamois aujourd’hui à coup de pub dans la presse n’est plus un mystère pour aucun d’entre nous même si nous penons à trouver un espace de vie pour une autre proposition dans ce duel !

Ce n’est pas faute d’avoir des idées et des propositions ! Il serait long de faire un cours dessus à cette heure de la matinée mais osons une question. Cela finira-t-il par une alternance ? C’est là le mystère… de la vie politique et surtout du peuple et certainement moins des hommes politiques de notre pays.

Mais osons un regard ! Pour réussir l’alternance, il faudrait que la rénovation de la vie politique dans notre pays ne soit ni une confusion, ni une imitation, mais une invention. Et je n’en vois guère venir. Je ne mangerai pas aux deux tables dressées pour les convives de minuit, ni pour ceux de la presse !

La politique au Cameroun doit cesser d’être une affaire de fonctionnaire voilà pourquoi ceux et celles qui voient en René Emmanuel Sadi le futur président du Cameroun parce qu’héritant son fauteuil présidentiel de son camarade tout aussi fonctionnaire que lui se trompent. Je ne pense pas non plus qu’une force viendra de l’extérieur dans une espèce d’énergie d’emprunt pour sauver des millions de Camerounais sonnés K.O et qui regardent un peu goguenards le ciel voila pourquoi je ne sais pas ce que s’est qu’un Conseil National de la Résistance avec son contre-gouvernement !

Non je n’irai pas dîner dans à la table de toutes ces lettres à vent et à contre vent ! Pourquoi ? Je ne nie pas l’intérêt de ces démarches, la qualité de ceux qui les lancent, le rôle qu’ils peuvent, comme d’autres, jouer à l’avenir. Mais la re-fondation de notre pays ne peut se résumer à un changement de génération –si nécessaire fût-il, il ne suffit pas- ou à une adhésion à un charisme –quel qu’il soit au demeurant. Elle suppose du travail, de l’audace, un mouvement collectif, une discipline retrouvée. C’est cela qui m’intéresse, c’est à cela que je veux me consacrer. Avec tous et sans à priori.

L’histoire, en réalité, est simple. Elle met en scène d’un côté un Président habile, bon connaisseur des faiblesses de la nature humaine, et de l’autre des hommes qui, pour diverses raisons – le temps qui passe, le goût des honneurs, l’ambiguïté idéologique, une vraie séduction politique – ont voulu, pour des raisons que nous ignorons tous participer à un match dont ils ne connaissent pas les règles.

Les résultats sont là visibles et perceptibles pour tous et les 30 ans derrière nous ne nous rajeunissent pas, chacun peut alors faire un billant sans s’enfermer dans le passé ni le passif ! Le faire va servir celui qui tient les cordons du pouvoir, qui a droit de vie et de mort sur tous mais au final, cela ne les grandit pas ; Je parle de ceux et celles qui ont participé à ce match sans règle connue ! cela prive aussi le monde de la pensée camerounaise, oui monde qui existe d’une part de son legs historique, autrefois porté par Engelbert Mveng, Jean-Marc Ela, Basile Fouda, Bernard Fonlon, Vroumsia Tchinaye, Ernest Ouandie, mais pas de ses forces vives.

Il y a une nouvelle classe d’hommes et de femmes qui travaillent, se mobilisent, Jean-Pierre Bekolo, Ludovic Lado, Claude Abé, Alain Fogué, Alain Mbe, etc. Il revient à notre pays de savoir valoriser cette nouvelle classe, de la mobiliser afin qu’elle soit sur la ligne de départ pour l’alternance. Si notre pays le fait, si le peuple le veut, assez rapidement nous oublierons collectivement les titres de journaux indécents au regard et impropres à la consommation de l’esprit, oui rapidement tout cela sera oublié.

Il n’y a pas d’héritage à préserver mais une alternance à construire !

Les différents états-majors des va-t-en guerre se trompe chaque fois qu’ils pensent qu’il y a un héritage à sauver, à préserver au regard de la jeunesse de notre pays et des erreurs du passé qui pèsent plus sur la balance que tout autre chose. Pour le comprendre et l’assumer, il nous faut créer un nouvel état d’esprit citoyen et patriotique, nous devons nous mettre dans une autre école, celle du dialogue social et politique, nous devons apprendre et assimiler à échanger sans a priori, ni arrière pensées ; nous devons, sans cesse re-rechercher des convergences sans abolir nos différences.

C’est de cette démarche, et d’aucune autre, que peut ressortir la clarification, émerger la majorité réformiste dont le peuple a besoin. Troisième objectif, enfin, engager la ré-novation de nos idées. Il y a tant à faire même si, contrairement à Alain Fogué – et je le lui dirai – je ne crois pas à la « tabula rasa », à la table rase : définir et dessiner le Cameroun du 21e siècle, trouver notre voie dans la mondialisation, re-lancer le rêve camerounaise, réconcilier l’individu et le collectif, l’économie et le social, la liberté et l’ordre. Qui doit le faire à notre place ?

Voilà pourquoi j’invite sans cesse à commencer à mettre en place un état d’esprit et une réflexion. Mettons sur pied des « fringe meetings » je voudrais me rendre actif avec vous. Je regarde notre pays avec optimisme, je n’ai jamais supporté le pessimisme ambiant, qui conduit à la résignation face à une sorte de fatalité rendue visible par le combat que se livre les frères siamois sur la scène politique camerounaise. Refusons collectivement de céder à l’égoïsme généralisé, ce n’est pas la place de l’intellectuel, refusons le dé-nigrement systématique. Que le Cameroun se ressaisisse : Il a dans ses rangs assez de talents pour ça. C’est possible, j’en suis sûr, ça ne dépend que de nous.

Dr Vincent-Sosthène FOUDA Socio-politologue

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