15/06/2012 19:27:21
Entre l'Élysée et la prison il n'y a qu'un pas
L’ex-président Nicolas Sarkozy est menacé de poursuites judiciaires dans le cadre de plusieurs affaires simultanément. La justice peut le reconnaître coupable de réception de pots-de-vins se chiffrant à plusieurs millions d’euros sur des contrats militaires et de sponsorisation illégale de sa campagne électorale, les chefs d’accusation qui pourraient lui valoir jusqu’à 5 ans de prison.
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Sarkozy rejette toutes les charges avancées contre lui au moment où son immunité présidentielle expire le 15 juin.

L’accusation de dispose pas ou presque de preuves directes contre Sarkozy, fait ressortir Iouri Roubinski qui dirige le Centre d’études françaises de l’Institut de l’Europe:

« Il n’existe aucune preuve directe dans les deux cas. L’ex-président est pour le moment mis en cause comme témoin et non pas comme inculpé mais son procès aura certainement lieu si on découvre le pot aux roses. L’exemple de Chirac condamné à 2 ans en dit long à ce sujet. En effet, le chef de l’État est dans le collimateur de la justice et à l’expiration de son immunité, il redevient un citoyen comme un autre. Dans le cas de Sarkozy, il n’y aura point de tentative de se venger sur lui ou d’empêcher son retour sur la scène politique et je pense que ces inculpations seront examinées sur le fond ».

L’exemple de Chirac que le tribunal a reconnu coupable de corruption n’est pas tout à fait correct, font valoir d’autres experts. Il a quand même été condamné avec sursis. La pratique politique en France montre que Sarkozy évitera le plus vraisemblablement les poursuites judiciaires, estime Kira Zoueva, expert de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales:

« La pratique des inculpations de ce genre se ramène le plus souvent à la condamnation et Sarkozy ne risque pas d’encourir une peine d’emprisonnement ferme malgré les chefs d’accusations assez sérieux avancés contre lui. C’est un politicien très habile et il pourra s’en tirer d’une façon ou d’une autre. Il me semble que tout va s’arrêter au stade des rumeurs et des condamnations verbales ».

Sarko, comme les Français appellent l’ex-président, risque d’être mis en cause dans le cadre de deux autres affaires sensibles. C’est ainsi que le parquet a l’intention de vérifier les déclarations sur le financement de sa campagne électorale faites par le leader libyen Mouammar Kadhafi. C’est le fils du leader assassiné de la Jamahirya libyenne qui a déclaré en 2007 que Kadhafi aurait financé la campagne électorale de Sarkozy. L’ex-président est également accusé d’utiliser les fonds publics à des fins personnelles. En 2010-2012, il aurait commandité des dizaines d’enquêtes sociologiques pour plus de 2 millions d’euros. Le financement se faisait par le budget dans la rubique « campagne électorale » bien que ce soit interdit légalement.  /G.

 

Alexandra Dibizheva, Polina Tchernitsa

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