17/06/2012 05:42:11
Affaire du bébé volé de Vanessa Tchatchou: J'accuse Paul Biya
L’affaire Vanessa ne fait que commencer. L’injustice et la violation des droits des laissés-pour-compte ont atteint un tel degré de cruauté qu’il est désormais clair que la peur a changé de camp...
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Nous sommes au Cameroun...Une fille mère sans ressources, un hôpital qui laisse s’échapper son nouveau-né, une enquête tardive et biaisée des autorités murées dans leur silence. un vaste réseau de trafic de nouveau-nés mis en place et entretenu par des personnalités de la république connues de tous et en toute impunité...Ce sont les ingrédients du fait divers qui tient en haleine les Camerounais depuis bientôt onze mois dans ce pays voisin du Tchad.

Ils sont assurément très peu nombreux , ceux-là qui auraient imaginé que l’affaire du bébé volé de Vanessa Tchatchou, serait à ce jour sans issue, ou pire, qu’elle ne susciterait plus l’intérêt des médias nationaux et internationaux . Tellement la pression était forte sur le régime de Yaoundé, exercée par un peuple camerounais debout comme un seul homme , qui en avait mare de ces enquêtes qu’on ne mène pas, ou qui n’aboutissent jamais, mare de ces affaires rocambolesques de vol de bébés, qui cachaient jusqu’ici une réalité bien plus perverse, le trafic des organes et des enfants.

Désormais le drame de Vanessa Tchatchou, qui a accouché fin août d’une petite fille disparue quelques heures après sa naissance à l’hôpital, prend un tour mondial.

Le chef de l’État camerounais sait qu'il existe à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique de Ngousso, comme dans presque tous les établissements hospitaliers du pays, un vaste trafic de bébés au bénéfice de familles aisées ; le bébé de Vanessa Tchatchou a bel et bien été volé ; après une fausse adoption impliquant les dirigeants de l’Hôpital, les responsables du Ministère des Affaires Sociales, des commissaires de police et des magistrats, l’enfant de Vanessa a été remis à une magistrate exerçant dans la localité de Mfou


Paul Biya sait également qu'au-delà du terrible réseau de trafic d’organes et de vols de bébés au profit des personnes nanties que cette affaire permettait de mettre à nu, l’image saisissante d’une enfant-mère déterminée, en proie à la férocité d’un système en faillite, représentait la parfaite allégorie de la condition de chaque camerounais aujourd’hui.

Avec cette affaire du trafic des nouveaux-nés au Cameroun, pouvons-nous garder l'espoir que la justice remettra le bébé de Vanessa Tchatchou ? combien de décennies  faudra-t-il pour parvenir  cette issue quasi improbable ? .Pour reprendre Marafat Hamidou Yaya dans sa troisième lettre adressée récemment à Paul Biya, " la justice camerounaise est faite pour certaines élites"... Une manière de dire que le Cameroun fonctionne avec une justice corrompue...

J'accuse Paul Biya car, en tant que garant de la constitution, il aurait dû demander à la justice camerounaise de faire prévaloir le droit afin que les responsables de ce trafic d’êtres humains soient sanctionnés conformément à la loi, mais surtout et avant tout, que le bébé de Vanessa lui soit restitué.

L’affaire Vanessa ne fait que commencer. Quelque soit l’issue que BIYA donnera à cette affaire, le pouvoir doit considérer qu’il est en danger. L’injustice et la violation des droits des laissés-pour-compte ont atteint un tel degré de cruauté qu’il est désormais clair que la peur a changé de camp.

Le Cameroun étant signataire de la plupart des instruments internationaux spécialisés, notamment la déclaration universelle des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la convention de l’Unicef sur les droits des enfants, la convention des nations unies contre toutes les formes de torture... Biya sait qu'il est et sera le comptable de ces dérives sociétales qui embrassent le corpus juridique camerounais.

Paul Biya est comptable  de l'assassinat de Me Ngongo Ottou en octobre 1988, de l’abbé Joseph Mbassi le 26 octobre 1988, de la fusillade en masse à Mbalmayo, Mfou, Yaoundé en mai 1984 des militaires soupçonnés de coup d'Etat,  des religieuses de Djoum en août 1991, des assassinats jamais élucidés du père Engelbert Mveng le 24 avril 1995, de la disparition des neuf disparus de Bépanda du 23 janvier 2001, de l'assassinat de  Djomo Pokam en 2006, de l'assassinat des jeunes en février 2008 ...

Paul Biya, rendez à Vanessa Tchatchou et à toutes les autres Vanessa, leur bébé...On veut un minimum de justice

Evarist Mohbeu

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